‹ Œuvres de l'abbé Fleury (volume 2)Chapitre 119 sur 131 · KEURS · texte numérisé non relu

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romain , où il était ordinaire à des particuliers de légnerà leurâ amis, par testament, des village» enliers avec tous les* habitants. D'ailleurs il y avait de grands biens desliiiés à l'entretien et à l'ornement des idoles, il se consumait tons les ans de grandes sommes pour les sacriâoes , les jeux et les autres cérémonies de la fausse religion. Il fdt aisé d'e»ricbir les églises d'une partie de ce qui se perdait en ces vaines dépenses. Mais un des premiers fonds doot on les dota furent les biens qui avaient été confisqués sur les chrétiens pendant la persécution ^.

Ces grands biens des églises étaient entièrement à la disposition des évéques'; mats les saints prélats de ce temps-là» bien loin de s'en réjouir, s'en plaignaient, et regrettaient le temps où les oblalions jouraalières des fidèles étaient suffisantes pour la nourriture des pauvres et des clercs et pour tous les besoins des églises. Saint AugosUi offrit plusieurs fois de rendre les fonds que son église possédait, mais son peuple ne voulut jamais les recevoir ^ Saint Jean Chrysoitome* fait ce reproche aux chrétiens, que par leur avarice et leur dureté ils ont contraint les évoques de faire aux églises des revenus assurés, de peur que les vierges , les veuves et les autres pauvres ne mourussent de faim , si Ton se fût attendu^ conune dans les ' premiers temps , aux aumônes casuelles. « 11 en arrive , dit-il , deux inconvénients : vous demeurez inutiles, et les prêtres de Dieu s'occupent à ce qui ne leur convient pas. » Et ensuite : « Les évéques sont plus cliargés de ces soins que ne seraient des intendants, des économes, des fermiers; et au lieu de ne penser qu'au salut de vos âmes, ils sont inquiétés tout le jour de ce qui devrait occuper des receveurs et des trésoriers » Et encore : « Voire in-

» EtJS, Vifa Const. II, 35, etc. — » Conc, Antioch, an. 341. can. vit. — 3 TiioMASs. Disc. pari. 1, III, 11. — PtossiD. Vita.%^^ — 4 Chrysost. t» Mallh. XXVII, 10. Hom. 85.

DES CHRÉTfENS. 643

htimanîté noiis^ rend ridicules, puisque nous quittons la prière, Tinslruclion et le reste de nos saintes occupations^ pimr être toujours aux mains avec des marchands de vin, de blé et d'autres denrées , en sorte que l'on nous en fait des surnoms qui conviendraient mieux à des séculiers. » Ite surent bien néanmoins se débarrasser de ce gouvernement du temporel. Ils s'en déchargèrent d'abord sur les archidiacres , ensuite sur des économes destinés à cette seule fonction. Et, pour se soulager dans les atfaires même de piété, ils obtinrent.que les princes établiraient en chaque vîfle un déftj^nseur des pauvres. C'étaient des protecteurs et des solliciteurs charitables ^

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