‹ Œuvres de l'abbé Fleury (volume 2)Chapitre 128 sur 131 · XI. Multitude de docteurs · texte numérisé non relu

XI. Multitude de docteurs

Ce ne fst <^ie dans le treizième siècle qu'arriva ce déchet de l'ancienne discipline. Elle avait percé les ténèbres des siècles précédents par la force de la tradition ; et la simple ignorance lui nuisaift mcnns en quelque façon que ne firent les nouvelles études^ Car ce fut alors qvte l'on commença dans les écoles à s écarter de la puce autorité^

et à donner beaucoup au raisonnement '. Aristole devint à la mode, et on 6t grand cas des subtilités de la dialectique et de la métaphysique , que Ton avait empruntée des Arabes. La rareté des livres anciens et la difiteulté de les cntendse, à cause du changement de la langue et des mœurs, invitait à s'appliquer davantage aux spéculations et à la lecture des auteurs modernes. Ainsi la son lastique l'emportait sur la positive. On lisait plus le Maitic des sentences ou Gratien que les Pères; on cherchait plus dans l'Écriture les sens flgurés que le littéral.

La plupart des évoques, depuis le douzième siècle, s'appliquaient peu à la prédication et à 'l'instruction de leur clergé. Ils se laissaient accabler d'affaires temporelles. Les laïques, principalement les princes, étant entièrement ignorants, ne pouvaient se passer de leur conseil. C'étaient des évéques ou des abbés qui étaient les chanceliers et les ministres d'état; ils étaient les juges presque de toutes les affaires. Sans en chercher au dehors, leurs seigneuries temporelles n'en fournissaient que trop ; souvent ils avaient des guerres à soutenir; il fallait fortiOer leurs places et assembler leurs troupes ; il fallait en tout temps de grands équipages, de grosses familles, et de toutes sortes d'olficiers. Au milieu de tant d'occupations, le spirituel, qui devait être le principal, était souvent n^ligé. Ainsi les études, la prédication et l'administration des sacrements, devinrent le partage des docteurs instruits dans les universités qui venaient de se former, comme j'ai expliqué ailleurs ^.

L'institution en paraissait très utile, depuis que le mal- .heur des temps avait interrompu Jes études des églises cathédrales et des monastères. Il était plus facile d'avoir de bons maîtres dans une seule ville, comme à Paris ou à Toulouse, qu'en chaque diocèse; et un seul docteur pou-

» TraiU des Études, n. 7. — » Ibid,, n. 8 et 9.

vait former un très grand nombre de disciples. Il semblait encore qu'un prêtre uniquement appliqué à l'étude de la théologie devait y être plus savant qu'un évêque occupé de plusieurs autres fonctions , et que les écoliers étudieraient mieux dans un lieu où ils seraient uniquement occupés de leurs éludes. Mais l'expérience a fait voir de grands inconvénients dans les études des universités. De simples prêtres, tels qu'étaient les docteurs, n'avaient pas la même autorité sur une multitude d'écoliers étrangers et peu connus, qu'un évêque sur son clergé. Ils abusaient souvent de leur loisir pour traiter des questions plus curieuses qu'utiles; et ils pouvaient se tromper au choix des matières qu'ils traitaient, n'étant point dans la pratique de la conduite des âmes. Les écoliers de leur côté n'apprenaient que la spéculation, et ne se formaient point aux fonctions ecclésiastiques, dont ils étaient éloignés; et comme leur jeunesse se passait en cet état, ils ne trouvaient plus de temps pour exercer les fonctions des moindres ordres. Mais un mal bien plus important, c'e&t que, n'étant plus sous les yeux de leurs parents, ils tombaient facilement dans la corruption des mœurs, si ordinaire aux villes où il y a un grand concours d'étrangers.

On y remédia en quelque façon par la fondation des «olléges, premièrement pour les réguliers, et ensuite pour un certain nombre de séculiers ; et il faut avouer que ces collèges ont été, comme les monastères, des asiles pour la piété et les bonnes mœurs, aussi bien que pour la doctrine. Celui de Sorbonne en particulier a servi de modèle aux. plus saintes compagnies de prêtres. Le corps entier des universités a semblé suscité de Dieu pour soutenir •dans les derniers temps la tradition de la doctrine et de la discipline. On leur doit l'extinction du grand schisme ■d'Avignon, et leurs censures furent d'un grand poids pour arrêter le torrent des dernières hérésies.

an UŒKB&

Ltè reHgievx rnefMtianb e&tffèrcfit dans les aftiveisité» peu de temfxs après qu'elles Sweni feraiées, el iki viiml fort à propos au secours ù» yË^Ii-o dans ees sièdes maèhetireux» ittais ces religieux, 9uv4<|tie aiâ&4s et quelqae zélés qu'ils fussent, n'éUieut pas des pasteur» q«i eMsent un peuple certain et une jundictio» réglée; c'était pMl comine des missionnaires, q»i, suivant ks ordres» de leiis supérieurs , allaient par tome les ék)céses trsif ailler à b co«versk)n des hérétiques et des péeheurs. Ks y tiavaillaienk avec succès; mais les bâens qu'ils faisasest n'étaiett pas tottjeurs assez solides, faute de pouvoir donner à ce» qu'ils convertissaient des instructions suivies, entrer da» le détail de la correction de leurs mœurs, et les ebscner ansst longtemps qu'il ét»t nécessaire pour les canBimer dans le bien. Ks ne pouvaient en user ainsi qfu'â Tégaid de quelques particuliers qui se soomettaieQl Telantaiff ment à leur direction. Ainsi le fruit ne pouvait être an» général que quand chaque évéque et cfaaqtie pasteur s*a^ piiquait à la sanctification de lout son penple. . Bn on mot, l'autorité de la hiérarctiie ordtHaire a'énit pèus si souvent jointe à la doctrine et à la sainteté qae dans les premiers siècles. U en était de Htème à propertioA pour les études. Les docteurs, soit sécidiers, soit réguiîors, qui étaient en possession des chaires^ n'avaient g^àred^astodté que celle de leur mérite personnei.n était libfv an étudiants de suivre tel professeur qu ils voulaicni; et de là vint la diversité des opinions et des seetes ^as ks ■»tières dont il est permis de disputer K li éevtnt libre aM au£ laïques de suivre les prédieateuis qu'ils geùtaient le plus^ et de se choisir des coi^éseeurs autres, que leurs pa»* teurs. Ainsi, dans une si grande multitude de prêtres, te» mauvais chrétiens n'ont pas manqué d'entronver detrtf^ faciles à donner l'abeoUitieii ; et eeux qui ont vauhL se

« Thomass. Di»cipt.IV. lyÔD^-iulli-

DES CHBÉTiENS. M»

tromper on tromper \m autres n'out pas laissé, «ans m eonvertir, de fréquenter les églises et de s'approcher des sacrements.

Le gros même des docteurs a cédé au torrent de la corruption des peuples, et l'on a laissé passer en maximes plusieurs relâchements considérables. L'ignor^iaoe des mœors anciennes en a été la principale cause, et les usages introduits depuis im siècle ou deux ont passé pour des coutumes iismémoriales. Il est étrange, par exemple, que du temps de saint Thomas on ne se souvint déjà plus oomment le jenne s'était pratiqaé dans le siècle précédent; •car «aint Bernard <^ témoigne iqoe de son temps tent le ffiOttde «uifi distmctioa jeûnait en carême jusqu'au soir; les rois^t les fntncesi, ie dergé et le peuple , les fi@ii>le« et tes roturiers, les riches et les pauvres. Cependant smt Thomai ^ nea-seulement témoigne que de son temps on ne jeénait que jusqu'à nof»e, mais il prétend prouver K^ue les «hréttens ne doivent point jeàner d'une autre manière, «ft qve le jeûne jusqu'au soir'appartenait à l'^nc^emie toi ; tant il est facile de trouver des raisons pour autoriser toutes sortes de pratiques, quand on ignore les laits.

GeHte inème ignoranoe a lait traiter de nom^ieautés des aiittiqttités ottlstlées ; elle a fait croire ^ue rautortté des modernes était plus sâre pour la pratique que «eMe des anciens, dont on a cru conSqsément que les anœurs étaient toutes différentes des nôtres, sans examiwr lœaez si cette diversité consistait en c« qui iait ies dirétiens ou -en des choses indifférentes, comme les habits et le 1an«gage. Et comme Ton s*est donné la liberté de former tous 4es jours de nouvelles ^piestions et d'inventer 4e ««fvelieB «uiD^Iités , il s'e^ à la fin trouvé des casuistes qui ont Ibcidé ievr morate plutôt sur le raisonnement kumani <que sur l'Ëcriture et ta tradition. Comme si lésus-Christ ne

*» Bers. Strm. in cap. jtjnn. — * ThoM. II, % 147, nrt. 7, a4. ,

nous avait pas enseigoé toute vérité , aussi bien pour le? mœurs que pour la fol ; comme si nous en étions encore à chercher avec les anciens philosophes.

XII. Succession de saine doctrine et de bons exemples dans tous les temps.

Je ne prétends pas entrer dans le détail des désordres qui ont suivi ce relâchement des maximes de morale. IL' ne sont que trop connus, et rien n*est moins de mon dessein que de décrire les mœurs des mauvais chrétiens, puisque ce n'est pas par là qu'ils sont chrétiens, mais par la profession de la doctrine. Je dois seulement représenter les mœurs qui distinguent les vrais chrétiens de tout le reste du monde. Or, Dieu n'a jamais tellement abandoDoé son Église que ces mœurs n'y soient demeurées. De quelque manière qu'elle ait été gouvernée dans les siècles différents, soit par les évèques immédiatement , soit par des prêtres commis par eux ou envoyés par des^pe?> par des séculiers ou par des réguliers, par des pasleins ordinaires ou par des mission^^aires étrangers, c'a toujours été la môme religion et le même corps de doctrine. La foi a toujours été très pure , et les grands principes de la morale sont toujours demeurés fermes. Il a toujours élé constant qu'il fallait observer la loi de Dieu , expliquée suivant la tradition et Tautorité des anciens, et se proposer pour modèles les saints que l'Église honore publiquement.

" Il y a toujours eu de ces modèles vivants; chaque siècle a eu ses apôtres qui sont allés prêcher la foi aux infidèles, chaque siècle a eu ses martyrs. Les vierges et les vrais pénitents ont toujours été en grand nombre, car c'est le désir sincère de la pénHence qui depuis le onzième siècle a introduit tant de nouveaux ordres de moines, suivanl la remarque de saint Bernard. Dieu a suscité de temps eo temps des hommes extraordinaires, pour maintenir la sain^

doctrine et pour réveiller la piété. Qu'y a-t-il de comparable au même saint Bernard ? n'a-t-il pas rassemblé en sa personne le zèle des prophètes, la science efl'éloquence des plus grands docteurs de TÉglise , et la mortification des plus parfaits solitaires, sans parler de ses miracles, comparables à ceux des apôtres * ? On doit beaucoup sans doute à Innocent 111 et aux autres grands et savants papes de ces temps-là, au Maître des sentences, à saint Thomas et aux autres, qui ont réduit la théologie en méthode. Saint François a donné un exemple sensible de l'Évangile pratiqué au pied de la lettre, d'une humilité et d'une mortification dignes des temps apostoliques ; et ainsi de siècle en siècle, et de génération en génération , Dieu a conservé dans son Église la tradition non-seulement de la doctrine , mais encore de la pratique des vertus.

11 est donc vrai que Jésus-Christ est aujourd'hui aussi bien qu'hier, et qu'il sera le même dans tous les siècles». En vain depuis longtemps Iqs mauvais chrétiens s'efforcent de rendre inutile le respect que l'on a toujours conservé pour l'antiquité et pour les exemples des saints, en supposant que dans les premiers siècles du christianisme les hommes fussent d'une autre nature , les corps plus robustes pour so\^{frir le jeûne et les autres austérités, les esprils plus dociles, toutes les vertus plus aisées. Si nous 'leur disons que saint Pierre et saint Paul vivaient dans la pauvreté et le travail, ils répondent : C'étaient des apô^ très S; saint Antoine et saint Martin ont fait de grandes pénitences : C'étaient des saints; saint Augustin faisait vivre ses clercs en commun et vivait lui-même fort sim- - plement, tout évêque qu'il était : Cela était bon en ces temps-là. Vous diriez que ces mois de sainteté , d'antiquité , de primitive Église, sont des exceptions légitimes

I Serm. de S. Andr. VU. S. Malach. — * Heb. XJII, 8. — 3 CliRV- S09T. Compuncl.

pour se défendre des pratiques de ta pénitence, de Tétode coatinuelle de la lot de Dieu, de l'éloigaeineDt des plaisirs et des vanités du siècle, du désiniécessement et de la vie exempUiire que doit mener le clergé. On s'imagine lé^ dre à tout , en distinguant les temps.

On feint de respecter Tantiquité , et on la méprifie eo eiïet. On la regarde comme un temps miraculeux, on désespère de l'imiter ; on ne l'étudié point, on ne veut point la connaître, parceque celte connaissance est un reprodie secret contre nos désordres. Nous voulons croire impo^ ble ce que nous n'avons pas la force de pratiquer. Ceui qui ont lu la harangue du nonce Alexandre, rapportée par le cardinal PalIaviciB au commencenoent de son bisU»re, savent jusqu'où Ton a poussé ces maximes '»

L'Église, dit-on, était forte et vigoureuse daassajevnesse, elle produisait des vertus héroïques ; à présent die est dans sa vieillesse et dans son déclin. Elle a eu seo printemps et son été, elle est dans son hiver. Que veuleol dire ces métaphores? Prétend-on que la durée de l'Église ressemble effectivement au cours de l'année ou à la suite de la vie humaine ? Osera-t-on dire qu*elle ait été imparfaite dans ses commencements , qu'elle ait acquis sa perfection avec le temps, et qu'elle doive avoir sa décadcDce, comme les créatures périssables ou coname les ouvrages des hommes? Mais encore en quoi veut-on qu'il soit arrivé du changement depuis la publication de rÉvangile* Est-ce dans la nature humaine? l'expérience et la foi de toutes les histoires nous assurent du contraire. Est-cfi dans la loi de Dieu ? est-ce dans sa grâc^ ? il n»a ni moioj de puissance ni moins de bonté, et Jésus-Glarist ne noit a point avertis que son Église doive être gouvernée par différentes règles suivant les temps. Le changement de l'ancienne loi et l'abolilion des cérémonies avait été prédit

« Ilislor. de lib. Concil. I, XXV, u. 17.

DES CHRÉT1E5ÎS. 703

«xppefisément ; mais pow TÉvangile, il doi* être prêché, «t i»sqti'ain: extrémités de la terre , H jusqu'à la fki du imondie. On ne doit pas seulement enseigner les raystères, «tais encore l'obserVation de te«s les préceptes de Jésus* Christ ; et ce m^egt pas en vain qu'il est avec «ons jiîsqu'ià te consommation des siècles^. Ne nous flattons donc p&int d'excuses frivoles , et n^'aecusons du relâchement de nos mœurs que notre propre igiwrance et notre propre faiblesse. 11 n'est pas moins dangereux, disait le pape Grégoire VU , d'attaquer la morale et la discip^line de l'antiquité , que d'aUaquer sa €01. LWe et l'autre nous sont venues par la inème tradition <.

Xlli. 'Qués abus i<Mri», et comment.

■ai est vrai que l'Église tolère quelquefois des abus troi> «i»acffiés, attendant 4a conjoncture faTorable pour les retrancher, et qa'elle a quelq^iefois accordé à la dureté du ccBfirdes adoucissements de l'ancienne discipline. La règle de communier quatre fois l'année subsistait encore' dans le «eavième siècle ; e^le fut mal pratiquée dans la suite, «t Pierre de Bkws» témoigne que de son temps , ^'est-àà\TQ au ««louzième siècle, ia plupart des chrétiens ne eominuniaient plus qu'une fois; l'Égitse s'est accommodée à cet osage, et en a fait ia règîe au concile de Latran *. Il . avait été défendu 'de dire des niesees basses pendant ies messes soleimerlies, de peur d'y apporter du trouble ; cependant l'usage raemporlés. I>u temps de saint Thomas, c est-à-dirîî il y a quatre cents ans*, le jeune était à none, et il n'était mention que d'un seul repas ; depuis on l'a avancé jusqu'à midi, et on a permis la coUation. Je mets ewcore 841 rang des adoucissements d'avoir laissé les i>éni-

' Matth. XXXVIIÏ. %tU. -— » Apolog. decrelor. — 3 Petr. Bt.es. Serm. 1«. — ^ Can. omit. ulriu»que. L21&. — ^ Cowi. Mavm.lW.Ï^Yl. liubr. 12, 2, 2. q. U7, n. 7.

^ Quatre cents ans lorsque M. Fleury écrivait, aujourd'hui cinq cents ans. S. Thoxas est mort en 1274. [NUe des premiers «€til«wp*.\

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tenccs à la discrétion des confesseurs , d'avoir accordé si iréquemment des indulgences, d'avoir mitigé plusieurs règles monastiques. On a cru que des religieux moins parfaits que la règle ne désire le seraient toujours plus que s'ils demeuraient dans le siècle; et qu'il valait mieui adoucir le carême que de le laisser abolir. Mais il ne faat pas prendre droit par ces condescendances pour nous imaginer que le chemin du ciel soit devenu plus facile, que nous soyons plus heureux que nos ancêtres , ni que b évéques et les papes des derniers temps aient cru être plus sages que n'étaient leurs prédécesseurs.

Il ne faut que lire les constitutions ou les canojas qui ont autorisé quelque relâchement, pour voir que TÉglisi? ne Ta jamais fait qu'à regret. Il y a même plusieurs è ces relâchements qui ne se sont introduits que par Tusage, et cependant l'Église a conservé soigneusement certaines pratiques qui font souvenir de l'antiquité. Ainsi loffice de noneou de vêpres, que nous chantons avant le repas de^ jours de jeûne , toutes les formules des ordinations et des autres actions publiques, sont comme autant de protestations souvent réitérées pour empêcher que l'on ne prétende prescrire contre les anciennes règles.

Il y a des abus que l'Église a toujours condamnée, comme ces spectacles absurdes que l'on avait eu la témérité d'introduire jusque dans les églises, et qui furent défendus au concile de Bâle ' ; comme les réjouissances profanes aux fêtes, dont nous voyons des restes à la Saint- Martin, aux Rois, et aux fêles de patrons dans les villages; et les débauches du carnaval , qui ne peuvent avoir eu d'autre principe que le regret d'entrer dans le carême. Le^ apôtres et leurs disciples auraient-ils pu croire que celle sainte préparation à la pâque serait quelque jour un prétexte de dissolution ?

' Conc. Basil, sess. 21, II. — Syn. Vicor. an. 1240, 4.

DES CHRÉtlENS. 705

Les saints et les vrais chrétiens se sont toujours élevés contre ces abus. On sait avec quelle vigueur saint Charles les a réprimés, et combien il a travaillé pour ramener Tesprit de l'antiquité jusque dans les moindres pratiques de la religion. Le concile de Trente, et ceux qui ont été tenus pour le faire exécuter dans les provinces, ne respirent autre chose ; et tant de réformes des ordres religieux, que Ton a vues depuis un siècle , n*ont autre but que de se conformer à leur première institution. Sainte Thérèse > ne pouvait souffrir que, sous prétexte de discrétion et de peur de scandale, on arrêtât la ferveur de ceux qui voulaient imiter les saints des premiers siècles. Elle se plaignait que ces discrétions perdaient le monde, et soutenait que de son temps, c'est-à-dire presque du nôtre, on était capable des vertus de la primitive Église. C'est à cette occasion qu'elle rapporte la vie de saint Pierre d'Alcantara, dont elle était témoin oculaire.

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