‹ Œuvres de l'abbé Fleury (volume 2)Chapitre 2 sur 131 · Lettres de Cmg-Patin , t. m, p. 413 et U · texte numérisé non relu

Lettres de Cmg-Patin , t. m, p. 413 et U

Ces travaux en commun liaient de plus en plus le disciple et le* maître. Un des principaux traits de leurs caractères était de tout ramener à Futile. En travaillant donc avec un incroyable dévouement à l'éducation du fils de Louis XIV, Bossuet songeait nonseulemect à donner un grand roi à la France, mais encore un soutien à rÉglise. Les fruits de cette haute ambition furent, comme chacun sait , d'une part , un prince déplorable , sans valeur et sans cœur (l'éducation ne donne ni l'étendue d'esprit , ni les vues du génie] ; d'autre part , d'immortels ouvrages, le Discours sur Vhistoire univtrselle, la Politique sacrée, V Exposition de la doctrine chrétienne,. et le beau traité de la Connaissance de Dieu et de soi-même. L'illustre précepteur voulait aussi, avec le secours du doc^te Fleury, comparer les lois et coutumes de France aux lois et coutumes des autres royaumes, atin d'instruire son élève de l'état politique et religieux du monde civilisé. Le temps manqua à Bossuet pour accomplir cette oeuvre. Le temps manque à tous les projets humains ; il manque surtout au génie, qui presque toujours laisse son œuvre incomplète. Et cependant quelle plénitude dans la vie de Bossuet et de Fleury, même pendant l'éducation du grand Dauphin ! Ces princes de l'éloquence sacrée semaient partout la parole de vie ; ils la semaient à la cour, ils la semaient aux champs, ils la semaient à la ville. Les hommes les plus vertueux et les plus érudits, Cordemoy, l'abbé Ledieu, ral)bé de Saint'Luc , l'abbé de Varres , garde de la bibliothèque du Roi, l'abbé Huet, depuis évéque d'Avranches, Fénelon, Fleury, formaient autour de Bossuet une espèce de cour savante, dont chaque membre , animé par la présence de l'illustre prélat , semblait participer de son éloquence, a Rien n'était plus délicieux , dit un contemporain , que ces entretiens où l'on se réjouissait en apprenant toujours * . » Lorsque le temps le permettait , on quittait les appartements, et l'on faisait de longues courses dans les forêts. Bossuet , cédant à son génie positif, proposa d'employer les loisirs de ces promenades à une lecture suivie de l'Écriture sainte. Son but était d'éclaircir le texte, et de résoudre quelques difficultés théologiques. Ce travail fut commencé le premier dimanche de l'avent (1673). Les.

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