‹ Œuvres de l'abbé Fleury (volume 2)Chapitre 27 sur 131 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Universités et leurs quatre Facultés.

Ainsi toutes les études se réduisirent à quatre genres ou facultés. Il y en avait trois principales : la théologie, le droit, la médecine; la première comprenait toutes les étude» préliminaires que l'on estimait nécessaires pour arriver à ces hautes études, et que Ton appelait d'un nom général : les arts. Le bon sens voulait assurément que l'on étudiât ce qui est de plus utile ; premièrement pour lame, et puis pour le corps et pour les biens. Ce fut sur ce plan que se formèrent les universités, principalement celle de Paris, qui ne peut guère avoir commencé plus tard que vers Tan 1200. Depuis longtemps il y avait auprès des évoques

deux sortes d'écoles : l'une pour les jeunes clercs, à qui l'on enseignait la grammaire, le chant et Tarithmétique ; et leur maître était ou le chantre de la cathédrale , ou Técolâlre, nommé ailleurs capiscol, comme qui dirait chef de l'école. L'autre école était pour les prêtres et les clercs plus avancés, à qui Tévèque même, ou quelque prêtre commis de sa part, expliquait TÉcriture sainte et les canons. On érigea depuis le théologal exprès pour celle fonc« tion. Pierre Lombard, évêque de Paris, plus- connu sous le nom de Maître des sentences, avait rendu son école trèscélèbre pour la théologie; et il y avait à Saint-Victor des religieux en grande réputation pour les arts libéraux. Ainsi les études de Paris devinrent illustres. On y enseigna aussi le décret, c'est-à-dire la compilation de Gratien, que Ton regardait alors comme le corps entier du droit canonique. On y enseigna la médecine ; et joignant ces quatre études principales que l'on nomma facultés : on appela le composé université des éludés, et enfin simplement université, pour marquer qu'en une seule ville on enseignait tout ce qu'il était utile de savoir. Cet établissement parut si beau, que les papes et les rois le favorisèrent de grands privilèges. On vint étudier à Paris de toute la France, d'Italie, d'Allemagne, d'Angleterre; en un mot, de toutes les parties de l'Europe latine ; et les écoles particulières des cathédrales ou des monastères cessèrent d'être fréquentées. Un pareil dessein demandait à être soutenu ; mais le malheur ne permit pas qu'il fût bien exécuté : cependant, comme c'est la forme des éludes qui dure encore aujourd'hui, il est nécessaire d'examiner un peu plus en détail les avantages et les défauts de ce que l'on enseignait en chaque faculté en particulier.

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