‹ Œuvres de l'abbé Fleury (volume 2)Chapitre 61 sur 131 · VICAIRE. AFOSIOLIQUE DC 8IAM · texte numérisé non relu

VICAIRE. AFOSIOLIQUE DC 8IAM

Monseigneur ,

L'usage que vous faites du Catéchisme historique merend bien sensible cette vérité , que ce n'est pas nous , à proprement parler, qui agissons ni qui pensons pour l'utilité des autres, mais Dieu, qui se sert de nous comme de très faibles instruments, qui nous donne telles pensées^ qu'il lui plaît, et applique aux fins sublimes de sa sagesse ce que nous avons souvent connu par des vues basses et humaines. Au lieu donc de me donner des louanges d'autant plus dangereuses pour moi que j'ai plus de vénération pour votre dignilé, pour votre piété et vos autres vertus; au lieu, dis-je, de ces compliments que nous devons laisser aux enfants du siècle, accordez-moi, je vous^

L£XTR£. »?

supplie» les seoours de vos prières «t de celles des saints eotilésiasliques qui vous acoompagnent, afin que Texemple de vos travaux apostoliques me donne une salutaire confusion, et que je ne sucoombe pas aux tentations de la vie molle et relâchée que Ton mène ici pour l'ordinaire, quand on a les commodités temporelles, sans aucune né- «essité de travail. Je m'en suis imposé un depuis quelques années, plus que suffisant pour m'oçcuper le reste de mes jours. C'est une histoire ecclésiastique dans toute son étendue, la plus vraie et la plus simple qu'il me sera possible. J'ai déjà ébauché les trois premiers siècles, et je me propose de les donner avant que de passer outre. Mes amis espèrent que cet ouvrage pourra être utile, du moins m'oGCupe-t-il agréablement; et je vous avoue, Monseigneur, que je me suis fait quelque violence quand je l'ai interrompu pour travailler à ce Mémoire, et à exécuter ce que vouâ m'avez ordonné. Si je m'y étais pris plus tôt, je l'aurais peut-être fait plus exact; mais vous avez eu la bonté de me dispenser de vous envoyer un ouvrage aussi <ini que le demandait l'importance de la matière ; et puis je sais à qui j'écris. M. de La Loubère m'en a assez •dit, et j'en ai assez vu moi-même dans votre lettre et dans votre Mémoire, pour connaître qu'il n'y a qu'à vous indiquer les choses, et que vous entendrez bien plus que je n'en ai dit. J'ai parlé avec liberté, n'écrivant que pour vous, et sachant que vous aurez plus d'égard à la sincérité de mon intention qu'à la manière dont je parle. Il semblait que vous voulussiez un plus grand ouvrage; mais quand j'en aurais été capable, le moyen de le composer en si peu de temps 1 J'ai cru me devoir renfermer dans les grands principes et dans les règles générales de la méthode d'instruire, en attendant qu'tct même nous ■ayons de bons traités de théologie spéculative et morale, •que l'on puisse enseigner dans les séminaires de France,

Page 1