XXI. Autorité des vieiliards
Non-seulement les pères, mais tous les vieillards, avaient une grande autorité chez les Israélites et chez tous les peuples de l'antiquité. Partout on a d'abord choisi les juges des affaires particulières et les conseillers du public entre les hommes les plus âgés. De là vinrent à Rome les noms de sénat et de pères , et ce grand respect pour la vieillesse qu'ils avaient pris des Lacédémoniens. Rien n'est plus conformée la nature. La jeunesse n'est propre qu'au mouvement et à l'action ; la vieillesse sait instruire , conseiller et commander. « La gloire des jeunes gens est leur force , dit le Sage , et la dignité des vieillards est leurs cheveux blancs *. » Il est difficile qu'en un jeune homme 1 étude ou la bonté de l'esprit supplée à l'expérience ; et un vieillard, pourvu qu'il ait un bon sens naturel, est savant par l'expérience seule. Toutes les histoires font foi que les états les mieux gouvernés ont été ceux où les vieillards ont eu la principale autorité, et que les règnes des princes trop jeunes ont été les plus malheureux «. C'est ce que dit le Sftge : « Malheur à la terre dont le roi est un enfant s ; » et c'est ce mal heur dont Dieu menace les Juifs, quand il leur fait, dire par Isaïe qu'il leur donnera des enfants pour princes. En effet, la jeunesse n'a ni patience ni prévoyance ;
» Prov. 20, 29. — » Eccl. 19, 16. — 3 Jsa. 3, 4.
elle est ennemie de la règle, et ne cherche que le plaisir
et le changement.
Dès que les Hébreux commencèrent à former un peuple, ils lurent gouvernés par les vieillards*. Quand Moïse vint en Egypte leur promettre la liberté de la part de Dieu, il assembla les anciens, et fit en leur présence des miracles qui étaient les preuves de sa mission. Tous les anciens d'Israël vinrent au festin qu*il fit à son beau-père Jéthro^. Quand Dieu lui voulut donner un conseil pour le soulager dans la conduite de ce grand peuple : a Choisissez, lui ditil, soixante et dix hommes que vous connaissez, pour être les anciens et les intendants du peuple'. » Us étaient donc déjà en autorité avant que la loi fût donnée et que Tétat eût pris sa forme.
Dans toute la suite de TÉcriture, toutes les fois qu'il est parlé des assemblées et des affaires publiques, les anciens sont toujours mis au premier rang, et quelquefois ils sont nommés seuls.
De là vient l'expression du psaume* qui exhorte à louer Dieu « dans l'assemblée du peuple et dans la séance des vieillards, » c'est-à-dire le conseil public. Ce sont les deux parties qui composaient toutes les anciennes républiques; l'assemblée, que les Grecs nommaient ecctesm, et les Latins conciOj et le sénat. Les noms d'anciens ont passé par la suite en titre de dignité ; du mot grec est venu le nom de prêtre, et du mot latin le nom de seigneur s. On peut juger de l'âge que demandaient les Hébreux pour compter un homme entre les vieillards par le titre de jeunes gens donné à ceux dont Roboam suivit le conseil , car il est i^ qu'ils avaient été élevés avec lui; d'où l'on peut conclure qu*ils étaient environ de son âge , et il avait alors quarante ans.
32' f 'si; ^,^'Z ' ^^^- 18. 12. - 3 Num. 11, 16. - 4 PS. 106, ^^' - 3 Reg. 12, 8.-2 Par. 12, 13.
DES ISRAÉLITES. 4 il