XIX. Succession d'évéques
Premièrement la succession des évêques a continué sans iaterruption dans la plupart des églises depuis leur première fondation . Nous avons la suite des évêques de chaquo siège dans les recueils intitulés la Gaule chrétienne , Vlla- Ue sacrée et les autres semblables; plusieurs églises ont leurs histoires particulières, et quant aux autres on trouva «te temps en temps les noms de leurs évêques dans les conciles, dans les histoires générales, ou dans d'autres actes authentiques. C'est la preuve de ta tradition ; car dans tous ce^* lieux où nous voyons un évêque, il est certain qu'il y avait une église, un clergé, l'exercice de la religion, uneécolt» chrétienne; et on esten droit de supposer qu'on y enseignait la même doctrine que dans les autres églises catholiques , tant que Ton trouve cette église particulière en communion avec elles. L'indignité des pasteurs n'a point interrompu <5ette tradition. Qu'un évêqœ ait été simoniaque, avare , débauché ^ ignorant, pourvu qu'il n'ait été ni hérétique ni
schismalique, la foi cl les règles de la discipline n'auront pas laissé de se conserver dans le corps de son église, quoique son mauvais exemple ait pu nuire à quelques particuliers- . „ r.-^., ..
C'est ce qui est arrivé principalement a Rome. Dieu a permis que pendant le dixième siècle ce premier siège fût rempli de sujets indignes par l'infamie de leur naissance ou par leurs vices personnels ; mais il n'a pas permis qu il s'y soit glissé aucune erreur contre la saine doctrine, m que l'indignité des personnes nuisit à l'autorité du si^e. Ces temps d'ailleurs si malheureux n'ont point eu de schisme, et ces papes si méprisables en eux-mêmes ont été reconnus pour chefs de toute l'Église, en Orient comme en Occident, et dans les provmces du nord les plus reculées. Les archevêques leur demandaient le pallium, et on s'adressait à eux comme à leurs prédécesseurs pour les translations d'évêques, les érections de nouvelles églises, les concessions de privilé.;^es. Sous ces indignes papes, Rome ne laissait pas d'être le centre de l'unité catholique.