‹ Œuvres de l'abbé FleuryChapitre 46 sur 88 · JOAN. IV · texte numérisé non relu

JOAN. IV

SUR L'HISTOIRE £CCLÉSUSTIQU£. 273

combattant contre les infidèles, c'est dans une guerre purement de religion. 11 s'était passé plus de cinq cents ans depuis que les musulmans avaient conquis la Palestine jusqu'à la première croisade ; et ye ne vois pas que la re^ ligion chrétieiuie, en général, en eût souffert un grand déchet, ni qu'elle ait été plus florissante depuis. Enfin, les reproches que l'on faisait aux princes qui n'allaient pas à la croisade tombaient aussi sur leurs prédécesseurs , et sur les autres princes les plus zélés pour la religion.

La seconde croisade, conduite par le roi Louis-le- Jeune avec Conrad, roi d'Allemagne, fut sans aucun succès, et saint Bernard *, qui l'avait précbée, fut réduit à se justifier contre les reproches qu'elle lui avait attirés. L'armée du roi Conrad périt sans combat en Natolie par la trahison des Grecs ; mais peut-on assez admirer la simplicité de ce {nince de se fier à l'empereur Manuel *, après l'expérience de la première croisade, où son aïeul Alexis avait essayé de faire avorter l'entreprise ? Il n'y avait pas cinquante ans de l'une à l'autre ', et les mêmes sujets de défiance subsistaient; les Grecs croyaient toujours que les Latins en voulaient à leur empire; et ce qui arriva cinquante ans après la quatrième croisade ne justifia que trop leurs soupçons.

y. Inconvénients de la prise de Constantinopîe,

Je parle de celle où les Français, entraînés par les Vénitiens, allèrent d'abord attaquer Zara en Dalmatie, puis Constanlinople pour rétablir le jeune empereur Alexis, et la prirent enfin sur les Grecs, sous prétexte de punir Murzufle de sa déloyauté contre ce jeune prince*; car c'est le motif que leur proposèrent les évéques qui les conduisaient, que ceux qui faisaient de tels meurtres n'avaient aucun droit de posséder des états; et les princes

' Consid. 1. — » Bisl. LXIX, n. 28, 29, 46, 4d. - * ITist. LXIV, 45. — 4 VlIXEHARU. n. 17.

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