‹ Œuvres de l'abbé FleuryChapitre 67 sur 88 · IX. En quel sens Moïse et saint Pa^ ont pu dire qu'ils · texte numérisé non relu

IX. En quel sens Moïse et saint Pa^ ont pu dire qu'ils

n'étaient pas éloquents.

On dira que Moïse dit lui-même qu'il n'est pas éloquent, et que saint Paul dit qu'il n'use point de mots sublimes, ni des moyens de persuader que la sagesse humaine a inventés. Moïse voulait dire seulement qu'il parlait avec peine et il s'explique en disant qu'il n'avait pas la langue Dien libre; ce qui n'empêche pas qu'il ne tournât bien ses for^hi! 1^ -^^ ''''P"'"^* ^'^ *^"' ^^™^' «t qu'il n'écrivît douter au'i?"'''T' ' '" '" Deueéronome ne peut pa* -«omre^omh"' ? ^«-^^^Nuent, et son cantique s^ combien ,1 avait Tesprit beau et élevé. Saint Paul

veut dire qu'il ne parle pas élégamment, comme je viens de marquer, et qu'il ne se sert point des artifices que les rhéteurs grecs employaient de son temps, dont on peut voir un ej^emple dans la déclaniatiou fade de Tertulie, que les Juifs firent parler contre lui ; car les Hébreux méprisèrent toujours les études des Grecs, et s'en tinrent à celles que leurs pères avaient conservées, qui étaient plus solides, quoique moins délicates, particulièrement dans les derniers temps, où la misère des Juifs les rendait né-' cessairement grossiers et rustiques, comme sont aujourd'hui les Grecs. Mais on peut voir l'éloquence de saint Paul dans les discours devant Félix et devant le roi Agrippa, et particulièrement dans celui de l'Aréopage ; on la voit aussi dans toutes ses épîtres , même dans la petite à Philémon. 11 est vrai que la politesse grecque n'y est pas ; mais pour la grandeur du génie, le tour des pensées, la vigueur des expressions, tout c«la est admirable.

X. Pourquoi Vancien Testament est mieux écrit que le nouA)eau.

Peut-être môme Dieu a voulu que l'ancien Testament fût mieux écrit que le nouveau ; peut-être^ a-t-il voulu que du tei)i^)s des ombres et des figures son peuple possédât cet avantage temporel aussi bien que les autres, pour mon* trer que l'éloqucMice et la poésie étaient des choses bonnes de soi, et. par lo même motif qui leur avait donné les richesses, la liberté et la domination sur leurs voisins. Et en effet la félicité temporelle de Salomon eût été imparfaite s'il eût manqué de ces avantages de l'esprit. Au con« traire, il a voulu montrer aux chrétiens qu'ils ne doivent point être attachés à ces biens naturels, non plus qu'à tous les autres, par le mépris qu'il en fait lui-même, s'accom* modant à la manière de parler simple et grossière des Juifs de son temps.

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