JOAN. I
rement qu'il ne Tétait pas, ajoutant : « Il en viendra uir plus puissant que moi, dont je ne suis pas digne de délier les souliers, qui vous baptisera* au Saint-Esprit ^ » Ea effet, son baptême n'était qu'une préparation à un baptême plus parfait. Jésus voulut être baptisé par saint Jean, dans le Jourdain, pour montrer toutes sortes de bons exemples et pour consacrer Teau par son baptême. Alors le ciel s*ouvrit, on vit descendre sur Jésus le Saint-Esprit, en- forme corporeile-, comme une colombe, et on entendit une voix du ciel qui dit : « * Vous êtes mon fils bien-aimé, c'est en Vous que j'ai mis ma complaisance. » Saint Jean rendit encore plusieurs autres témoignages à Jésus, en disant ' : « Il a reçu la grâce sans mesure. » Et encore : « Nous avons tous reçu sa plénitude ; car la loi a été donnée par Moïse, la grâce et la vérité a été faite par Jésus-Christ. Personne n'a jamais vu Dieu ; le Fils unique qui est dans ^ le sein du Père est celui qui nous l'a fait connaître. » Il dit encore en le montrant * : « Voilà l'agneau de Dieu, voilà celui qui ôte les péchés du monde ; » pour faire voir que les victimes que l'on sacrifiait suivant la loi n'en étaient que les figures.
Leçon XXIX. — De la vocation des apôtres. Jésus avait environ trente ans lorsqu'il fut baptisé par saint Jean \ Aussitôt le Saint-Esprit le mena dans le désert, où, après avoir jeûné quarante jours sans rien manger, il souffrit que le diable le tentât en plusieurs manières. Peu de temps après il y eut des noces à Cana en Galilée ^, où il fut invité avec sa mère et ses disciples ; car il y en avait déjà quelques uns qui, après avoir suivi saint Jean, s'étaient attachés à lui '. Â ces noces le vin ayant manqué, Jésus changea en excellent vin une grande quantité d'eau %
« MaTTH. III, 6. — a JOAN. III, 34. — 3 JoAN. I, 16. — 4 JO.KS. ly 15. — * Luc, III, 13. — MaTT. IV. — 6 JOAN. II. — T JOAN. I, 37. -
• Marc, 1, 14. — Matth. IV, etc.
et ce fut son premier miracle. Il en fit ensuite plusieurs autres, et commença à prêcher l'Évangile, c'est-à-dire la bonne nouvelle du royaume des cieux, exhortant tout te monde à faire pénitence. Il fut bientôt suivi d'une grande foule de peuple qui venait voir ses miracles et écouter sa doctrine. Non seulement les Juifs le suivaient, mais les Samaritains et les Gentils, et sa réputation s'étendait dans les pays circon voisins. Il y eut quelques disciples qu'il appela par une grâce particulière, pour s'en servir à instruire les autres. Comme il marchait sur le bord du lac de Génésareth en Galilée*, il appela quatre pécheurs, Simon fils de Jean, qu'il nomma Pierre, et André son frère ; puis les deux fils de Zébédée, Jacques et Jean, leur disant : « Venez après moi, je vous ferai pêcheurs d'hommes. » Une autre fois il appela un publicain », c'est-àdire un receveur des impôts quil vit assis à son bureau, nommé Lévi ou Matthieu.- Ces disciples quittèrent tout pour le suivre aussitôt qu'il les appela. Ils étaient toujours avec lui, et souvent il leur expliquait en particulier ce qu'il avait dit au peuple. Il se servait d'eux pour baptiser ceux qui croyaient sa doctrine et qui se convertissaient ^. Entre ses disciples, il en choisit douze qu'il nomma apôtres, c'est-à-dire envoyés, parcequ'il les envoyait prêcher l'Évangile. Ces douze furent Simon Pierre, puis André son frère, Jacques et Jean, fils de Zébédée, Philippe, Barthélémy, Matthieu, Thomas,, Jacques, filsd'Alphée, son frère Jude ou Thaddée, Simon le Cananéen et Judas Iscariot. Pierre fut le premier des apôtres, par le choix de Jésus- Christ; car un jour il demanda à ses disciples ce qu'ils croyaient de lui *, et Pierre répondit au nom de tous : tt Vous êtes le Christ, fils du Dieu vivant. » Jésus dit ensuite : « Et moi je te dis, tu es Pierre, et sur cette pierre
« Matth. IV. — a Matth. IX, 9.-3 Luc, VI , 13. — * Matth. XVI, 16.
^10 GRAm> CATÉCHISME Hi$TOmQU£.
je Mtirai mon église, et la puissance de l'enfer ne prévao*dra point contre elle. Et je te donnerai les clefs du royaunne des deux; et tout ce que tu auras Fié sur la terre sera Hé dans le ciel, et tout ce que tu auras délié sur la terre sera délié dans le ciel <. » Après avoir choisi les douze apôtres, il les envoya prêcher aux Juifs seulement, leur défendant de s^adresser encore aux Samaritains ni aux Gentils. Il leur donna le pouvoir de guérir les maladies, de ressusciter les morts, de purifier les lépreux et de chasser les démons, leur défendant de tirer profit de ces grâces qu'ils avaient reçues gratuitement ni de se charger d'aucune provision pour leurs voyages. H les avertit en même temps qu'ils seraient haïs et persécutés, et les encouragea à ne craindre que Dieu seul *. II choisit encore soixante et douze disciples qu'il envoya deux à deux dans les lieux où il devait venir lui-même, leur donnant les mêmes pouvoirs et les mêmes instructions.
Leçon XXX. — Des miracles de Jésus-Ckrisi. Jésus faisait une infinilé àe miracles pour montrer que Dieu l'avait envoyé et qu'il parlaitde sa part s. Ces miracles n'étaient ni pour l'ostentation, comme ceux des magiciens et des imposteurs, ni pour la terreur, comme la plupart de ceux de Moïse et d'Ëlie, mais pour gagner les cœurs, se faisant sur les hommes même, et leur donnant les biens qu'ils estiment le plus, la santé et la vie. Il guérit, en différentes reneonlres, une multitude innombrable de personnes affligées de toutefi sortes de maladies, de la fièvre, du flux de sangy de Thydropisie, de la paralysie, de la lèpre. Il les gtiérissait en un moment; souvent d'une parole, quelquefois sans les voir ni en approcher. Il suffisait de toucher le bord de son manteau pour être guéri. Partout OÙ il passait ^, on apportait les malades dés environs, et
» Matth. X. — a Luc, X. — î^Matt, ÏX, 9. — Joan. IX, 14. — * Matt. TV, 56.
GRAND CATÉCHISMK HISTORIQUE. 511
on les mettait dans les rues et dans les places des villes. Souvent même on assiégeait la maison où il était logé, et on ne lui donnait pas le loisir de manger. On le suivait partout, même dans tes lienx déserts ^ où il était contraint de se retirer pour éviter la foule. Il rendit la vue à plusieurs aveugles, entre autres à un aveugle-né ', en lui mettant sur les yeux un peu de boue. Il fit parler des muets et entendre des sourds, redressa des boiteux et des pei^ sonneâ courbées. Il chassa les démons des corps de pluâieurs possédés. Enfin il rendit la vie à plusieurs morts» L'histoire nous en marque trois ^ : une jeune fille qui venait de mourir, pn jeune homme que l'on portait en terre, et Lazare enterré depuis quatre jours. On vit Jésus marcher sur les eaux, et il y fit marcher saint Pierre. Une fois il apsdsa une tempête en menaçant les vents et la mer. Il fit quelquefois prendre à ses dimples une quantité extraordinaire de poisson ^. Un jour il rassasia de cinq pains et de deux poissons cinq mille hommes qui l'avaient suivi dans le désert, et une autre fois il en rassasia quatre mille dvec sept pains. Il se rendit invisible quand il voulut. 11 connaissait les plus secrètes pensées des hommes et prédisait l'avenir. Étant en prière sur le mont Thabor^ avec trois de ses disciples^ Pierre, Jacques et Jean, tout d'tm coup il fut tranSifiguré, c'est-à-dire que ses habits devinrent plus blancs que la nei^ et son visage plus éclatant que le soleil. Les disciples virent Moïse et Élie qui s'en*tretenaient avec lui, et ils entendirent une voix qui dit <^ : « Celui-ci est mon fils bien- aimé en qui je me plais, écoutez-le. » Tous ces miracles prouvaient manifestement que Jésus était ce qu'il disait, c'est-à-dire le Christ et le Fils de Dieu. Il n'en faisait pas seulement par lui-même,
» Marc, I, 33, 46. III, 20. — » Joaw. IX. — 3 Marc, 36. — Lyc, TU, 11. - JOAN. XI. — * JoAW. VI. — 5 MARC, XYII. — Luc, IX, 28. — 6 JoAN. X, 25. XII, 37.
512 6BAND CATÉCHISBIE HISTORIQUE.
mais il donnait encore à ses disciples le pouvoir d*en faire de semblables et même de plus grands.
Leçon XXXI. — Des vertus de Jésus- Christ. . En même temps que Jésus faisait tous ces miracles, il montrait l'exemple de toutes sortes de vertus ' . Il était humble de cœur; il se disait' fils de Tbomme, ce qui si* gnifiait un homme du commun et de petite naissance, comme il paraissait. « Je suis venu, disait-il, pour servir et non pas pour être servi. » Il cachait ses miracles le plus souvent, défendant aux malades de dire qu'il les eût guéris', et faisant taire les démons qui criaient qu'il était le Fils de Dieu. Il s'enfuit tout seul *, lorsque ceux qu'il avait nourris dans le désert le voulaient enlever pour le faire leur roi. Ce n'était point sa gloire qu'il cherchait, mais celle de sob .père qui l'avait envoyé ^ Il était plein de douceur et de bonté, ne contestait point, n'élevait point sa voix et ne rebutait personne. On lui amena un jour des enfants pour les bénir et prier pour eux ; les apôtres le voulaient empêcher; mais il les en reprit ^, fit approcher les enfants, les embrassa et les bénit en leur imposant les mains, et dit qu'il fallait ressembler aux enfants et être petits comme eux pour entrer dans le royaume des cieux. Il souffrait avec une patience merveilleuse les défauts de ses disciples, qui étaient des hommes grossiers et ignorants ', et les iraportunités des malades et des autres dont il était continuellement accablé. Il passa sa vie dans une extrême pauvreté^ n'ayant ni terre, ni maison, ni seulement où reposer sa tête ^. Il subsistait de ce que lui fournissaient libéralement ceux qu'il instruisait, particulièrement de saintes femmes qui le suivaient pour le servir. Il souffrait toutes les incommodités de la pauvreté, le chaud, le froid, la faim, la
' Matth. XI, 19. — » Matth. XX, 28. — 3 Jqan. VI, 13. — * Ps. XI, 11, etc. — û Matth. XII, 28. — « Matth. XIX, 13. XVIII, 2. f Luc, IX, 58.-8 JoAN. IV, 6.
soif, la lassitade, faisant ses voyages à pied et marchant en plein midi, quoiqu'il vécût dans un pays fort chaud. Jamais il ne 6t de miracle pour sa commodité ; jamais on ne le vit rire, tant il était grave et sérieux i. Toutefois il était tendre et plein de compassion. Il pleura la vort de Lazare % son ami, qu'il allait ressusciter, et il pleura une autre fois voyant Jérusalem et pensant aux malheurs qui lui devaient arriver, tant il aimait sa patrie, tout ingrate qu'elle était. Il était charitable et bienfaisant à tout le monde. Il recevait doucement les pécheurs qui se voulaient convertir 3, et ne faisait point dé difficulté de manger avec eux. Mais pour les pécheurs endurcis il les reprenait avec force, principalement les hypocrites, conune les scribes et les pharisiens, à qui il reprochait hautement tous leurs vices, quoiqu'il sût bien qu'il s'attirait par là leur haine mortelle. Mais en même temps qu'il blâmait leurs actions il relevait leur ministère, recommandant au peuple de suivre leur doctrine, parcequ'ils avaient l'autorité légitime pour enseigner.. Il vivait dans la soumission aux puissances établies, payait les tributs, observait toutes les cérémonies de la religion et fréquentait le temple, d'où il chassa par deux fois'*, avec autorité, ceux qui le profanaient par leur trafic; il passait souvent les nuits en prière, a Ma nourriture, disait-il % est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé ; il est avec moi et ne me laisse pas seul, parceque je fais toujours ce qui lui plaît. »
Leçon XXXII. — De la doctrine de Jésus-Christ, et premièrement de la Trinité et de VIncamation,
Jésus faisant tant de miracles et pratiquant tant de vertus * se faisait admirer de tout le monde et attirait après lui de grandes troupes. Il prêchait souvent dans les syna-
» JOAN. Xr, 35. — > Luc, XIX, 41. — 3 JOAK. II, 13. — 4 JOAN. II,
15. — Matth. XXI, 11. — 5 Luc, VI, 12. — Joan. VIII, 19. — Joan. IV, 34. — 6 Matth. 1, 17.