ACTE I, SCÈNE III
LE GAPITAIBTE.
Je t'aime, je t'aime. Je t'en ai donné assez de preuves en payant d^x ou trois ft>is tes dettes.
CHARLES
Aussi , mon oncle , est-cç pour vous faire plaisir que j'ai demandé un eongé , et que je viens passer avec vous le reste de la belle saison.
LE CAPITAINE
Le reste de la belle saison ! éh bien ! tu te trompes ; tu ne me fais pas plakir; je ne te renvoie pas, mais demain ou api*ès demain , quand' tu auras visité mon château, tu m^obligeras de reprendra la route de Paris.
CHARLES
Si vous f exigez, il faudra bien;.... (Examinant le parc. ) On ne m'avait pas trompé. Voilà une propriété magnifique; un beau château, de vastes dépendances, dans un riche pays, entre Lyon et Mâcon.
LE CAPITAINE
N'est-ce pas ? cet endroit du parc , $ur-tout. Tiens , vois [montrant la grille à sa gauche) par cette grille , à deux pas , la Saône , la paisible Saône et ses bords enchanteurs.
THOMAS
Et tous les matins, à cette heure-ct à-peu-près, les diligences d'eau, ou si vous l'aimez mieux, >les coches qui descendent de Mâcon à Lyon ou qui' remontent de Lyon à Mâcpn.'
LE CAPITAINE, montroM la grille a droite.
Et par cette autre grille, h grande route de Paris à Lyon, par la Bourgogne.
• THOMAS
Et les souliers , les ^yageurs , les passades de troupes , les diligences de terre.
a54 LE CAPITAINE BELRONDE.
LE GAPITAIITE.
C'est un mouvement perpétuel. {^A partS) Mais, qu'est-ce que j^ fais?* Je m« calme, comkae ^îison arrivée ne me contrariait pas {^A Thotnàs et a Ber^
trand.) Laissez-nous, vous autres. Sur-tout, veillez à ce que ces dames n'entrent pas dans le pavîlkm»
BERTRAND
Oh ! voif ement , elles sont passablement curieuses , sur-tout les jeunes filfes ; mais je les ai dévoutées,' en leur disant que c'était une vieille masure abandonnée , et qua^'aVais perdu la clef. .
' LE GAPITAIITE.
Tu as lyen fait.
( Bertrand sort.)
CHARLES
Qu'est-ce donc que ce pavillon ?
LE CAPITAINE
Oh! cela, mon neveu; c'est un secret.
/ THOMAS
Oui, une surprise, uiie galanterie.
LE CAPITAINE
Tai»-toi, et va-t'en.
THOMAS'
Je m'en vais, mon capitaine.
(Il sort.)