‹ Œuvres de L.B. Picard (volume 2)Chapitre 29 sur 399 · ACTE II, SCÈNE IIL 5i · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IIL 5i

mes bAs, péché dans mes étangs, poursuivi le paie* ment de mes Sennages, attendant paisibl^neàt que toii^p^ partis fussent d'accord.

DORICOUR.

Franchement , doit-on se faire honneur d'une pareille insouciance?

BOULABrVILLE.

Du reste, j'ai monté ma garde, quand on m'a commandé; je me suis rendu aux asmes, quand j'ai été nommé juré; à mon assemblée électorale, quand on l'a convoquée; j'ai payé un homme pour la conscrip* tion, un autre pour les gardes d'honneur. Entre nous, je crois que beaucoup de gens auraient bien fait de ne pas se mêler plus que moi de la chose publique. En matière de politique et dé gouvernement, laissons se débattre ceux que œla regarde; et que les autres fassent leur mérier.

DORICOUR surpris.

Ah! ah!

LÉoiTARD, à sajèmme.

Un de ces hommes si communs dans le monde bonnes gens n'oubliant pas leurs intérêts. BouLAirviLL£,à Doricour qui Va regarde attentivemem pendant le mot de Léonard a sa femme.

Eh! mais, monsieur, vous me regardez! On dirait que vous cherchez à vous rappeler mes traits... Nous ne nous sommes jamais vus.

DORICOUR.

Non; mais j'ai connu dans mes voyages un homme fort estimable, qui portait votre noni.... Charles de Boulanville, à la Guadeloupe. Seriez-vous son parent?

BOULANVILLE.

Moi, monsieur, je n'ai jamais eu "de parent à (a

5a M. DE BOULANVILLE.

Guadeloupe. Attendez donc ; cela se pourrai pourtant : .•.. oui, mon oncle le mauvais sujet

DORIGOUB.

Plaît-il?

BOULANVILLE.

Pardon: c'était peut-être votre ami, mais voilà comme on le nommait dans la famille. Vous savez : dans presque toutes les familles il y a quelqu^2n qui se dérange. Celui-ci s'était enfui tout jeune de chez mon grand-père, il ]^ a bien quarante ans, avant ma naissance; et depuis^ nous n'en avons jamais entendu parler.

^ • , noRicouR.

C'est cela même.

BOULANVILLE.

Il nous a donné bien du chagrin, bien de l'inquiétude; il était brutal, envieux, à ce qu'on m'a dit; on tremblait d'apprendre qu'il n'eût mal fini. Quant à moi, je me suis toujours félicité qu'il eût disparu. D'abord, son absence rendait ma part plus forte; et puis il menait une conduite si déplorable, il y avait de quoi nous ruiner.

DORicouR, à saille.

Rien n'est plus clair; c'est le méchant homme.

BOULANVILLE.

]'aî peut-être tort d'en parler si mal; il a pu s'amende^. J'ai entendu dire à mon père qu'on avait eu de très-mauvais procédés envers lui. Mon père en rejetait la faute sur son autre frère. Etqu'est-il devenu, mou. oncle le mauvais sujet?.est-ce qu'il vivrait encore?

DORICOUR.

Non, uionsidfiir, il est mort. *

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