ACTE II, SCÈNE III
* BOTTLANVILLE.
Il est mort! Eh bien! cela me fait de la peine; mon pauvre oncle! Eh quoi! je n'entends parler de lui après si long-temps, que pour apprendre sa' mort, et finir ainsi loin de sa famille , de son pays ! C'est triste.
II a bon cœur pourtant.
BOULAirvILLE.
Et dites-moi, monsieur, avait «il fait fortune dans cette Guadeloupe? Ah! oui, on revient » riche des lies! quand on en revient.
DORIGOUR.
C'est ce que je ne sais pas ; je Tayais perdu de vue depuis long-temps. Quelques personnes m'ont dit qu'il s'était marié, qu'il- avait fitit de mauvaises affaires , qu'après sa mort, sa fenune et ses enfants s'étaient embarqués, pour venir en France implorer les secours de sa famille.
BOULANVILLE.
Diable!
PORIGOUR.
S'il en était ainsi , cette femme et ces enfants pourraient-ils compter sur vous?
BOULAirVILLE.
Compter sur moi! écoutez donc, monsieur, chacun pour soi; chacun a ses charges...^. Ma fortune n'est pas si considérable. Je ne suis pas seul de la famille... Moi - même , j'espère bien avoir des enfants Pourquoi diable mon oncle s'est -il si mal conduit? Pourquoi s'est-il marié?
DORicouR, àpari.
C'est un égoïste. {Haut.) En effet, ses en&nts
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peuvent réclamer sa part dans Théritage de votre grand-père.
BOULANVILLE.
Pas du tout, nous sommet en règle; mon grand* père lavait déshérité. Ce n'est pas que, si par mon crédit, mes connaissances, je pouvais être utile à ses fils ou à ses filles , je ne le fisse dé tout mon œur. On se doit à ses parents.
BORicoiiR, a part.
Il ne man4{ue >pas de sensibilité. ( HaxU. ) D'autres personnes m'ont dit qu'il était mort fort ridie.
BOULAirVILLE.
Cela serait bien différent. Il y aurait donc une succession.
nORICOITR. ^
Oui ; mais s'il y a des enfants ?
BOtJLAirVILLE.
Vous ayez raison. Croyez - vous qu'il y ait des enr fants? '
DORICOUR.
D'ailleurs, vous n'êtes pas seul de la famille; votre côusîn....
BOULAKVTLLE.
J'en ai plus d'un ; mais je ne les crains pas , je saurai soutenir mes droits : il y en a un avec qui je suis en procès. »
DORICOUR.
Enfin , s'il fiiut en croire d'autres bruits répandus &ur votre oncle, il aurait laissé une fille, une filie fort aimable ; et de son vivant , il aurait témoigné ie désir de la marier en France à quelqu'un de sa famille.