ACTE I, SCENE VII
VIIiXENEUVE.
Dervière; envieux, mécontent, à V^tfùt des disgrâces, fort courageux en arrière des hommes eti place, assez servile en leur présepce. . ;
6A.1WT-PHAB.
.En vérité, j'étais tente de croire <{u'ils parlaient de deux hommes différents.
' VILLENEUVE, '
C'est qu'il y a vraiment deux hommes en Vanglas. C'est'qu'à part r.exagération de U flatterie et celle de l'envie , il mérite en effe.t le bien et le mal que Montgcavier et I>ervière ^n disent; c'est un bon naturel dépravé. Il a, au fqfnd du cœur, le. germe et le goût de toutes Jes veflus,; mais de l'ambition, I^ucoup de vanité, de la faiblesse, d^ passions ardentes. et. un vif amoui* d^9 plaisirs q?)i, avec l'ftge, est devenu un besoin de toutes les jôuiss£fnces de la vie, réelles ott; de convention ;• par conséquent un beswi de la fortune* nécessaire pour se les procurer.
SAINT-PHAR
Montgravi)er le dit obligeant et bon.
VILJifeWEUVE.
C'est vrai.''.
SAINTrPHAB. •
S'il faut en croire Dervière , c'est une àme inté*
re^séc.
VILLENEUVE
C'est encore vrai. Je suis loin de croire qu'il soit vénal, mais je le sais fort avide; et d'up autre coté,, l'on cite de lui des traits qui feraient honneur à l'homme le plus délicat.
SAI|ÎT-^PPAR.
Suivant Montgravier , c'est un excellent miuri*. Ëcou*
4a* LES ANCIENS AMIS.
tez Dervière, il rend sa femme très-malheureuse. '
VÏLLEW?U'V15.
3e connais peu madame de Vanglas. On en fait réloge.' Sa naissance et la fevçiir de Yanglas pourraient la rendre fîère; son caractère ^ dit- on, la met à l'abri de cette faiblesse. Elle est jeune, étourdie, légère ; mais bonne , aimable et senstMe^ Quant au mari, libertin et ami des mœurs, «arrogant et afTable, regret- 'tânt la vieille cour avec le duc de VîHeroi,* s'en mc^ quant avec les roués de ndtre régent, toutes les fois qu'il n'est pas détourné du bien par un' i)^tif personnel , TOUS éte^ sur qq'tl l'aocomplira de premier mouvement, ^\et chaleur, aVec une espèce d'emportement* Pourquoi feut * il qu'il so>t aussi prompt à* mal faire , lor.squ']l le croit utile à ses iatéréls.. Son ambition esr en perpétuel contraste, avec ses dispositions nàtivea qu'ètie étoirffe, et ses jtalents supérieurs que souvent elle rend nuisibles. Il s'étoîArdit , il brûle 4a vie , pour ainsi dire , tant il est occupé par ses travaux , tant îl se fait d'occupation pour ses plaisirs, sa fortune, les nombreuses ejt vastes affairés dont il se charge, les visites, les repas de convenance et de considération , et le& innombrables réponses qu'il faut faire aux demandes que ' lui adressent tous les ambitieux , tous les opprimés , tous lessollictt^urs de la France. lia une esctrême facilité, une mémoire étendue, une santé de fer; mais il se m^e ()e tout, il embrasse tout : marine, commerce, clergé, parler ments, guerre, finance et opéra. Et il brouille et con^ Citïâ beaucoup de choses , et il résulte de ses bonnes qikalitV9 natUf elles et des mauvaises qu'il a prises dans le monde, qu'il est tour -à -tour et souvent à 7 la -fois un homme très - précieux , un homme très - dangereux pour l'état, le prince et les gens qui ont affaire à lui.