Tome IX
* 5o ^ EUGÈNE
Mes parent& avaieii^ promis à Tabbé Doriolis de lui rendre réponse le lendeiùain matin. Quand mon cousin César vit que tous ses efforts pour les -empêcher de mettre de l'indiscrétion et de la ^précipitation dans une affaire aussi importante étaient inutiles ; qu'on ne cessait de lui vanter la politesse et le bon ton de M. l'abbé, la faveur dont il jouissait auprès de j'évêque, et le goût presque sympathique que j'avais^ manifesté pour lui; mon cpusin prit le parti de" trouver lui-même quelques qualités à M. l'aUbé Dorio|is , comme de l'élégance dans les manières, de la douceur et de la flexibilité dans l'esprit, et il pensa qu'avec la. facilité de leur caractère mon père et ma mère auraient pu faire un plus mauvais choix.
On prit des arrangements avec le neveu du grandvicaire ; on lui assura de bons appointements et une honnête pension viagère à la fin de mon éducation. Mon père avait une vieille chaise de poste et i|pi vieux domeistique nommé Georges, qui avait fait avec lui les campagnes de Flandre. Mon cousin César obtint que Georges, qui était encore alerte et dispos, courrait devant notre chaise, etVinstallerait avec nous au collège pour nous servir. Mon père écrivit à M. Ma- . thelin, son banquier, qui avait un fils au collège d'Harcourt, et il donna à M. l'abbé une lettre de crédit sur M. Mathelin. Ma mère me fît un trousseau aussi considérable que celui d'une jeune mariée : elle ne cessait de supplier l'abbé de veiller à ma santé encore plus qu'à mon instruction. Mon cousin César chargeait le bon Georges^ qui savait écrire, de lui rendre un compte
ET GUILI^ÀUJtfE. 5i
fidèle de la conduite du précepteur en même temps que de celle de l'élève.
La veille du jour où nous devions partir, Magdeleine Delorme , ma nourrice , vint me faire ses adieux , et elle conjura mon précepteur de vouloir bien avoir quelques attentions et quelques soins pour son enfant, qui allait entrer conune boursier au même collège que le jeune Mv Eugène. Peut-être Tabbé n^aurait-il guère écouté la mère Delorme, si ma petite cousine Laure, qui 'se chagrinait beaucoup de mon départ, n^eût aussi recommandé Guillaume, aux bontés de M. l'abbé. Il promit de s'intéresser au fils de notre fermier*, pourvu toutefois ^ue le jeune homme s'en montrât digne.
TllX DU PREMIER LIVRE.
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