CHAPITRE V
Guillaume clerc de procureur^
A mesure que Guillaume s'était éloigné de son village, il avait senti qu'il respirait plus librement Quel bonheur pour lui. de revoir et d'embrasser sa chère tante ! Quelques iiiJBrmités. étaient survenues à mademoiselle Victoire. iîuiUaume la força de ne plus veiller, de suivre un meilleur régime^ de ne plus, loger si haut. fiicQtôt il'^fut en état de lui offrir une petite pension^y que la pauvre fille fut obligée d'accepter. Elle aurait causé trop de chagrin à son neveu , si elle l'eût refusé. Comment Guillaume puiril suffire à ces dépenses ? Tout lui avait réussi selon ses espérances.
Il ne resta pas plus de huit jours chez son premier procui:eur^ car il l'avait trouvé encore -plus' âpre aur~ métier que M. Gaspard. Le. septième jour, un client, un bon homme qui plaidait par humeur contre un de ses voisins , ne trouvant ni le procureur, ni le maître cler&r s'était avisé'de raconter son affaire à Guillaiune ;
et Guillaume s'était permis de lui parièi; avec, tant de raison et d'éloquence , que <oe brave hcHnme avait pris le parti de sjaiy:*anger à «l'timiable avec son voi3in. Guillaume, tout joyeux, s'était Mté d'apprendre ce bel exploit au maître clerc. « Eh de quoi diable vous « tnêlez-vous , lui avait répondu celui-ci ? Est-ce que a cela nous regarde? Est-ce à nous d'arranger les <c gmcès? .est-ce notre métiei;? Si vous continuez ^ a mpn cbet* ami 9, vous ne ferez jamais rien. Monsieur <c va entrer^ djtns une £uri<i^€( colère , .quand il saur% a que vous vous. ingérez de parler raison aux clients. » Pour éviter lai colère de monsieur, Guillaume fît ses adieux à cette triste étud0.
Il y avait alors à Paris un procureur fort singulier': c'était un honpête bbmme „ et il devait Sia fortune à sa probité. Taiidi^ que beaucoup de ses xonfrères étaient Qiaucïits, pême par les plaideurs qui gagnaient leur cause , M. Deschamps ( c'était son nom ) excitait , sans le vouloir., la générel^e reconnaissance de ses clients par Ja modicité de ses mémoires ife frais. Guil-^ laume alla trouver ce phénix du dhâtelet. La franchise avec laquelle il le supplia de lui donner une place chez lui toucha l'honnête .M.. Deschamps , et trois mois après, Guillaume gagnait sa pension. II. avait tiré parti de son op^a comique et de quelques petits travaux littéraire^.,Le directeur dias théâtres de la foiré et ses joyeux auteurs avaient pris Guillaume- en amitié ; mais il s'était bien .gardé de dire à M. Deschamps qu'il se mêlait d'écrire autre diose^ que'des Requêtes et des exploits. Il passait les jours à trav$dller dan^ son étude, et toutes les nuits, tous les'dîmandbes, il tija-