Tome I
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vailUit pour son eqmpHe, ou ptttlât^ pour e^i de sa tante, c €hèi« taikte , ie dikail*il, podm»-}e jamaisi rece connaître ses preHÛers bienÊiits? Ce que je fais pour «elle vaudra «-t- il jamais ee qu'elle a fait pour moi « quand j'étais au â>Hège? Je prends sur moQ iftuperfla a pour lui donner ie nécessaire : elle prenait sur son ic nécessaire pour me donner le superflu. »
Il s'était lie avec pbisieurs 4e ses camarade^ et parlait aVec ces jeunes gens littérature, théâtre, philosophie , politique , coumnerco et procédure. Dès ce temps -là les clercs de procureur' et les garçons mar-^ chauds se permettais de gouverner l'état et de prononcer sur des questions de morale ; mais il n'était pas dft lenrcL dispendieuses parties } il n'était pas , comme 1^ plupart d'entre eux, élégant et rech^hé dans sa parure;^ il les laissait aller le dimanche chec ies^ traiteurs des boulevards et du bots de Boulogne pour aller dîner tête -k tête avec sa* tante. Après ^ner , il entrait au café procope. Là il édftutait disserter les cbnnaisr seurs sur les pièces et sur les acteurs. II en sdrtait pour se placer au^partetrè de la ôomédie. Quelquefois , dans la semaine, il s'édiappait pour voir une première représentation. Guillaume était sans pitié pour les mauvaises pièces ;^on l'eu( pris pour un chef de cabale ; mais U était plein d'ardeur et d'entho«siasme pour les bons ouvrages. Long^tanps après , il s'accusait d'avoir fait tomber ph» ^ttoe tragédie médiocre , et il se vantait d'avoir ' contribué au suceès de quelques chefsd'œuvrePde M. de Voltaire. Il allait quelquefois au GoHége d'Haroonrt voir ses anciens camarades , M. le proviseur j^ surtout: son professeur de rhétorique; et
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les écoliers se lé montraient entré eux domme un jeune hgmme <iui avait fait honneur si la maiàcm.
' Ses travaux , les soins qu il tlonnait à sa tante , et sa chère' comédie française avaient donc dissipé ou du moins suspendu le chagrin qui avait tourmenté Guillaume pendant les vacances.; il était "redevenu gai , jovial , et même assei railleXUr.
Un clerc de procureur est encore esplèfgle comme un écolier, Guillaume, excité par ie% caifiarades, et quélquefeià lés -exditant lui^inéme , s'amusait aux^dé* péns des huissiers , des cHeAI^ et de tous les sots qu'il rencontrait. Il égalait sa tante par le réeit de ses tours. Jt ne sais s'il lui disait tout: Pour mot , au lieu de raconter ses espiègleries, j'aiiUe mieux rappeler cpiè, dans ses lettres à mon cousin César, i) exprimait l'ié^dnnement ou le plongeaient les premiers regards ^'it jetait sur le mondeJ Simple , candide , sortant de ses études, encore plein des historiens et des philosophe» de l'antiquité , i\ comparait les mœurs des bourgeois * de Paris à celles des citoyens de Romie et (f Athènes ; il trouvait que nous avions gagné en politesse^ mais que nous avions' perdu en franchise. Il s'étonnait de voir certaines personnes afficher de grands principes de sagesse et d'honneur , et les démentir par leur conduite. Il était révolté dé Tîttipudence de ceux-ci , qui se glorifiai^fflt des actions les plus blâmables; il était indigné de la lâcheté de ceux-là, qui avaient honte d'une actioa louable , parce qu'elle n'était pas à la mode. Quelle différence, s'écriait-il , entre là probité du monde et la vraie probité.
Il avait déjà essayé son talent pour la parole au tri-
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bunal du jûge^auditeu!', tribunal 'déyolu depuis long^ temps à l'éloquepce de la* Bazoch^, et devant lequel se portaient toutes leè affaires dont le capital n'excédait pas cinquante francs. Là , il parodiait avçc gravité les phrases pompeuses des avocats de la grand'cliambre y et il enlevait les sufibages des clercs, du juge et des assistants. Plus d'une fDÎs mademoiselle Victoire était venue entendre plaider son neveu. Elle était retournée chez elle dans Tadhiiration ,*et elle ne cessait de vanter à s^s voisines et à ses pratiques les talents de son Guillaume. Son neveu ne poutait manquer de devenir le plus habile et le plus riche des avocats de Paris.
Les petites causes produisent souvent' de grands effets. Cet enthousiasme d'une pauvre couturière pour l'éloquence de son neveu, clerc de procureur, amena une affaire importante à l'étude où travâillàft Guillaume.
/IHAPITRE VL
■ ,i Effet de V enthousiasme de Ut tante pour son neyeu.
MjM)emoiselle Victoire ^vait plusieurs pratiques dans une pension de demoiselles du faubpurg Saint- Jacques. Cette pension était renommée pour la bonne éducation qu on y donnait aux filles des riches bourgeois de Paris. Une jeune personne , nommée Louise , y était entrée dès l'âge de cinq ans. A quinze ans, sa belle-ipère l'en avait retirée. Après quelques mois, elle
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y était reveoue et elle n'en était plus sortie* Elle avait alors dix-sept ans. Des brujtts assez singuliers avaient circujli sur sa seconde entrée à^ cette pension. On disait tout bas qu'elle s'était enfuie de chez sa bellemère, et qu'elle avait supplié madame Dumont, la maîtresse dip pension , de vouloir bien lui donner un asyle. Madame Dumonf était une femme, de mérite , jou^sant de la, meilleure réputation. Il y avait vingt ans vque, restée veuve,, san^ fortune, avec deux filles en bas â^e, elle avait imaginé de se faire maîtresse de pension, afin de pouvoir donner de l'éducation à ses propres enfants. Sa maison avait prospéré. Ses deux filles étaient bien mariées, et elle avait continué, par habitude et par désir d'être utile, ce qu'elle avait com-' mencé par amour maternel. Cette digne femme avait pris en amitié la jeune Louise , et elle paraissait encore s'être plus attachée à elle depuis son retout* da^ns la maison,
La .tante de Guillaume y qtti était fort discrète et fort réservée , n'avait jamais-'phercfaé à savoir si les bniits répandus sur mademoiselle Louise avaient quelque fondement ; mais depuia ce retour, elle avait fait plusieurs petites remarques. D'abqrd mademoiselle Louise avait été triste,* rêveuse; elle avait mis une économie excessive dans s^ parure^ et les servanltes de la maison avaient cru pouvoir se dispenser envers elle des égards qu'elles /avaient pour les autres pensionnaires ; puis tout d'un coup cette conduite avait changé. Mademoiselle Louise, sans sortir de sa mélancolie, s'était pern mis un peu plus de dépense. On avait été fort étonné de la voir prendre le deuil. Elle avait de fréquents en-
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tretiens avec madame Dumont Les servantes avaient repris avec elle des manières respectueuses et prévenantes. C'était à^ qi4||vanterait ses talent» , sa douceur et sa beauté.
I}n jour, mademoiselle Victoire , lui apportant une robe, la trouva dans sa chambre avec madame Dumont. Elles paraissaient occupées de gravés réflexions , qu'elles suspendirent pour causer avec 1^ tante de Guillaume. Gelle«ci quittait son neveu; elle n'était jamais babillarde que lonsqtl'il était qtiettion de ce dier nevea. Ellç en fit un ^oge isi pompeut, .que Louise et madame Dumont ne purent s^empécher d^y faire attention. Elles sourirent, se regarjèreM , et chacune d'eUes retomba dans ses réflexions. La bonne Yictoire avait ni41é à ses louanges sur Guillaume un l^rand éloge du procureur chez lequel il* travaillait. Cet élogQ n'avait pas éduippé non plus à Louise et à madame Dumont. Le lendemain madame Dumont fy, prier la tante de GuUjiauiiie de- venir la voir.
« Afft chère demoiselle., ktt dit** die, j'ai à vous parce, k» ifun objet trèi- important. Asseyez - vous , et « écoutez-moi bien. » •*— « Me voilà prêté k écouter, V madbme », répondit la^ tante de Guillaume surprise, un peu inquiète,. et s'asseyant avfc titni^é sur le bord d'un fauteuil. <i J*ai bien pensé depuis hier , continua « madame Dumont , à tout le bien que vous m'avez ce dit de M. Desehamps^ le prociHreur dont votre neveu a est le second clerc. J'ai fait prendre et j'ai pris sur iK son étude et s<ur lui Vies rense^nenMnts qui m'ont « prouvé que vous n'avez pas outré la vérité , et Louise « et moi ilbtts sommes décidées à lui accorder notre
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c( QSvxEaàkc^Mm une affkir^; décale d'oii dépend le tf sort de uuk chère Louise. Anjiwrd'hui même je devais^ <c çQOgulter les, plus, ^abUes juriscoflisultes. Mais nous «^avoQS besoin ^r-tûut d'un procureur hoftnéte a.bomavij et nous avons âÀ €hoî;& de M. Deschàmps. « Je coiupte sur sa pmlnté ; je campte attssi sur le sèle « que ne peut majiquer d'inspirer à votre neyeu.une «Tj^uno personne bkn malfaeare^se jusqu'ici, mais qui sf a l^spoir d'un ipejlleur avenif . » — ce Ah ! madame , « s'écria mademoiselW Victoire , vous avez raison de « compter sur mon neveu. Quel honheuc I ^ quel bon- « heur ! Je :oours Ife Shercher. » — « Un moment, re- <c prit madame Dumonf ; Louise ne veut voir ni yotre a neveu, ni M. D^scbamp^^ a^ant^ qu'ils soient instruits cc.de sa situation. £Iie éprouve de la répugnance à la a kur afqpirenére de vive voix. £ite a ég^it eUe*même « une espèce de mémoire à consulter qui renferme jm» a histoire, pour te soumettre aux: }»^niiâles gcna dont « elle réclame* les conseils. Le voilà.» 9 ajouta -'t-eUe, en remettant un rouleau d^ papier à mi^mokdle Yictoke* <i Je vous h eoalie^ et si AL Desclmmps veut « éu*e l'appuî de ma pauvre 0rpliaime, dès demain A 04M1S ne nous ctmdmrosû» plttftqp^e par ae» aria. » La tante de Gui}liwaiese leva, prit le rouliau de:'papi«r^ se confondit e» i^mercime&ts , dît.énoore yiUB de bân de son n^veu qu'dle n'en avaîl dbfc la* veille, fit aUMÎ de nouveau l'éloge du procureur, promît à madamç |3iiuiiont leur zèle, leurs Qdftsetil^ klura services, et r^#sur9^ que mademoiseUe Loube ne^muivait refMttre s^ intér^ %m de meiUeitres matos^
Elle eourut à Tétude de son neven^ SUa efiraya près-
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que Guillaume par sdn air. d'empressement^ d'importancef et de jv*éoccupation. Elle l'emmena -chez 'elle; et 9 comme elle était fort curieuse de connaître les aventures de mademoiselle Louise , elle pria Guillaume de lui lire le cahier que lui avdt remis madame Dtrmont, et qui fait la matière du chapitre suivant.
' C5APITRK Vit.
Mémoire à consister, renfermant Vhistoire de Louise
et.de. sa belle- jn^ce.
Une orpheline âgée de dix -sept ans, n'ayant phxs d'autre appui que sa maîtresse de' pension , a besoin de conseils da^s un procès qu'on lui intente. Elle espère que le récit ^ncère qu'on va lire lui conciliera l'intérêf; des jurisconsultes éclairés à qui elle a recours.
M. Lefévre était un^faonnéte pniurchand de Marseille. Tout le monde s^ccorde à dire que sa première femme était bonne et vertueuse. Il eut le malheur de la perdre au moiBpent eu elle venait de lui doimer une fille qu'il nomma Loiiise, comme sa mère. Deui^ anis après, il fut séduit j^ar les charnus d'ime »itre femme établie à jyUirseiUe depuis peu dè^temps , et dont on n'k jamais bien connu la famille. On assure qu'après ce second mariage M. Lefevrefut entraîné à des dépenses au-^ dessus de son état ; que , pour y &ire faee , il se lança »'
dans de grandes entreprises qui ne réussirent pas , et ,
qtif c^ £j|tl^chdgrin qu'il eu oençut qui le conduisit pr^aatuxénient au toisbeftu. . -
S^ SUe avait cinq ans quand il mourut. Elle continua d'habiter avec sa belle^ioère ^ qui iïîentôt quitta Marseille. Les débris de la fortupe defimi mari suffirent à peine aux frais de son Voyage et de son établissement à Paris. La veuve de M. Lefévre mit Ijouise en pension chez madame Dumont. Ule loua un appartement magnifique dans la rue du < Mail. Tous les soirs *elle réui^issait une nombreuse société : on jouait; Des,. / femme» Jtrès- élégantes 9 des cbevaliers, àe^ ajobés, des financiers ^ «des limnmes de qualité ,' sur-tout des étrangers, telles étaient les personnes' qui fréquentaient la maison de madame B^bour : c'était le liom que la bettemcûre d^ Louise av^it pvis en arrivant à Paris. On suspendait le jeu,^ur un souper spkndideu Après sou)>er, on ^e remettait au jeu.
Madame Belcour n'airait |ias poui^ sa4elle-fille 'toute ~ la tendresse d'une mère. M^is Louise lui- doift la justice de déclarer que], pendant son enfance, elle n'eut jamais qu'à se louer de ses bons 'procédés. Madame Belcour venait firéquemment à la pension s'informer des progrès et de. la santé de la jeune orpheline; quelquefois aussi elle la. faisait venir chez elle. .
Ce fiit chez elle- qu'un officier - général , nommé M. de Montfort, vit Louise pour la première fois.^ Cette epfant l'intér^a; il devint plus assidu dans la maison.
Un jour il était venu de bonne heure. Il trouva madaàie Belcour prête à sortir ; elle allait voir Louise qui était un peu malade. Il lui offiît de l'accompagner;
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elle accepta* Louise «'avatt qidmkë légère mémffQÙtàêtk. £Ue avait alors près de ^ix am. Sa convexsatioa phii à M. de "S/bM^U II fut touclMr.de l'amitié ^u'eliie témoignait k M mmtresse de ^enaîoii; et peat^^lre iitt41 éom de compasaieii'^y ea^prévo^rimt (fœ l'iniiooeiice de cette jeiiBie fiUe scarait bieolot wposee à de gi^aeids dangei».
Le l^ndeiniûfi , il revint chez niiRiame Dumoat ; il s'iiiforioa du cwa^tère de Louise. Maikone Duviai(St eut ]^ bonté <l'en fiûre le pkié grand .éioge. «c Madame ^ lui « dit-il, je vais toucbsr «ne cbrde b%ii idiâicate. Vous a paraissce^ Moii; keameoup cf a^etien^ pour loette en- « fiB^ktf T0US csonvenez qu'eMç. en eet reG€mns^ssante, et « cpi'eUe se plidt^ dan»^ vo^re maiâou >ne von» serait -â « pas possiUe de l'empêcher df aller chez mad%iiie Bel- « £our? » -— « jEh! monsieur f q»R vm pf^poseztvous^ « répondit madame Dumont ? Ai-je le droit de reteair a mfiA pensnH»aiite ? Aurtis^je bonne grâce de m'op- <c poser aa» désirs de leurs par^its î'.» — ^« Eh mais ! « rqpri|.M« de Mcuafpvt ^vec un peu de clu^ur , une ;> belle ^jnèi^ est-eUc une parente?)! Alors il -ct»t devoir expliquer à madame Dumont les cwântes^ qui l'engageaient. à lui «re cette prière jrfle les trouva fondéesymais tout ce qu'il obtint, c'est qu'elle tâcherait d'inventer r te jdus souvent qu'il lui serfti^ possible , des prétextes de maJaAe o\x d'énidee p6ur fetenir la fille de ML Lefwre quand sa belle -> mère l'enverrait chercher.
. Depuis ce temps, M. de Montfort accompagnait presque toujours madaone Bdeonr ^and elle allait voir lionîse. Un de ses amis, par ses <îonsdilai mit ses filles
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' diez mftânne DumcMit. }l acoomjjsagnaîl aussi son ami toutes les £»is que ceèoi-ci venait à* la pension. Les jours oàjMiadMaie Dunont n'avait pu retenir Louise, M. 4e l^itfort pa«HiÉ^U.«oirée ch0z madame Betooiar. Jl laissait, toute la bnUanle société jouer au pharaon, pour jouer ou causer avdc sa petite amie dans un coin du salon. Ces attentions pour une enfant de dix à douze ans s'étfMent renuirquées. ni de madame Belcour ni des autres, tant ils ^iant occupés de leur jeu; maïs Louise ien étaiè touchée, et fXie avait* beaucoup d amitié pour M/deMdntf^rt./
Elle v^Hiit d'atteindre sai qim«nème mmie , lorsque M. de Monfbit reçut t'ofdre de passer en AHemagne. il courut ebez madame Dumoot.^ ei^ en préaenoe de
* cette dame, il apprit à^Louise qu^îtaUait partir, et que seb absence pouvait -durer plusieurs années, c Madef tooiselle , lui dit ^ , jusqu^ct je n'ai cru devo^ parler te qu*à votre maîtresse de pension; aujourd'hui je croîs « pouvoir m'expli<]pier avee vous. Je oommenoe |>ar « vous répéter les paroles que j*ai dites, il y a cinq ans, ^ h madame Dumont ; Je nféiis ioucher une corde tien « délicatei Mais potur peu que vous daigniez réfléchia, « Vous sÀilirez ^ae je ne suis-amoié que' éa désir 4e « vous rendre heureuse. Restez dans cette maison où « vous avea été âevée , que vous aianez et où fon vous a chérit. RésisItK à «Mre belle-Uière^ai elle veut vous <c en retirer; employez, pourvue pas^habiîer avecr^lle, a tout ce que vous pouvez avoir d'adresse et de volonté, « A 9MW ^tour^ si je vous retrouve diez madame a Dumont , e% s'il vous oonviest d'unir votre sort à ce- « lui d'un brave ofiici^ qui dcÂt à lui seul sa CtMrtunc
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€< ( Car je me srfis trouvé, c<>iiiisie vous, orphelin' el sans a appui dans mon enfancef) , je vous épouse. Si mon « 4ge vous efivàie , si mon humeur vous dé||p|ît , par«^ a lez -moi avec li| franchise qu'on d6it à un ami ; faites a un choix qui raé paraisse convenable , je vous bssure « une dot, et je vou^ marie à l'homme que vous aurez « choisi. ». ? - *
Louise SQ flatta pendant quelque, temps de pouvoir seconférmer ati& désirs de M. de Montfort, qu'dié s'était habituée à respecter et ôhéirir comme un père ; mais comment ^ési^cer à sa belle-mère, qui bientôt lui^ signifia qtt'il était temps de quitter sa pension ? Elle résista. cependant , et madame Dumont k seconda de tout sou pouvoir. Madame Beleour, surprise, tantôt paraissait' indignée de la préférence que sa bette - fille dcmiiait sur. eU^ à madame Dumonl; , tantôt paraissait, douloureusement affeetée de 4a répugnance que Louise aviât pour elle; et cette jeune personne, tantôt s'effrayait de la seule idée de désobéir à sa belle-mère , tantôt se reprochait de l'affiiger. Elle ne pouvait employer que des moyens évasifs. Quelquefois elle troQvait^M. de Montfort bizarre et injuste ; elle ne concevait pas queU si» girstves motifs l'avaient engagé à désirer quelle n'ha«> bitât pas chez ^ belle-mère. Six mois après le Répart .de M/ de Montfort, «il fallut céder aux prières et aux ordres de madiyne JMcour. Louise fit, en pleurant, ses adieux k madame Dumont.
Ici, elle . voucb'ait bi^m ne pas accuser la femme de son père ; mais elle se doit à elle-même d'eiprimer à ses conseils combien, dans la maison brillante et tumultueuse de madame Belcour, elle regretta la vie
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tranqiirille*et innûceiite' de^la maison Oti eUe avait été élevée. On la comblait de soins et de prévenances , on n épargn;|it rien pour sa parure. Elle - avait acq^tiî^ quelques talents (,chez ^madame Dumont. Madame Bel-^ cour en était orgueilleuse , et. ne manquait pas une occasion de la faire brillei^. Quelquefois le jeu était ren^lacé par^ un bal ou par un concert, Mais les* discours qu'elte ent^idait , les conseil^ q^'on, )ù^ donna^^ lut paraissaient \Hen nouveaux et bien étranges. Jeune ^ timide, sans expériienii^e, n^aîs se rappeknt les adieux et les désirs/de M. de *Monfbrt, craignant les projets de sa belle -m^re, qui venait de se permettre de lui parler avec plus da franchise , .craignaM jusqu'à sa propre faiblesse y im matia cstte s'échappa de la maison de madame B^ôurt .ayant que personne y fut éveillé, et elle pourut ches madame Dumont. Elle siqjplia cette respectable amie de la. reprendre 43hez elle. Madame Dumont la plaignit , miûs Ifii- fit sentir qu'elle ne pouvait la garder ; qu'à moins d'un or^re supérieur ^ elle nç pouvait êtr.e reçue dans sa ^ maison ni dans aueune autre; piâs elWla consola, l'^scouragea, et la fît reconduire chez sa bellennère, qui ne s'était pas aperçue de son absence. '
Peu de jours après, Louise, épouvantée, désoiée de quelques discours encore, ^lus significatif de sa" belle-mère, alla se jetée aux. pieds de. la jeune femme ' d'un magistrat dont elle avait en^du vanter la justice et la bonté. Elle n'implora pas en vain sa pro- . tectioji, et,par un ordre du roi, elle revint habiter chez madaine Dumont ...Madame Belcour crut devoir ne montrer aucun ressentiment de la conduite de sa
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belle-fille; die' contiavft encore quelque temps de don«^ ner à jpner, pois elle passai tn Angleterre.
Denx tus s^iécdulfe^it sans que madame Dumont ni Louise reçussent aticuhe ne^veHe de M. de Montfort. Il avait cependant fiùt un voyage à Paris; matsle lendemain dé' son anr ivée , étant à Tc^éra , il avait aperça aux premières loges Louise et sa belle-mèl*e attirant tous les regards par l'édat^de leur parure, et ' il avait vu lous^lts viém seigneurs et tons les jeunes libertins, qui* fi^équentaienl la' iMîson de madame Belcour, venir tour à tour préseirter*leur^ hommages aux deux dames. Il crut Loiiise perdue, et repartit/ sans avG^ la curiosité d'en appfeflére davantage*
Un de ses amis , le seul à qui M; de Montfort eût fait ia-confidenee de ses projets , fut invité 9 il y a quelques mois , à une fêle que les petites pensionnaires de maek&me Dumonl lui avaient :{)réparée. Quelle fut la surpris^ de Tami de M. 'de Monffort quand il revit Louise , qu'il croyait » Londres avec madame Belcour ! Il .ne lui paria pas; mais ît s'informa*beaucoup d'elle et de sa conduite i ses compagnes, à toutes les dames de la maison , et sur-tout à madame' Dumont ; et iï se hâta d'écrire à M. de Monifort : « Mon ami, lui mar- (( quait-il, ta Louise est retrouvée, et elle e$% encore a digne de 4out l'intérêt que tu lui as porté. »
M. de Montfort , de l'aveu de- 9on souverain , avait pris du service dani l'armée de JVfarie-Thérèse. Par UA hasard assez commun à la guerre, il se trouya que, dans une affaire importante, il avait sotis ses ordres un ofHdier de son geade. Cet officier exécuta mal un mouvement*- qui kii avait été commandé. M. de
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Monifert hii néi|6i<a tes ordres^ «t sç laissant emporter à la colère , il exprima soif méduilenttin^iit en^ termes im peu vifs. L'officier ne vépliqua^^int, et parviat à réparer sa faute. M* de Montfort s'empréséa de lui Presser des excuses; mais Tofficier lui répondit que les termes dûiit il s'était servi ne pouvaient êtrte supportés par un militaire; qu'il avait obéi à M. dé Mokilfort^ (yuaBdc^i-cî s'était trouvé miHnentanémentson supérieur^mab qv'après l'sif&ire, il redevenait sM égal , qu'il ne pouvait agréer ses excuses, et ^uMl liii demandait raison de l'ÛMulte qu'il avait reçue;. Ils convinrent de se -battis le lendemain.
C'était le jour même où M. de Montibit avait ap* j^ris par «la te:tre de son'anif que Louise était rentrée chez madame Diunont. Le soir , Ai pensant à l'événe-^ ment qui pouvait avoîi' Meu le lendemain , M. de Moûtfort écrivit à son hampàet à Strasbourg la lettre
suivante
« Demain je me bats et je peux succomber. Il jne « me reste que des plïtrents |brt éloignés, de qui je & n'ai point à. me louer, et qui ont aoquis plus de for- « tune que moi*. Si je meurs, je donne et lègue les c( quatfe-vingt mille francs que j'ai remis entçe.vos (c mains à Louise Lefévre , demeurant à Paris , chez «c Madame Dumont, faubourg Saint- Jacques^ Je laisse ce le rest« de ce qui m'appartient à mes héritiers naa turels , et c'est vous que je ti<mme mon exécuteur <c testamentaire* Tels sont mesMèsirSj isMes sont mes ^ dem&res volontés. J'en réclamèy de ceux que cela oc regarde f la stricte exéoiêion^ nonobstant toutes for* c( nudités qu'en pareille drconsttmce un militaire peut
i44' '* EUGÈNE
« omettre : dans ce cas , je réclame ta protection des «c magistral et des hi^, et A bonne foi dès intéressés ^ « pour mmntemr e^pSdre ^valùir le fond de cet acte aux « dépens de la formel »
M. de Mottifort, blessé grièvement par son adversaire", n'eut que le ternes de lui remettre , avant d'expirer, la letlfé qu'on vient de lire. Le banquier dé M., de Montfort écrivit à Louise. £Ue pleure son bien-i faiteur, et la fortune qufil lui' laisse est loin dé la eoili^ler de sa pe;rte. . ,. / . • • *
,M. de il^oiitfort était né en Languedoc. Depuis trois jours, un cousin 'de Castelnau^ary est arrivé à Paris^' avec, la prc^ÛFation de ses. ^héritiers , qm préten4ent imit casser le tattameM. C'est ;'sur la validité : de;. cet acte que Louise el^Éiadame Dumont,<sa véritable tutcte^r croient devoir o6(^ultor.