‹ Œuvres de L.B. PicardChapitre 28 sur 70 · CHAPITRE VIIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIIL

SmguUère propositùM faite plar Guillaume.

' .Guillaume, aprèsT cette lecture, prit avec vivacité fe mémoire' à consulter et courut à son procureuc» Il parla^ au bon M. Deschamps «avec tant de clialeur qu'il fit pasft^r dans son âme tout l'intérêt qu^il se sentait lui-même poiîtr mademoiselle Louise. La tante de Guillaume était retournée chez Madame Dùmont , et lui avait promis lé zèle de son neveu , qui trouvait le testament excellent* Guillaume regret-

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. tait de n'être pas encore, avocat. 'Uiie jeune personne à protéger! Içs bienfaits d'un loyal officier à maûntenir! des parents riches et aVide# à confondre! voilà les causes qu'il serait heureux «t fiier de défendre.

Il y avait chez M. Peschamps , au* moment où Guillaume parla de Louise, et du testament, un jeune avocat d'un caractère assez original. C'était un excellent jeune homme , plein d'espnt , de gaîté-, d'ardeur de bien f^e, uïi peu étourdi , très -inconséquent; il voulait s'enrichir , et il /était ;^fastueux , prodigue et, libéral , dès qu'il avait reçu quelques honoraires. Il était laborieux, et fort amoureux de ses plai» sirs; obligeant, aifnable et très - expan^if avec les bonnes gens, il était plus humoriste que railleur avec les gens dont la probité lui paraissait suspecte. Pour avoir des causes, il faisait la cour aux procureurs; et quelquefois , à leur table , il ne leur épargnait pa» de dures vérités. Pour avoir la vogue , il se permet- ' tait,,^à l'audience, l'emphase et les périodes; dans la^ société , il faisait avec goût des cfaaAsons et des épigrammes. IF prit feu pour les intérêts de Louise; il se hâta de débiter 'toùl/ ce qu'il saVait sur les testaroents militaires, et il supplia Guillaume et le procureur de ne pas confier à d'autres la défense de la jeune orpheline. Guillaume décida AL Deschamps à le diarger de l'affaire.

M. Deschamps , Guillaume et le j^une i(\pcat «virent

Louise ; et sa jeunesse ^ ses charmes , sa raison , la

girace qu'elle mit à les remercier , la tendresse qu'elle

témoignait à madame Dumont achevèrent de leur

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prouver combien le testament de M« de Montfoi^t était -bon et valable. *

Il y eut des eonsûltations , des mémoires. GuH^, laume allait sèlliciter le& juri^eonsukes et les juges; il, discutait avec eux y il citait les lois et les jugements en' faveur du'testament; Aidé du jeune avoc^t^ il ex- . citait l€> zèle et Tamour-propre de M. Deschamps, qui était un bon homme, mais moins chaud et moins Uc^ tif que ces jeunes gens. Il par.ut un manoire qui fit beaucoup d'honneur au défenseur de Louise. Celui-ci avouait avec franchise que c'était' Guillaume qui en était Fauteur.

La fille de M; Lefévre gagna sa cause ru châtelet, .et le cousin de^ Castelnaudary , effrayé de l'activité que Guillaume avait inspirée au procureur de Louise, ne jugea pas à propos d'interjeter appel , recueillit le reste de la succession et repartit poui;le LaipguedoCé H n'y eut' que le jeune avocat. qui vit avec quelque regret que l'àfTaire fiaissaït; 'il' aurait voulu briller au parlement , comme il avait brillé au châtelet.

Loiiise, après savoir noblement payé tous les frais et reconnu les soins de M. Deschamps', força là bonne nladame Dumcmt à recevoir toutes les années de pension que madame Belcour avait négligé de payer, et se trouva encore riche de plus de soixante mille francs.

La tante de Guillaume avait été fort inquiète pendant toute* la durée du procès. Quand il fut gagné, elle fiit aussi contente 'que si elle avait été elle-même légataire de M. de MontiFort.4]lependant l'entliousiasme avec lequel Guillaume avait suivi cette affaire avait conduit sa tante à 'de graves réflexions, à des pro-

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jets qui d'abord \^ avaient pari| insensés , mais que peu à peu elle s'était habituée à ireuver t:aisonitajbles , et même d'une £sicile exécution. Il ne Vagissait de rien moins que de marier Louise avec son cher Guillaume.

La voilà qut Ae^cesse de faire l'éloge de Louise à son neveu , qui multiplie ses visites chez hiadame Dumont pour faire l'éloge, de son neveu à Louise, et qui > ne se trouvant démentie ni par l'un i par l'autre, se persuade que Guillauïnè aime Louise et qu'il en est . aimé.

Un jour, après mille petites, piféparations faites avec toute ladresse dont elle est capable, elle cherche i insinuer, à Guillaume que mademoiselle Louise ëst^un excellent parti , et qu'elle la croit fett reconnaissante des services qu'il lui a rendus. c< £h ! ma tante , que a dites -vous! s'écria Guillaume, dès qu'il crut voir où <c mademoiselle Victoire en voulait venir. O ciel ! on , pourrait ped«r que c'e.t da«s la vue d'un niariage <c d'intérêt que 'j'aurais montré quelque 2^ pour une (c jedne fille malheureuse et sans appui l Je suis sans «fortune, sans état; mais j'en aursûs utt>, j^aurais ce une fortune égale à la sienne, serais -je digne de ce mademoiselle Léfévre ? Elle mérite un cWr tout «entier. Ah! ma chère tante, je crains bien de iie « jamais me marier. » ^ — ce Eh pourquoi donc cela ? « lui dit sa tante tout alarmée ! est-ce que tu veu:;: tu reprendre l'état ecclésiastique ? » -^ « Non , mai6.<.. » ici Guillaume soupira, et 'dévint rêveur. Tout-àcoup , comme frappé d'une idée qui lui souriait , il s'écria : «c Ma chèi*e tante , |'ai trouvé le* mari qui « convient à mademoiselle Louise. Oui , votre projet

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<c m en fait naître un autre plltis raisoiuiable ^ plus dés» (c intéressé, plus généreux. » I^ tante, sans savoir ce qu^ méditait Guillaume y ne .coûtait pas beaucoup cette générosité qui lui faisait oublier ses propres intérêts* Louise n'avait pas encore piarlé d'honoraii'es au jeune avocat* Guillaume fit si Êioa valoir auprès de Louise les talents, la^éputation naissante -et la probité de ce jeûne, homme y qu'elle fut amenée tout naturellement à le trouver très-aimable; elle aima jusqu'à ses défauts qui prenaient leur source dans un bon cœur. Guitlaume n'eut pas de.peine à faire sentir à l'avocat tout le mérUe de Louise* Ce jeune homme, qui se piquait patfois de ealcul ^et de projeta de fortune, réfléchit qu'indépendamment de la dot, c'était le meilleur parti ^ pût s'offiir à lui I^ jeune femme du magistrat qui avait' fait^ rentrer Louise die:^ madame Dumont avait pris, sa. protégée en grande»amitié , et l'utile protection du magistrat semblait acquise d'aVanee au mari deu la légataire de M. de Montfort. \ia tante de GuiUaupie blâmait ^on oeveu, se désolait et ne pouvait s'empêcher d'admirer son désintéressement ; mais Guillaume n^en 'p^ursuivit pas moins son ouvrage. Il m'a répété plus d'une fois que ce fut un moment bien heureux pour lui que celui où il maria le jçune avocat à son intéressante pupille ; car , depuis le commencement du procès, .quoique mon ami Guillaume fût encore mineur, mademoiselle Louise 9 en- plaisantant agréablement avec lîii, lé. nommait son c}^er tuteur. Guillaume nous a aussi avoué que, tai^dis qu'il s'occupait de ce mariage, le premier- projet de sa taote ne lui avait pas toujours paru si déraisonnal^e ; que quelquefois il avait crû voir

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Louise très-favofïiblement prévenue pour lui-même , et que c'était pour se distraire dé ces pensées et pour n'y plus revenir, qu'il s'était pressé de l'engager à épouser le jeune avocat.

Guillaume était encore dans la joie 'des noces de Louise, lorsqu'il reçut la lettre de sa mère qui lui annonçait mon prochain mariage avec Laure.

Flir DU TROISIEME UVRrC.

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LÎVRE IV,

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