‹ Œuvres de La Bruyère (volume 2)Chapitre 113 sur 861 · PREFACE. XXI · texte numérisé non relu

PREFACE. XXI

« Vous voyez des gens qui entrent sans saluer que légèrement, qui marchent des épaules^ et qui se rengorgent comme une femme » (I, Soa) : accompagnant le mouvement des pieds d'un mouvement des épaules, iiaussant l'épaule en même temps qu'ils lèvent le pied.

« Il entend déjà sonner le beffroi..., et crier à Valarme » (I, Sjo).

Construction remarquable de la locution à mesure : « ^ mesure que l'on acquiert d'ouverture dans une nouvelle métapbysiqiie.... » (II, 2/(6).

« Une science vaine, aride..., qui ne tomîae point dans la conversation, qui est Itors de commerce » (I, 148); « Ce prélat se montre peu à la cour, il n'est de nul commerce » (II, 90).

« Par les traitements que l'on reçoit de ceux avec qui l'on vit ou de qui l'on dépend, l'on est bientôt jeté hors de ses mesures^ et même de son naturel » (II, 17).

« C'est un débordement de louanges en sa faveur.... On en a au-dessus des jeux, on n'y tient pas » (I, 3io ) : par-dessus les yeux , dit l'xVcadémie.

« Il est au-dessus de vouloir se soutenir ou continuer de plaire » (I, 222).

« Être continuellement aux prises avec soi-même pour ne la pas craindre (la mort) » (II, 25).

« Se trouver tête pour tête à la rencontre d'un prince » (II, 7).

« J'aurois l'impudence de me promener au Cours, et d'y passer en revue avec une personne qui seroit ma femme » (II, 181); « L'on y passe en revue (dans une promenade publique) l'un devant l'autre » (I, 276) : passer^ au sens neutre, être exposé aux regards, être passé en revue.

« Il se rend maître du plat, et fait son propre </f cliaque service» (11,55).

« Faire son capital de Tetudier (d'étudier cette espèce de talent) et se le rendre propre » (I, 3oo).

« Les scoliastes.... si fertiles dans les endroits clairs et qui ne font

de peine ni à eux ni aux autres » (II, 2o3) : qui n'embai'rassent ni eux ni les autres.

« Je fais choix des choses dont 11 (mon élève) a plus besoin d'être instruit, sur lesquelles j'insiste fort et ne lui fais point de qanrtiern (II, 5o5) : c'est-à-dire, et ne le ménage point, et ne lui en fais point grâce ; il faut absolument qu'il les apprenne.

« Pourquoi me faire froid? » (II, 128) : me montrer de la froideur.

« L'éloge (de Richelieu) et celui du prince qui Pa mis en œuvre » (II, 457); « Il faut des fripons à la cour...; mais l'usage en est délicat, et il faut savoir les mettre en œuvre » (I, 3 18).

« Un ancien galant.... cède à un nouveau mari... ; un nouveau galant — lui rend le change » (I, 175).

« Il tient le fauteuil (au jeu) quatre heures de suite chez Aricie, où il risque chaque soir cinq pistolcs d'or » (I, 284).

« J'ai mené un vrai deuil d'avoir échappé au plaisir d'entendre une si belle pièce(roraison funèbredc la princesse Palatine par Bossuet) » (II, 49^)-

« Comment le fixer, cet homme inquiet..., qui change de mille et mille figures ? » (II, t5i.) On dit bien changer de figure-^ mais étendre ainsi l'expression et dire changer de mille et mille figures pour signifier : « prendre successivement raille et mille ligin-es », était tout aussi singulier, je pense, au temps de notre auteur qu'au nôtre.

Les loctitions stiivaiites ont ceci de commun, qu'elles nous offrent de remarquables exemples de verbes réfléchis :

« Il ne se plaint non plus toute sorte de parure qu'un jeune homme qui a épousé une riche vieille » (I, ifio).

« S'il se trouve bien d\\n homme oj)ulent, à qui il a su imposer, dont il est le parasite..., il ne cajole point sa femme » (II, i56).

Page 1