‹ Œuvres de La Bruyère (volume 2)Chapitre 140 sur 861 · XIV. — Pléonasme · texte numérisé non relu

XIV. — Pléonasme

i" Double sujet (un nom et un pronom) : Voyez ci-après, XVI, p. Lxnr, Construction, 1° Place du sujet. Un noble^ s'il vit chez lui dans sa province, // vit libre. (I, 326.) Un homme défiant..., s'il envoie au marché l'un de ses domestiques, il le fait suivre par un autre. (I, 68.)

INTRODUCTION GRAMMATICALE. lxi

Un homme de talent et de réputation, s'il est chagrin et austère, il effarouche les jeunes gens. (II, gS.)

Ceux qui commençoientàle goûter (un mets), n'osant avaler le morceau qu'ils ont à la bouche, ils le jettent à terre. (I, 221.)

N**^ avec un portier rustre,... quelque subalterne qu'il soit d'ailleurs, il fera sentir de lui-même quelque chose qui approche de la considération. (I, 247-)

Qui peut concevoir que certains abbés^... qui entrent auprès des

femmes en concurrence a^ ec le marquis et le llnancier, et qui l'emportent

sur tous les deux, qn eux-mêmes soient originairement les chefs de

«aints moines? (II, 170.)

Double pléonasme, du sujet et de que.

1" Double régime (uti nom et un pronom) :

Voyez ci-après, XVI, p. lxui et lxiv, Construction, 2°, Place des régimes. A un homme vain..., il ne lui manque plus, pour être adoré de bien des femmes, que de beaux traits et la taille belle. (I, 178.)

Ce n'est pas d^un saint dont un dévot sait dire du bien. (II, 76.) Mille gens à la cour y trament leur vie à congratuler. (I, 3i6.)

Nous ne relevons pas cette tournure, fort usitée aujourd'hui comme autrefois, qui met en tète le substantif que représente plus loin un pronom régime. Ainsi :

Cette justice qui nous est quelquefois refusée par nos contemporains, la postérité sait nous la rendre. (I, i5o.)

Ce fantôme de vertu et de constance ainsi imaginé, il leur a plu de Rappeler un sage. (II, 4.)

3° Pléonasmes divers.

Voye/.j au Lexique ^ Qui, Que, Où, En, Y, etc.

4° Surabondance de mots, redondances et tautologies :

Les exemples suivants intéressent plutôt le style que la grammaire ; l'auteur insiste, appuie par des mots qui semblent inutiles à l'expression de son idée, mais la fortifient :

ie préférerais.... de prononcer le discours funèbre de celui à qui je succède, plutôt que de me borner à un simple éloge de son esjîrit. (II, 466.)

C'étoit contre l'ojjinion commune de toute la Grèce. (I, 78, rote 4-)

Qu'ayoM/e/-aj-je davantage 2 {lï., io>-.)

Seul ou seulement avec ne que :

Cela /l'arrivé quk vous seul. (I, 36.)

Il «'abandonne de la victime que les parties seules qui doivent être brûlées sur l'autel. (I, 76.)

Il ne faut regarder dans ses amis que la seule vertu qui nous attache à eux. (I, 157.)

Elle «'a qu une seule religion. (II, 247.)

Il semble qu'il ny ait que Dieu seul qui puisse en être l'auteur. (II, 274.)

On ne le voit guère dans les écoles, yw'aux endroits seulement où

s'exercent les jeunes gens. (I, 44-)

Mots quasi-synonymes, sans ou avec gradation :

Les hommes n'ont point d^usages ni de coutumes qui soient de tous les siècles. (I, 24.)

Les choses rurales et champêtres. (I, agS.)

L^amas et F entassement de choses superflues. (I, 298.)

Ils ignorent la nature, ses commencements, ses progrès, ses dons et ses largesses. (I, 296.)

Lxii LEXIQUE DE LA BRUYERE.

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