XV. SyLLEPSE , ou ACCORD AVEC LA PEIVSÉE
PLUTÔT qu'avec les MOTS.
1° Genre :
Ce qu'on appelle une oraison funèbre n'est aujourd'hui bien reçue.... qu'à mesure quelle s'éloigne davantage du discours chrétien. (II, 228.)
Toutes les sortes de talents que l'on voit répandus parmi les hommes se trouvent partagés entre vous. (II, 4^3 et note 2.)
Dans les deux exemples qui précèdent, 11 y a accord de genre, non avec le sujet grammatical, mais avec le nom qui, quoique subordonné à ce sujet, exprime l'idée principale.
Son Altesse a besoin que vous lui déclariez. Monseigneur, que vous voulez très-absolument qu'/7 sache très-bien la géographie. (II, 5o4 \ voyez encore II, 490, ^- 8 et 9; II, 5o5, /. 4-6.)
Dans l'exemple qui suit, c'est évidemment par mégarde que la Bruyère a écrit euxmêmes, puis ils pour elles, faisant accorder ces pronoms avec l'idée de corps qu'il avait dans l'esprit :
Ni ces roues, ni cette boule n'ont pu se donner le mouvement d'eMimémes, ou ne l'ont point par leur nature, s'ils peuvent le perdre sans changer de nature. (II, 267.)
C'est surtout avec le mot personne que la sjllepse est l'ordinaire usage :
Une femme infidèle , si elle est connue pour telle de la personne intéressée, n'est qu'infidèle : s'il la croit fidèle, elle est perfide. (I, 177.)
Nous nous trouvâmes plus de trente personnes dans un endroit du Portique;... tous d'une commune voix vous nommèrent, et il n'y en eut pas un seul qui vous refusât ses suffrages. (I, 36 et 37.)
Ce sont ces jnèmes personnes.... qui se trouvant tous portés devant la boutique d'Archias, achètent eux-mêmes des viandes salées. (I, 43.)
Il n'est propre qu'à commettre de nouveau deux personnes qui veulent s'accommoder, s'ils l'ont fait arbitre de leur différend. (I, 60.)
S'il se laisse prévenir contre une personne d'une condition privée, de qui il croie avoir reçu quelque injure : « Cela, dit-il, ne se peut souffrir, et il faut que lui ou moi abandonnions la ville. » (I, 84.)
Des millions de personnes les plus sages, les plus modérés qui fussent alors sur la terre. (II, 25i.)
IjCS personnes d'un certain caractère.... ne sont point oi//^ej à faire dire d'eux qu'//.f badinent comme les autres hommes. (II, 90.)
Les personnes d'esprit ont en eux les semences de toutes les vérités et de tous les sentiments ; rien ne leur est nouveau -, ils admirent peu, ils approuvent. (I, 127 et 128.)
Entre deux personnes qui ont eu ensemble une violente querelle, dont Pun a raison et l'autre ne l'a pas, ce que la plupart de ceux qui y ont assisté ne manquent jamais de faire..., c'est de condamner tous les deux. (I, 226 et 227.)
L'on a vu.... un cercle de personnes des deux sexes, liées ensemble par la conversation et par un commerce d'esprit. Ils laissoient au vulgaire l'art de parler d'une manière intelligible. (I, 236.)
Une personne humble, qui est enseveli dans le cabinet..., est un homme docte. (I, 161.)
Ses héritiers, personnes viles et qui se sont brouillés avec lui. (II, 59.)
DatK ces deux derniers exemples, le masculin est la leçon des cinq premières éditions.
2° Nombre :
Il est au guet.,., sur tout ce qui paroît de nouveau avec les livrées de
INTRODUCTION GRAMMATICALE. lxiii
la faveur : ont-Us une prétention, il s'offre à ewx, il s'intrigue pour eux. (I, 322.) — Ces nouveaux favoris ont-ils...?
Il ne convient pas à toute sorte de personnes de lever l'étendard d'aumônier, et d'avoir tous les pauvres d'une ville assemblés à sn porte, qui y reçoivent leurs portions. (II, 248 et 2/19; voyez ci-dessus, p. i.iv, l'avantdernier exemple de l'article Accord, A.
Ils se faisoient si longtemps prier..., et cliargeoient une grâce qu'o« leur arrachoit de conditions si désagréables, qu'une plus grande grâce étoit d'obtenir d'eux d'être dispensés de rien recevoir. (I, 3i5 et 3iG.)
Accord avec l'idée de plurulité contenue d;ins on\ voyez le dernier exeinj)le du même article Accord, A.
Tout ce qui se réjouit sur une grâce reçue, ou ce qui s'attriste et se désespère sur un refus, tous auront disparu de dessus la scène. (I, 336.)
Dans ce dernier exemple, on passe du singulier au pluriel, et du neutre au masculin, par l'addition d'un nouveau sujet.
Les deux exemples suivants sont plus hardis et, on peut le dire, peu corrects :
Le fond des caractères qui y sont décrits sont pris de la même source. (I, 12 et note 4.)
Le commun des liommes vont de la colère à l'injure. (II, 16 et note i.)
De ces deux exemples, le premier <l.ite de la i"^ édition, le second de la 4*^- l'our celui-là, l'auteur a changé le pluriel eu singulier, à partir de la 5"; ])our celui-ci, :* ])artir de la 6'' ; c'est-à-dire l'un a la syllepse dans quatre éditions successives , l'autre dans deux seulement.
Dans la phrase qui suit, il y a moins syllepse ou ellipse qu'oubli :
Je commencerai à lui faire lire les mémoires à François I, pour
suivre cette jiratique dans les suivants jusqu'à celui-ci. (II, 495.) Dans les règnes suivants jusqu'à ce règne-ci.