I. Voyez, \e Journal des Savants, I7i3, p. 433-44i
a. Au tome I, p. 100, ligne 26, nous avons donné par erreur la date du 1 1 mars.
3. Histoire des ouvrages des savants, décenil)re 1700, p. 332.
4' Voyez, l'article critique des Mémoires de Trévoux, mars-avril 17OI, p. 76-82.
nuateur de Moréri'. Cette notice demeura cependant inaperçue de Coste, qui, comme la plupart de ses contemporains , mettait au compte de Yigaeul-Marville, c'est-à-dire de Bonaventure d'Argonne, les Sentiments critiques sur les Caractères : l'abbé de Saint-Léger a accepté l'attribution, et de nos jours Barbier l'a consacrée*.
Nous avons déjà restitué sans bésitation à Jacques Brillon cette œuvre de peu d'intérêt ^, Auteur d'une imitation de la Bruyère qu'il avait intitulée le Théopliraste moderne (voyez plus liant, p. 187 et 1S8, nos 26 et 26 his), et désireux d'appeler sur sa production l'attention publique, Brillon avait attaqué lui-même et tout à la fois son propre livre et celui de la Bruyère. Les Sentiments critiques contiennent alternativement une lettre de l'auteur, adressée à un correspondant de province qu'il appelle le Solitaire et consacrée à l'examen du Tliéophraste moderne^ et la réponse du correspondant, qui fait à son tour la critique d'un cbapitre des Caractères de la Bruyère,
L'auteur avait d'abord marqué dans son titre le double objet de son livre, ainsi intitulé dans le privilège : Sentiments critiques sur les Caractères du Tliéophraste moderne et de M. de la Bruyère ; Brillon, le Tliéophraste moderne^ avait le j^as sur son modèle. Mais le libraire crut sans doute plus habile, dans l'intérêt de la vente, de ne mentionner que la Bruyère, et le titre, assez singulièrement abrégé, annonça incomplètement ce que le livre contenait, et imposa aux Caractères de la Bruyère une appellation inexacte "*,
Brillon se juge parfois avec sévérité, accusant l'auteur du Théo— phraste moderne d'une présomption sans égale, le traitant de plagiaire effronté, et signalant les larcins plus ou moins déguisés qu'il fait aux moralistes de son temps et particulièrement à la Bruyère ''. Il ne se traite pas toujours aussi mal, à vrai dire : ce Tliéophraste moderne contient, à son avis, a plusieurs bons caractères, » parfois « des traits excellents, » et a beaucoup de vif, beaucoup de vrai, même du nouveau®. »
« Soit qu'il craigne la censure, dit-il ailleurs parlant de l'auteur du Théophraste moderne^ c'est-à-dire de lui-même, ou que son état ne lui permette pas de se produire, il n'est point connu dans le monde. On ne s'empresse même pas beaucoup de l'y connoître (ajoute-t-il modestement), persuadé que ce n'est point un habile homme'. »
Brillon, auteur du Théophraste moderne^ se piquait d'avoir obtenu des encouragements de la Bruyère, et nous n'étions pas éloigné de le croire sur parole " ; mais Brillon, auteur des Sentiments critiques, nous avertit qu'il y a là a un tour d'auteur.... Je me défie, ajoute-t-il,
1. « Le continuateur de Moréri.... a parlé de Pierre-Jacques Brillon, écuyer, avocat au Parlement, et n'a pas dédaigné de louer ses œuvres de littérature et de jurisprudence; c'est moi. » [Dictionnaire des Arrêts, édit. de 1727, in-f", tome I, p. 989.)
2. Défense de M. la Bruyère, etc., par P. Coste, dans l'édition de 1740 des Caractères, tome II, p. 569, et Barbier, Dictionnaire des ouvrages anonymes, 1824, tome 111, p. 253; les récents éditeurs de ce dernier ouvrage (1877) citent notre opinion, mais ne se prononcent pas eux-mêmes entre Brillon, Vigneul-Mar^ille et de Villiers.
3. Tome 1, p. 99 et 100. 11 peut être remarqué que dans l'édition de 1737 des yies des }ilus célèbres jurisconsultes, oa l'on trouve (p. 606) des détails très-circonstanciés sur Brillon, les Sentiments critiques ne sont point cités parmi ses ouvrages. Aurait-il compris, dans les dernières années de sa vie, que la paternité ne pouvait lui en être glorieuse?
4.. Voyez ce que dit l'auteur sur la tyrannie des libraires quant aux titres, p. 29 et 3o.