Fête de Cérès. Voyez ci-dessus. (Note de la Bruyère
7. En François, « la Fête des tromperies. » Elle se faisoit en l'honneur de Bacchus. Son origine ne fait rien aux mœurs de ce chapitre. (Note de la Bruyère.)
8. Secondes Bacchanales, qui se célébroient en hiver à la campagne. (Note de la Bruyère.)
9. Var. (édit. 1-4) : qui est de s'enfuir de toule sa force et sans regarder derrière soi. — En 1690, la Bruyère a emprunté à sa traduction les mots qu'il a supprimés ici, pour les transporter à la fin d'une réflexion qu'il insérait dans la cinquième édition de ses Carac-
LES CARACTÈRKS DK THÉOPHRASTE. \\
veut du luoiiis éviter la fièvre-, car quel moyen de pouvoir tenir contre des gens qui ne savent pas discerner ni votre loisir ni le temps de vos affaires?
DE LA RUSTICITE.
Il semble que la rusticité n'est autre chose qu'une ignorance grossière des bienséances. L'on voit en effet des gens rustiques et sans réflexion sortir un jour de médecine*, et se trouver en cet état dans un lieu public parmi le monde; ne pas faire la différence de l'odeur forte du thym ou de la marjolaine d'avec les parfums les plus délicieux; être chaussés large et grossièrement; parler haut et ne pouvoir se réduire à un ton de voix modéré; ne se pas fier à leurs amis sur les moindres affaires , pendant qu'ils s'en entretiennent avec leurs domestiques, jusques à rendi e compte à leurs moindres valets de ce qui aura été dit dans une assemblée publique. On les voit assis, leur robe relevée jusqu'aux genoux*'^ et d'une manière indécente. Il ne leur arrive pas en toute leur vie de rien admirer, ni de paroître surpris des choses les plus extraordinaires que Ton rencontre sur les chemins; mais si c'est un bœuf, un âne, ou un vieux bouc, alors ils s'arrêtent et ne se lassent point de les contempler. Si quelquefois ils entrent dans leur cuisine, ils mangent avidement tout ce qu'ils y trouvent, boivent
tèreSf publiée cette même année. Voyez le chapitre de la Société et de la Convei'sat'ion^ n" 27.
1. Le texte grec nomme une certaine drogue qui rendoit l'haleine fort mauvaise le jour qu'on l'avoit prise. [Note de la Bruyère.) — Le mot grec /.uxstJJv, employé par Théophraste, signifie plutôt une sorte de mixtion qu'une drogue en particulier.
2. Dans les sept premières éditions : œ jusques aux genoux. t>
hi LES CARACTERES DE THÉOPHRASTE.
tout d'une haleine une grande tasse de vin pur ; ils se cachent pour cela de leur servante, avec qui d'ailleurs ils vont au moulin, et entrent dans les plus petits détails du domestique. Ils interrompent leur souper, et se lèvent pour donner une poignée d'herbes aux bêtes de charrue* qu'ils ont dans leurs étables. Heurte-t-on à leur porte pendant qu'ils dînent, ils sont attentifs et curieux. Vous* remarquez toujours proche de leur table un gros chien de cour, qu'ils appellent à eux, qu'ils empoignent par la gueule, en disant : « Voilà celui qui garde la place, qui prend soin de la maison et de ceux qui sont dedans. » Ces gens, épineux dans les payements qu'on leur fait', rebutent un grand nombre de pièces qu'ils croient légères, ou qui ne brillent pas assez à leurs yeux, et qu'on est obligé de leur changer. Ils sont occupés pendant la nuit d'une charrue, d'un sac, d'une faux, d'une corbeille, et ils révent à qui ils ont prêté ces ustensiles; et lorsqu'ils marchent par la ville : « Combien vaut, demandentils aux premiers qu'ils rencontrent, le poisson salé ? Les fourrures se vendent-elles bien? N'est-ce pas aujourd'hui que les jeux nous ramènent une nouvelle lune*? » D'autres fois, ne sachant que dire, ils vous apprennent qu'ils vont se faire raser, et qu'ils ne sortent que pour cela.
1. Des bœufs. {Note de la Bruyère.) — Dans les éditions 8 et 9 : « de charrues, a
2. Cette phrase, dont la Bruyère a un peu amplifié le commencement, n'en forme qu'une avec la précédente dans les éditions modernes du texte grec ; mais elle en était détachée, comme ici, dans les éditions anciennes dont il s'est servi.