‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 183 sur 373 · I. Var. (édit. 1-4) : à Zélotes · texte numérisé non relu

I. Var. (édit. 1-4) : à Zélotes

1. Var. (édit. 1-7) : Je l'excuse, et n'en demande pas davantage.

3. Var. (édit. 1-4): d'être touchés vivement de très-belles choses, — a Moquons-nous donc de cette chicane où ils veulent assujettir le goût du public , et ne consultons dans une comédie que l'effet qu'elle fait sur nous. Laissons-nous aller de bonne foi aux choses qui nous prennent par les entrailles, et ne cherchons point de raisonnement pour nous empêcher d'avoir du plaisir. » (Molière, la Critique de l'Ecole des femmes^ scène vi.)

parmi les habiles : ils ne hasardent point leurs suffrages, et ils veulent être portés par la foule et entraînés par la multitude. Ils disent alors qu'ils ont les premiers approuvé cet ouvrage, et que le public est de leur avis.

Ces gens laissent échapper les plus belles occasions de nous convaincre qu'ils ont de la capacité et des lumières, qu'ils savent juger, trouver bon ce qui est bon, et meilleur ce qui est meilleur. Un bel ouvrage tombe entre leurs mains, c'est un premier ouvrage, l'auteur ne s'est pas encore fait un grand nom, il n'a rien qui prévienne en sa faveur, il ne s'agit point de faire sa cour ou de flatter les grands en applaudissant à ses écrits; on ne vous demande pas, Zèlotes ^ de vous récrier : Cest un cheféC œuvre de V esprit; V humanité ne va pas plus loin; cest jusqu^oîi la parole humaine peut s'' élever'^; on ne jugera à l'avenir du goût de quelquun quà proportion quil en aura pour cette pièce; phrases outrées, dégoûtantes, qui sentent la pension ou l'abbaye % nuisibles à cela même qui est louable et qu'on veut louer. Que ne disiezvous seulement : « Voilà un bon livre ? » Vous le dites, il est vrai, avec toute la France, avec les étrangers comme avec vos compatriotes, quand il est imprimé par toute l'Europe et qu'il est traduit en plusieurs langues : il n'est plus temps. (ÉD. 6.)

1. Le membre de phrase « c'est jusqu'où la parole humaine peut s"* élever » a été inséré pour la première fois dans la 8^ édition. — a La mesure de l'approbation qu'on donne à cette pièce, écrit Mme de Sévigné en racontant l'une des représentations à'Esther à Saint-Cyr, c'est celle du goût et de l'attention. » [Lettre du 21 février 1689, tome VIII, p. 478.) La réflexion de la Bruyère a été publiée deux ans après la représentation d'Esther à Saint-Cyr; mais connaissait-il la lettre de Mme de Sévigné? et s'il la connaissait, est-ce de cette phrase qu'il entendait faire la critique ? On en peut douter.

2. C'est-à-dire telles que les doivent faire ceux qui sollicitent une pension ou une abbaye.

Quelques-uns* de ceux qui ont lu un ouvrage en rapportent certains traits dont ils n'ont pas compris le sens, et qu ils altèrent encore par tout ce qu'ils y mettent du leur; et ces traits ainsi corrompus et défigurés, qui ne sont autre chose que leurs propres pensées et leurs expressions, ils les exposent à la censure, soutiennent qu'ils sont mauvais, et tout le monde convient qu'ils sont mauvais; mais l'endroit de l'ouvrage que ces critiques croient citer, et qu'en effet ils ne citent point, n'en est pas pire^.

I. Les pages qui précèdent contiennent plusieurs alinéa que la Bruyère a publiés pour la première fois dans la 4® édition; mais comme aucun d'eux ne forme une réflexion isolée, et par conséquent n'est accompagné d'un pied de mouche, ces alinéa n'ont pu recevoir le signe particulier que l'auteur, dans sa 5^ édition, avait promis de placer à côté des remarques insérées pour la première fois en 1689, c'est-à-dire dans la 4^ édition. Cet alinéa-ci est donc le premier qui, dans l'édition de 1690, soit précédé du pied de mouche entre parenthèses (^). En marge se lit cette note ; « Marque qui désigne la première augmentation de l'année 1689. '^ ^^ marque et la note ont disparu dans la 6^ édition. Voyez ci-dessus, p. 109 et iio.

a. Quintilien l'avait déjà dit : « Modeste tamen et circumspecto « judicio de tantis viris pronuntiandum est, ne, quod plerisque accidit, « damnent quae non inteiligunt. » {De Institutione oratoria, livre X, chapitre i, 26.) Dans la préface à'Iphigénie (1675), Racine proposa ce passage aux méditations de Charles Perrault, l'ardent adversaire des anciens; la Bruyère en fait à son tour le commentaire. Plus tard Boileau traduira la même pensée en épigramme :

D'où vient que Cicéron, Platon, Virgile, Homère, Et tous ces grands auteurs que l'univers révère. Traduits dans vos écrits nous paroissent si sots? P"^* [Perrault), c'est qu'en prêtant à ces esprits sublimes Vos façons de parler, vos bassesses, vos rimes. Vous les faites tous des P**.

Si cette épigramme n'a été composée, comme le pensait M. Berriat-Saint-Prix, qu'après la publication du III^ volume des Parallèles des anciens et des modernes (1692), la réflexion de la Bruyère est antérieure de trois ou quatre ans.

23. a Que dites-vous du livre à' Hermodore ? — Qu'il est mauvais, répond Jnthime, — Qu il est mauvais? — Qu'il est tel, coiitinue-t-il, que ce n'est pas un livre, ou qui mérite du moins que le monde en parle. — Mais l'avezvous lu? — Non, » dit Anthime. Que n'ajoute-t-il que Fuhie et 31 élanie Vont condamné sans l'avoir lu, et qu'il est ami de Fulvie et de Mélanie* ? (éd. 4*)

^4. Arsène, du plus haut de son esprit, contemple les hommes, et dans l'éloignement d'où il les voit^, il est comme effrayé de leur petitesse; loué, exalté, et porté jusqu'aux cieux par de certaines gens qui se sont promis de s'admirer réciproquement, il croit, avec quelque mérite qu'il a, posséder tout celui qu'on peut avoir, et qu'il n'aura jamais; occupé et rempli de ses sublimes idées, il se donne à peine le loisir de prononcer quelques oracles ; élevé par son caractère au-dessus des jugements humains, il abandonne aux âmes communes le mérite d'une vie suivie et uniforme, et il n'est responsable de ses inconstances qu'à ce cercle d'amis qui les idolâtrent : eux seuls savent juger, savent penser, savent écrire, doivent écrire ; il n'y a point d'autre ouvrage d'esprit si bien reçu dans le monde, et si universellement goûté des honnêtes gens, je ne dis pas qu'il veuille approuver, mais qu'il daigne lire : incapable d'être corrigé par cette peinture, qu'il ne lira point', (éd. 4-)

1. Sous une forme nouvelle, c'est la première partie de la scène ▼ de la Critique de C Ecole des femmes.

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