Var. (édit. 1-3) : soit pour sa versification
2. Le vrai titre de la pièce est Horace^ au singulier ; mais Corneille lui-même a employé le pluriel, les Horaces, dans V a^s'is, au Lecteur de sa Sophonisbe (i 663). Voyez le Corneille de M. Marty-Laveaux, tome VI, p. 4^4 > note I.
3. Porus, dans V Alexandre àe'KdLCine', Burrhus,dans son Brltannîcus.
4. « C'est une chose étrange, a écrit Voltaire, que le difficile et concis la Bruyère, dans son parallèle de Corneille et de Racine, ait dit les Horaces et OEd'ipe ; mais il dit aussi Phèdre et Pénélope (il faut lire : Bérénice et Pénélope; voyez ci-dessus, p. i34) r ^'oilà comme l'or et le plomb sont confondus souvent, s {Remarques sur OEdipe, pièces préliminaires.) — La Bruyère cite la tragédie à'OEdips comme l'une des plus pathétiques de Corneille, et non comme l'une de ses meilleures ; mais elle avait obtenu le plus grand succès auprès du public, et les contemporains la plaçaient parmi les chefs-d'œuvre de l'art dramatique (voyez au tome VI, p. 126 et 129, du Corneille de M. Marty- Laveaux l'avis au Lecteur et V Examen en tête à'OEdipe^ la Gazette de France du i5 février 1639, la Muse historique^ de Loret, des 26 janvier et 8 février lôSg, Saint-Evremond, OEurres, tome IV, p. 3i, etc.). —
i/,2 DES OUVRAGES DE L'ESPRIT.
de Corneille, en sont la preuve. Si cependant il est permis de faire entre eux quelque comparaison, et les marquer l'un et Fautre par ce qu'ils ont eu de plus propre et par ce qui éclate le plus ordinairement dans leurs ouvrages, peut-être qu'on pourroit parler ainsi : « Corneille nous assujettit à ses caractères et à ses idées , Racine se conforme aux nôtres * ; celui-là peint les hommes comme ils devroient être, celui-ci les peint tels qu'ils sont. Il y a plus dans le premier de ce que l'on admire, et de ce que l'on doit même imiter ; il y a plus dans le second de ce que l'on reconnoît dans les autres, ou de ce que l'on éprouve dans soi-même. L'un élève , étonne , maîtrise, instruit; l'autre plaît, remue, touche, pénètre. Ce qu'il y a de plus beau , de plus noble et de plus impérieux dans la raison , est manié par le premier ; et par l'autre, ce qu'il y a de plus flatteur et de plus délicat dans la passion. Ce sont dans celui-là des maximes, des règles, des préceptes *, et dans celui-ci, du goût et des sentiments. L'on est plus occupé aux pièces de Corneille; l'on est plus ébranlé et plus attendri à celles de Racine. Corneille est plus moral. Racine plus naturel. Il semble que l'un imite Sophocle, et que l'autre doit plus à Euripide^. »
Au surplus, quels que fussent, au moment où il écrivait ce parallèle (1687), 1^^ sentiments de la Bruyère sur OEt/ipe , nous le verrons protester dans son Discours à V Académie française (1693) contre l'enthousiasme que cette pièce avait tout d'abord excité.