f Neque vero mllii quldquam prsestabilius videtur qiiam
« posse dicendo tenere hominum cœtus, mentes alllcere, voluntates « impellere quo velit, unde autem velit deducere. » (Cïcéron ^ de Ora~ tore^ livre I, chapitre viii.)
2. Boileau avait publié en 1674 le Traité du sublime ou du mer~ veilleux dans le discours, traduit du grec de Longin. La critique de la Bruyère s'adressait à la fois sans doute à l'auteur du traité et à son interprète, qui, dans la préface de sa traduction, avait plutôt décrit que défini le sublime. Boileau ne fît aucune allusion à cette remarque dans ce qu'il ajouta en 1701 à sa préface, ni dans les Réflexions critiques sur quelques passages du rhéteur Longin^ qu'il y joignit en 171 3. a II faut savoir, avait dit Boileau, que par sublime Longin n'entend pas ce que les orateurs appellent le style sublime, mais cet extraordinaire et ce merveilleux qui frappe dans le discours , et qui fait qu'un ouvrage enlève, ravit, transporte. Le style sublime veut toujours de grands mots; mais le sublime se peut trouver dans une
seule pensé:^, dans une seule figure, dans un seul tour de paroles
Il faut entendre par sublime, dans Longin, l'extraordinaire, le sur-
i44 I>ES OUVRAGES DE L'ESPRIT.
moins de quelques figures * ? Tout genre d'écrire reçoit-il le sublime, ou s'il n'y a que les grands sujets qui en soient capables ? Peut-il briller autre chose dansl'églogue qu'un beau naturel, et dans les lettres familières comme dans les conversations qu'une grande délicatesse? ou plutôt le naturel et le délicat^ ne sont-ils pas le sublime des ouvrages dont ils font la perfection ? Qu'est-ce que le sublime? Où entre le sublime? (éd. 4-)
Les synonymes sont plusieurs dictions ou plusieurs phrases différentes qui signifient une même chose. L'antithèse est une opposition de deux vérités qui se donnent du jour l'une à l'autre * . La métaphore ou la comparai-
prenant, et, comme je l'ai traduit, le merveilleux dans le discours. »
— « Je ne m'arrêterai point, ditLongin, traduit par Boileau, sur
beaucoup de choses qu'il m'eût fallu établir avant que d'entrer en matière, pour montrer que le sublime est en effet ce qui forme l'excellence et la souveraine perfection du discours » (Chapitre i.) —
a La marque infaillible du sublime, c'est quand nous sentons qu'un discours nous laisse beaucoup à penser ; qu'il fait d'abord un effet sur nous auquel il est bien difficile, pour ne pas dire impossible, de résister; et qu'ensuite le souvenir nous en dure et ne s'efface qu'avec peine. En un mot, fîgurez-vous qu'une chose est véritablement sublime quand vous voyez qu'elle plaît universellement et dans toutes ses parties. » (Chapitre v.) — Voyez encore ci-dessus, p. 126, note i.
1. « Il y a, pour ainsi dire, cinq sources principales du sublime
La troisième n'est autre chose que les figures tournées cVune certaine manière, » (Longin, Traité du sublime , traduction de Boileau, chapitre VI.) — « Il faut maintenant parler des figures,... car, comme j'ai dit, elles ne font pas une des moindres parties du sublime lorsqu'on leur donne le tour qu'elles doivent avoir. Mais ce seroit un ouvrage de trop longue haleine, pour ne pas dii'e infini, si nous voulions faire ici une exacte recherche de toutes les figures qui peuvent avoir place dans le discours. C'est pourquoi nous nous contenterons d'en parcourir quelques-unes des principales, je veux dire celles qui contribuent le plus au sublime, seulement afin de faire voir que nous n'avançons rien que de vrai » [IbiJetn^ chapitre xiv.)