‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 197 sur 373 · Var. (édit. 4-6) .* ou plutôt le naïf et le délicat · texte numérisé non relu

Var. (édit. 4-6) .* ou plutôt le naïf et le délicat

3. « Ceux qui font les antithèses en forçant les mots sont comme

DES OUVRAGES DE L'ESPRIT. i/i5

son emprunte d'une chose étrangère une image sensible et naturelle d'une vérité. L'hyperbole exprime au delà de la vérité pour ramener l'esprit à la mieux connottre. Le sublime ne peint que la vérité, mais en un sujet noble; il la peint toute entière, dans sa cause et dans son effet; il est l'expression ou l'image la plus digne de cette vérité. Les esprits médiocres ne trouvent point l'unique expression, et usent de synonymes. Les jeunes gens sont éblouis de l'éclat de l'antithèse, et s'en servent. Les esprits justes, et qui aiment à faire des images qui soient précises, donnent naturellement dans la comparaison et la métaphore. Les esprits vifs, pleins de feu, et qu'une vaste imagination emporte hors des règles et de la justesse, ne peuvent s'assouvir de l'hyperbole. Pour le sublime, il n'y a, même entre les grands génies*, que les plus élevés qui en soient capables^, (éd. 4-)

Tout écrivain , pour écrire nettement , doit se mettre 56. à la place de ses lecteurs, examiner son propre ouvrage comme quelque chose qui lui est nouveau, qu'il lit pour la première fois, où il n'a nulle part, et que l'auteur auroit soumis à sa critique ; et se persuader ensuite qu'on n'est pas entendu seulement à cause que l'on s'entend soi-même, mais parce qu'on est en effet intelligible. (ÉD. y.)

L'on n'écrit que pour être entendu; mais il faut du Sy.

ceux qui font ^e fausses fenêtres pour la symétrie. » (Pascal, Pensées^ p. iio, édition de M. Havet.)

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