Var. (édlt. i et 2) : et ne rien faire
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leur nom , et que méditer, parler, lire, et être tranquille s'appelât travailler.
Un homme de mérite, et qui est en place, n'est jamais l^. incommode par sa vanité; il s'étourdit moins du poste qu'il occupe qu'il n'est humilié par un plus grand qu'il ne remplit pas et dont il se croit digne : plus capable d'inquiétude que de fierté ou de mépris pour les autres, il ne pèse qu'à soi-même.
Il coûte à un homme de mérite de faire assidûment sa i4cour, mais par une raison bien opposée à celle que l'on pourroit croire : il n'est point tel sans une grande modestie, qui l'éloigné de penser qu'il fasse le moindre plaisir aux princes s'il se trouve sur leur passage, se poste devant leurs yeux, et leur montre son visage : il est plus proche de se persuader qu'il les importune, et il a besoin de toutes les raisons tirées de l'usage et de son devoir pour se résoudre à se montrer. Celui au contraire qui a bonne opinion de soi, et que le vulgaire appelle un glorieux, a du goût à se faire voir, et il fait sa cour avec d'autant plus de confiance qu'il est incapable de s'imaginer que les grands dont il est vu pensent autrement de sa personne qu'il fait lui-même. (éd. 4-)
Un honnête homme se paye par ses mains de l'applica- i^» tion qu'il a à son devoir par le plaisir qu'il sent à le faire, et se désintéresse sur les élo2res, l'estime et la reconnoissance qui lui manquent quelquefois.
Si j'osois faire une comparaison entre deux conditions it). tout à fait inégales, je dirois qu'un homme de cœur pense à remplir ses devoirs à peu près comme le couvreur songe à couvrir : ni l'un ni l'autre ne cherchent à exposer
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leur vie, ni ne sont détournés par le péril; la mort pour eux est un inconvénient dans le métier , et jamais un obstacle. Le premier aussi n'est guère plus vain d'avoir paru à la tranchée, emporté un ouvrage ou forcé un retranchement, que celui-ci d'avoir monlé sur de hauts combles ou sur la pointe d'un clocher. Ils ne sont tous deux appliqués qu'à bien faire, pendant que le fanfaron travaille à ce que l'on dise de lui qu'il a bien fait.
7. La modestie est au mérite ce que les ombres sont aux figures dans un tableau : elle lui donne de la force et du relief, (éd. 8.)
Un extérieur simple est l'habit des hommes vulgaires, il est taillé pour eux et sur leur mesure; mais c'est une parure pour ceux qui ont rempli leur vie de grandes actions : je les compare à une beauté négligée, mais plus piquante, (éd. 8.)
Certains honnues, contents d'eux-mêmes, de quelque action ou de quelque ouvrage qui ne leur a pas mal réussi, et ayant ouï dire que la modestie sied bien aux grands hommes, osent être modestes, contrefont les simples et les naturels: semblables à ces gens d'une taille médiocre qui se baissent aux portes, de peur de se heurter. (ÉD. 8.)
8. Votre fils est bègue : ne le faites pas monter sur la tribune. Votre fille est née pour le monde : ne l'enlermez pas parmi les vestales. JT^/^/Zz//^, votre affranchi, est foible et timide : ne différez pas, retirez-le des légions et de la milice. « Je veux l'avancer, » dites-vous. Comblez-le de biens , surchargez-le de terres, de titres et de possessions*; servez-vous du temps; nous vivons dans
Var. (édit. 6) : de terres et de possessions.
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un siècle où elles lai feront plus d'honneur que la vertu. « Il m'en coùteroit trop , « ajoutez-vous. Parlez-vous sérieusement, Crassus? Songez-vous que c'est une goutte d'eau que vous puisez du Tibre pour enrichir Xanthus que vous aimez, et pour prévenir les honteuses suites* d'un engagement où il n'est pas propre? (éd. 6.)
Il ne faut regarder dans ses amis que la seule vertu qui ip. nous attache à eux, sans aucun examen de leur bonne ou de leur mauvaise fortune; et quand on se sent capable de les suivre dans leur disgrâce, il faut les cultiver hardiment et avec confiance jusque dans leur plus grande prospérité, (éd. 4-)
S'il est ordinaire d'être vivement touché des choses 20. rares, pourquoi le sommes-nous si peu de la vertu?
S'il est heureux d'avoir de la naissance, il ne Test pas 21. moins d'être tel qu'on ne s'informe plus si vous en avez. (ÉD. 4-)
II apparoît de temps @n temps sur la surface de la 22* terre ^ des hommes rares, exquis, qui brillent par leur vertu, et dont les qualités éminentes jettent un éclat prodigieux. Semblables à ces étoiles extraordinaires dont on ignore les causes, et dont on sait encore moins ce qu'elles deviennent après avoir disparu, ils n'ont ni aïeuls ni descendants ; ils composent seuls toute leur race. (éd. 5.)