Var. (édit. 5-8) : sur la face de la terre
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i>.3. Le bon esprit nous découvre notre devoir, notre engagement à le faire, et s'il y a du péril, avec péril : il inspire le courage, ou il y supplée, (éd. 4-)
24. Quand on excelle dans son art, et qu'on lui donne* toute la perfection dont il est capable. Ton en sort en quelque manière, et l'on s'égale à ce qu'il y a de plus noble et de plus relevé. V** est un peintre, G** un musicien, et l'auteur de Pyrame est un poëte • mais Mignard est Mignard , Lulli est Lulli , et CorxNEiLLE est Corneille^.
1. Var. (édit. I et certains exemplaires de 2) : et que l'on lui donne.
2. Tous les contemporains ont reconnu l'un des Vignon dans le peintre V**, et Celasse dans le musicien C**. Claude-François Vignon, célèbre peintre du temps j membre de l'Académie de peinture, mourut en 1670, laissant deux fîls : l'un, Claude-François Vignon, peintre d'histoire, qui faisait partie de l'Académie depuis plus de vingt années lorsque la Bruyère publia cette réflexion, et l'autre, Philippe, peintre de portraits, qui venait d'y entrer (3o août 1687); le premier mourut en 1708, âgé de soixante-neuf ans; le second en 1701, âgé de cinquante-sept ans. — Pascal Colasse, élève de Lulli (mais non point son gendre, ainsi que l'ont dit Walckenaer et M. Destailleur), venait de faire jouer Achille et Polyxcne (aS novembre 1687), lorsque fut imprimée la première édition des Caractères. Les paroles de cette tragédie lyrique étaient de Campistron; Lulli avait composé l'ouverture et la musique du premier acte. Avant d'achever cet opéra, Colasse avait composé des motets et des cantiques. Il était l'un des maîtres de la musique du Roi depuis i683. — L'auteur de Pyrame est Pradon : à l'époque ou la Bruyère parlait ainsi de lui, il avait fait jouer les tragédies de Pyrame et Thishé (1674), Tamerlan (1676), Phèdre et H'ippolyte (3 janvier 1677), la Troade et Statïra (1679). — Lulli était mort depuis quelques mois (22 mars 1687) lorsque parut la première édition des Caractères, qui contenait cet alinéa. — Quant à Pierre Mignard, il vivait encore à cette époque. C'est par suite d'une évidente confusion que quelques éditeurs ont assigné la date de 1668 à la mort du Mignard que nomme la Bruyère : il s'agit de Pierre Mignard, qui mourut en i(;95, et non de son frère Nicolas, qui mourut en effet dans l'année 1668.
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Un homme libre, et qui n'a point de femme, s'il a 25. quelque esprit peut s'élever au-dessus de sa fortune, se mêler dans le monde, et aller de pair avec les plus honnêtes gens. Cela est moins facile à celui qui est engagé : il semble que lie mariage met tout le monde dans son ordre.
Après le mérite personnel, il faut l'avouer, ce sont les 26. émincntes dignités et les grands titres dont les hommes tirent plus de distinction et plus d'éclat j et qui ne sait être un Erasme doit penser à être évêque. Quelques-uns, pour étendre leur renommée, entassent sur leurs personnes des pairies, des colliers d'ordre, des primaties, la pourpre, et ils auroient besoin d'une tiare; mais quel besoin a Trophime^ d'être cardinal? (éd. 4-)
L'or éclate, dites-vous, sur les habits de Philémon. — 27. Il éclate de même chez les marchands. — Il est habillé des plus belles étoffes. — • Le sont-elles moins toutes déployées dans les boutiques et à la pièce ? — Mais la broderie et les ornements y ajoutent encore la magnificence. — Je loue donc le travail de l'ouvrier. — Si on lui demande quelle heure il est, il tire une montre qui est un chef-d'œuvre; la garde de son épée est un onyx^;
I. Dans la lo^ édition, clans les éditions du dix-huitième siècle et dans toutes les éditions modernes jusqu'à celle de Walckenaer, le nom de Troph'irne a été remplacé par celui de Bénigne, qui désignerait clairement Bossuet. Mais il n'est point certain que la Bruyère ait voulu faire une allusion à l'évéque de Meaux. Les plus anciennes clefs appliquent cette phrase à Etienne le Camus, évêque de Grenohle, qui avait été nommé cardinal en 1686 contre la volonté du Roi. Aoyez Vy^ppendlce.
'1. Agate. (Note de la Bruyère.) « Onyce, dit le Dictionnaire de r Académie de 1694, espèce d'agate très-fine, de couleur blanche et brune. » — La 5^ édition porte : une onix; l'Académie, dans sa
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il a au doigt un gros diamant qu'il fait briller aux yeux, et qui est parfait; il ne lui manque aucune de ces curieuses bagatelles que l'on porte sur soi autant pour la vanité que pour l'usage, et il ne se plaint non plus toute sorte de parure qu'un jeune homme qui a épousé une riche vieille. — Yous-m'inspirez enfin de la curiosité; il faut voir du moins des choses si précieuses* : envovez-moi cet habit et ces bijoux de Philémon ; je vous quitte de la personne. (ÉD. 5.)
Tu te trompes, Philémon^, si avec ce carrosse brillant, ce grand nombre de coquins qui te suivent, et ces six bétes qui te traînent, tu penses que l'on t'en estime davantage : l'on écarte tout cet attirail qui t'est étranger, pour pénétrer jusques à toi, qui n'es qu'un fat.
Ce n'est pas qu'il faut quelquefois pardonner à celui qui, avec un grand cortège, un habit riche et un magnifique équipage, s'en croit plus de naissance et plus d'esprit ^ : il lit cela dans la contenance et dans les yeux de ceux qui lui parlent.
28. Un homme à la cour, et souvent à la ville, qui a un long manteau de soie ou de drap de Hollande^, une ceinture large et placée haut sur Testomac, le soulier de
première édition (i694)> f^i*^ également onycc du féminin. Toutes les éditions du dix-septième siècle donnent onix^ et non onyx; dans la note elles ont agathe.