Var. (édit. 5 et 6) : à ce qu'on hait
4* Var. (édit. 6-9) : de ne leur en point faire. — Nous avons écarté du texte cette leçon, bien qu'elle ait pris place dans les quatre dernières des éditions qu'a revues la Bruyère. Que ce soit la Bruyère lui-même ou le correcteur de l'imprimerie qui ait substitué le mot leur au mot /ai, peut-être l'auteur de la substitution avait-il entendu lire la phrase, au lieu de la lire lui-même, et avait-il dans l'oreille ou dans l'esprit ceux qiCon aime, et non ce quon aime.
5. La Rochefoucauld avait dit au contraire (n» cccxvii) : a Ce n'est pas un grand malheur d'obliger des ingrats, » ajoutant aussitôt : 0 mais c'en est un insupportable d'être obligé à un malhonnête homme. » On peut opposer la première partie de la phrase à la réflexion 4<^ de la Bruyère, et rapprocher la seconde de la réflexion qui est placée plus haut sous le n» 22.
La libéralité consiste moins à donner beaucoup qu'à 47» donner à propos*, (éd. 7.)
S'il est vrai que la pitié ou la compassion soit un retour 4^. vers nous-mêmes qui nous met en la place des malheureux, pourquoi tirent-ils de nous si peu de soulagement dans leurs misères? (éd. 5.)
Il vaut mieux s'exposer à l'ingratitude que de manquer aux misérables, (éd. 5.)
L'expérience confirme que la mollesse ou l'indulgence ^ 49* pour soi et la dureté pour les autres n'est qu'un seul et même vice. (éd. 5.)
Un homme dur au travail et à la peine, inexorable à 5o. soi-même, n'est indulgent aux autres que par un excès de raison, (éd. 5.)
Quelque désagrément qu'on ait à se trouver chargé 5i. d'un indigent, l'on goûte à peine les nouveaux avantages qui le tirent enfin de notre sujétion : de même la joie que l'on reçoit de l'élévation de son ami est un peu balancée par la petite peine qu'on a de le voir au-dessus de nous ou s'égaler à nous. Ainsi l'on s'accorde mal avec soi-même; car l'on veut des dépendants, et qu'il n'en coûte rien ; l'on veut aussi le bien de ses amis , et s'il arrive, ce n'est pas toujours par s'en réjouir que l'on commence, (éd. 5.)
On convie, on invite, on offre sa maison, sa table, son 52. bien et ses services : rien ne coûte qu'à tenir parole . (éd . y.)
I. a Assez de gens méprisent le bien, mais peu savent le donner. » (La Rochefoucauld, n° ceci.)
a. Il y a ici une faute étrange dans la 8® édition : « l'ingratitude, » au lieu de a. l'indulgence. »
2o8 DU COEUR.
53. C'est assez pour soi d'un fidèle ami; c'est même beaucoup de l'avoir rencontré : on ne peut en avoir trop pour le service des autres, (éd. 4-)
54. Quand on a assez fait auprès de certaines personnes pour avoir dû se les acquérir, si cela ne réussit point, il y a encore une ressource, qui est de ne plus rien faire*.
55. Vivre avec ses ennemis comme s'ils dévoient un jour être nos amis, et vivre avec nos amis comme s'ils pouvoient devenir nos ennemis^, n'est ni selon la nature de la haine, ni selon les règles de l'amitié ; ce n'est point une maxime morale, mais politique ^. (éd. 5.)
5(), On ne doit pas se faire des ennemis de ceux qui, mieux connus, pourroient avoir rang entre nos amis. On doit faire choix d'amis si sûrs et d'une si exacte probité, que venant à cesser de l'être, ils ne veuillent pas abuser de notre confiance, ni se faire craindre comme ennemis*. (éd. 5.)
1. Nous datons cette réflexion delà 4® édition : c'est en effet dans cette édition qu'elle a paru, ainsi rédigée, dans le chapitre du Cœur; mais dès la i"^*^ édition déjà, elle se trouvait, sous une forme un peu différente, dans le chapitre des Femmes. Voyez ci-dessus, p. 188, note 2.
2. c( Vivez avec votre ami comme s'il pouvait devenir votre ennemi ; » c'est l'une des sentences de Publius Syrus :
Ita amîcum habeas^ posse inimicum fieri ut putes.
3. oc Ce précepte, qui est si abominable en ceste souveraine et maistresse amitié, il est salubre en l'usage des amitiez ordinaires et coustumières, à l'endroict desquelles il fault employer le mot qu'Aristote avoit très-famiJier : « O mes amys ! il n'y a nul amy. » (Montaigne, Essais j livre I, chapitre xxvii.)