‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 310 sur 373 · Le vin de la Champagne, le vin de la Brie · texte numérisé non relu

Le vin de la Champagne, le vin de la Brie

3. a De gens en place, » dans les éditions 8 et 9, ce qui est aussi, sans nul doute, une faute d'impression.

qui dépendent d'eux pour le besoin de leurs affaires toutes les traverses qu'ils en peuvent craindre.

Si un grand a quelque degré de bonheur sur les autres 3t. hommes, je ne devine pas lequel, si ce n'est peut-être de se trouver souvent dans le pouvoir et dans Foccasion de faire plaisir; et si elle naît, cette conjoncture, il semble qu'il doive s'en servir. Si c'est en faveur d'un homme de bien, il doit appréhender qu'elle ne lui échappe; mais comme c'est en une chose juste, il doit prévenir la sollicitation, et n'être vu que pour être remercié ; et si elle est facile, il ne doit pas même la lui faire valoir. S'il la lui refuse, je les plains tous deux.

II y a des hommes nés inaccessibles, et ce sont préci- 32. sèment ceux de qui les autres ont besoin , de qui ils dépendent. Ils ne sont jamais que sur un pied; mobiles comme le mercure , ils pirouettent , ils gesticulent , ils crient, ils s'agitent; semblables à ces figures de carton qui servent de montre à une fête publique % ils jettent feu et flamme, tonnent et foudroient : on n'en approche pas, jusquà ce que venant à s'éteindre, ils tombent, et par leur chute deviennent traitables, mais inutiles.

Le suisse, le valet de chambre, l'homme de livrée, 33 s'ils n'ont plus d'esprit que ne porte leur condition, ne jugent plus d'eux-mêmes par leur première bassesse , mais par l'élévation et la fortune des gens qu'ils servent, et mettent tous ceux qui entrent par leur porte, et montent leur escalier, indifféremment au-dessous d'eux

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