‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 322 sur 373 · Var. (édit. 4-6) : par où le calme en peut sortir · texte numérisé non relu

Var. (édit. 4-6) : par où le calme en peut sortir

3. « Il y a grand double s'il se peult trouuer si euident proufit au changement d'ime loy receue, telle qu'elle soit, qu'il y a du mal à la remuer. » (Montaigne, livre I, chapitre xxii). — Montaigne est revenu sur le même sujet dans le chapitre dont nous avons cité un fragment page 363, note 3.

espèce de maux que Ton peut corriger par le changement ou la nouveauté , qui est un mal , et fort dangereux. Il y en a d'autres cachés et enfoncés comme des ordures dans un cloaque , je veux dire ensevelis sous la honte , sous le secret et dans l'obscurité : on ne peut les fouiller et les remuer qu'ils n'exhalent le poison et l'infamie*, les plus sages doutent quelquefois s'il est mieux de connoître ces maux que de les ignorer * . L'on tolère quelquefois dans un Etat un assez grand mal, mais qui détourne un million de petits maux ou d'inconvénients , qui tous seroient inévitables et irrémédiables. Il se trouve des maux dont chaque particulier gémit , et qui deviennent néanmoins un bien public, quoique le public ne soit autre chose que tous les particuliers. Il y a des maux personnels qui concourent au bien et à l'avantage de chaque famille. Il y en a qui affligent, ruinent ou déshonorent les familles , mais qui tendent au bien et à la conservation de la machine de l'Etat et du gouvernement. D'autres maux renversent des Etats, et sur leurs ruines en élèvent de nouveaux. On en a vu enfin qui ont sapé par les fondements de grands empires , et qui les ont fait évanouir de dessus la terre , pour varier et renouveler la face de l'univers. {r.i>. 4.)

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