‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 340 sur 373 · LE ROI · texte numérisé non relu

LE ROI

Quoi que dans ce conseil tu trouves de contraire A l'orgueil d'un espoir excusable en un père, Ouvre les yeuXj Araxe, et moins aveugle voi Le seul zèle d'ami l'inspirer à ton roi.

2. Récréations littéraires ou Anecdotes et remarques sur différents sujets, recueillies par M. C. R***, Paris et Lyon, 1765, in-ia, p. 67.

Que les restes d'un feu que j'avois cru si fort Puissent dans quatie jours se promettre ma mort' ?

L'acteur Baron, chargé du rôle de Domitian, dans lequel se trouvent ces vers, en demanda vainement l'explication à Molière, puis à Corneille lui-même, ajoute Cizeron-Rival : « Je ne les entends pas trop bien non plus , répondit Corneille après les avoir examinés quelque temps; mais récitez-les toujours : tel qui ne les entendra pas les admirera*. »

Le reproche qu'adresse la Bruyère à « certains poètes d était l'un de ceux que renvoyaient tour à tour à Corneille et à Racine les partisans de l'un et de l'autre. Lorsque le Mercure galant^ dans le numéro de janvier-mars 1677, vantait oc la netteté admirable du style de Corneille » et prenait plaisir à opposer a ces sortes d'expressions simples et achevées » que l'on trouve dans ses vers a au style pompeux qui approche fort du galimatias, » ce « style pompeux », chacun le savait bien, était celui de Racine, qui venait de donner Phèdre^. Mais en 1690 la Bruyère, qui avait certainement oublié que pareille critique eût jamais été adressée à Racine, n'avait pas à craindre que l'on se méprît sur sa pensée : l'obscurité de certains vers de Corneille était une sorte de lieu commun dans les conversations littéraires du temps.

Page ii5, n° 9. — L'on rCa guère vu jusques a présent un chef-d'œuvre

d^ esprit..,. (1687).

Annotation de toutes les clefs, moins celle de 1693 : « Le Dictionnaire de r Académie française, qui a paru enfin en 1694, après avoir été attendu plus de quarante ans. »

1. Acte I, scène 11, vers 159-162. — Voyez encore, dans la Lettre de Fénelon sur les occupations de V Académie française ^ § vi, les plaisanteries de Boileau sur les premiers vers de Cinna , tels que les donnaient les premières éditions.

2. On peut encore rapprocher de la réflexion de la Bruyère ce passage de la

Manière de penser, du P. Bouhours, qui a paru en 1687 : a J'ai ouï dire

que le fameux évêque du Bellay, Jean-Pierre Camus, étant en Espagne, et ne pouvant entendre un sonnet de Lope de Végue qui vivoit alors, pria ce poète de le lui expliquer; mais que Lope ayant lu et relu plusieurs fois son sonnet, avoua sincèrement qu'il ne l'entendoit pas lui-même. » (iv® dialogue, p. 483, édition de 1691.)

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