‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 341 sur 373 · Mme Desboulières disait de son côté · texte numérisé non relu

Mme Desboulières disait de son côté

Dans un fauteuil doré , Phèdre , tremblante et blême , Dit des vers où d'abord personne n'entend rien..,.

Un dictionnaire peut être un chef-d'œuvre d'érudition, mais peut-il être un chef-d'œuvre d'esprit? Dans la langue du dix-septième siècle, où l'on disait ouvrage d'esprit, chef-cC œuvre d'esprit , en des phrases où nous dirions simplement ouvrage et chef-d'œuvre , l'expression chef-d'œuvre desprit n'offre rien en elle-même, croyons-nous, qui puisse s'opposer à l'interprétation que contiennent les clefs. Il serait donc possible à la rigueur que par cette réflexion la Bruyère eût voulu juger à l'avance le Dictionnaire de r^cadémie : il eût pu l'écrire, s'il en était ainsi , à la suite de la lecture des Factums de Furetière, ou encore d'une conversation avec Racine. Mais ne vaut-il pas mieux y chercher une allusion aux œuvres qu'avait produites sous ses yeux la collaboration d'écrivains de génie ou de talent? Sans doute la pensée de la Bruyère ne remontait point jusqu'à la collaboration des cinq auteurs qui , sous l'inspiration de Richelieu, écrivaient en un mois des pièces dont chacun composait un acte ; mais il avait pu entendre la tragédie-ballet de Psyché (1671), à laquelle avaient travaillé Pierre Corneille et Molière, en même temps que Quinault et Lulli lui-même ; il pouvait savoir que Racine et Boileau, associés déjà par leur titre d'historiographes, avaient conunencé en 1680 la composition d'un opéra presque aussitôt abandonné; plus récenmient il avait entendu V Idylle sur la Paix et VÉglogue de Versailles (i685), dont les vers étaient dus à Quinault, à Racine et à Molière. Et, au-dessous de ces noms, que d'auteurs tragiques ou comiques s 'associant par luie collaboration secrète ou avouée !

Pages ii5 et 116. — Homère a Jait l'Uiade....

Au moment où la Bruyère écrivait ces mots, l'attribution de Vlliade à Homère, et à Homère seul, n'était pas encore publiquement contestée en France. Quelques lignes d'Isaac Casaubon l'avaient déjà mise en doute ; mais le passage n'avait pas été relevé par la critique, et le manuscrit des Conjectures académiques d'Hédelin d'Aubignac était encore inédit. Bien que Baillet eût noté dans ses Jugements des savants, publiés en i685, que des critiques étrangers se préparaient à nier l'existence d'Homère, les questions relatives à la composition des poèmes homériques ne furent vraiment posées devant le public qu'en 1693, alors que Charles Perrault reproduisit dans son troisième volume des Parallèles des anciens et des modernes les idées de d'Aubignac. La discussion engagée, la Bruyère n'eut pas à revenir sur ce qu'il avait imprimé en 1687 : sans nul doute il pensait avec Boileau que le paradoxe de Perrault était une « extravagance. »

Page 116, n" i3. — Jmas d'épithètes^ mauvaises louanges..., (1687).

Si la Bruyère n'eût pas terminé la remarque par ces mots : a et la manière de les raconter, » on serait tenté d'y voir une allusion aux « inscriptions fastueuses dont Charpentier, de l'Académie française, avait chargé, dit Voltaire, les tableaux de Lebrun dans la galerie de Versailles : V incroyable passage du Rhin, la merveilleuse prise de Valenciennes, etc. '. t>

Page 117, n° i5. — On se nourrit des anciens..,. (1689),

Clefs imprimées du dix-huitième siècle : « M. de Fontenelle, académicien, auteur des Dialogues des morts. »

L'application peut être juste, mais à la condition que l'on ne voudra point chercher dans la première partie de la phrase, comme on le fait généralement, une allusion aux Dialogues des morts que Fontenelle publia en i683 : il ne s'agit point en effet de l'emprunt qu'il fît à Lucien de la forme et du titre de son premier ouvrage. Ce que la Bruyère, s'il a eu Fontenelle en vue , a voulu opposer aux sentiments qui ont animé Fontenelle dans la querelle des anciens et des modernes, à la polémique qu'il a précisément commencée dans ces Dialogues et qu'il a continuée en 1688 dans son Discours sur la nature de VÉglogue et dans sa Digression sur les anciens et les modernes^ c'est assurément la brillante éducation qu'il avait reçue chez les jésuites. Un partisan des anciens n'avait- il pas le droit de rappeler que les études classiques développèrent en Fontenelle le talent qu'il tourna plus tard contre les auteurs classiques? Adolescens omnibus partibus absolutus et inter discipulos princeps^ disaient de lui les jésuites quand il était au collège. Ses vers latins (aussi beaux que ceux de Virgile, s'écriait-il lui-même en plaisantant, « car ils en étoient ») avaient fait du jeune Fontenelle un écolier célèbre : à treize ans, il composa un poëme latin qui faillit remporter un prix au concours des palinods de Rouen.

Dans cette réflexion de la Bruyère , Walckenaer a voulu trouver, en même temps qu'une allusion à Fontenelle, ou pour mieux dire à l'imitation qu'il avait faite de Lucien, une allusion à Saint-Evremond, qui se porta juge entre les anciens et les modernes dans une lettre en prose et dans une lettre en vers , l'une et l'autre adressées

I. Le Siècle de Louis XI F, cliapitre xxvin. « Le Roi, ajoute Voltaire en louant le bon goût de Louis XIV qui fit supprimer ces inscriptions, sentit que la prise de Valenciennes , le passage du Rhin disaient davantage. »

à la duchesse de Mazarin (^OEui>res de Saint-Evremondj tome V, p. 247, édition de 1726); mais ces lettres ne furent écrites qu'en 1692, c'est-à-dire trois ans après la publication du passage de la Bruyère: voyez la Vie de Saint- Éfremond par Desmaizeaux dans les OEuvrcs de Saint-Evremondj tome I, p. ccii.

Un auteur moderne.... (1689). — IL avoue que les anciens (1689).

Allusion, selon toutes les clefs, à Charles Perrault, de l'Académie française, et à ses Parallèles des anciens et des modernes (4 vol. in-8, et non 3 vol. comme il est dit dans la plupart des clefs, 1688-1697).

Le premier alinéa (£/« auteur, etc.) peut s'appliquer parfaitement à Perrault, que nomment seul toutes les clefs, mais à combien d'autres en même temps ! Si l'on veut placer ici des noms, pourquoi n'y point placer d'abord celui de Fontenelle, qui en 1688, lorsqu'il publia ses Poésies pastorales, accompagnées d'un Discours sur la nature de VÈglogue et d'une Digression sur les anciens et les mod£rnes , fit leur procès à Théocrite et à Virgile, et tira de ses propres églogues les règles de la poésie pastorale? Pourquoi ne pas reconnaître aussi bien l'auteur naïvement vaniteux du poème de Clovis, Desmarest de Saint-Sorlin, qui résistait si mal à la tentation de mettre ses propres vers au-dessus de ceux d'Homère et de Virgile % et qui, dans les dissertations où il prétendit juger les anciens, « se donnait à la fois deux plaisirs chers à la plupart des poètes , dit H. Rigault*, l'un d'ajuster une théorie à ses œuvres et de tirer de son propre goût la philosophie de l'art, et l'autre d'attaquer ses adversaires ? »

Les commentateurs qui ont également appliqué le second alinéa (// açoue que les anciens , etc.) au même Perrault, et avec eux Walckenaer, ont évidemment pensé qu'avant de l'écrire, la Bruyère avait dû lire le second volimie des Parallèles , à la fin duquel l'auteur a cité « quelques morceaux des plus belles pièces d'éloquence des anciens et des modernes pour avoir le plaisir, dit-il, d'en faire la comparaison '. » Mais lorsque ce second volume parut , l'alinéa de

1. Voyez son Traité pour juger les poètes grecs ^ latins et français (1670), et le Discours qui précède l'édition de Clovis de 1673.

2. Histoire de la querelle des anciens et des modernes, dans ses OEuvres complètes j tomel, p. 91.

3. Ce sont, pour les anciens, un fragment de l'oraison funèbre de Périclès rapportée par Thucydide, traduction de d'Ablancourt ; un fragment du Panégyrique de Trajan^ traduction de l'abbé Esprit; des fragments de l'oraison funèbre prononcée par Lysias, et quelques passages de lettres de Pline le jeune et de Cicéron. Pour les modernes, ce sont des fragments de Bossuet [Oraison funèbre de la reine d' Angleterre) ^ de Fléchier [Oraison funèbre de Turenne),

CLEFS ET COMMENTAIRES. An

la Bruyère était déjà imprimé '. Dans le premier volume , il est vrai, publié quelques mois avant que la Bruyère fit paraître cet alinéa*, Perrault cite à l'appui de sa thèse quelques phrases de Cicéron , quelques vers d'Horace, et une épigramme de Martial, en invoquant l'autorité de ces trois anciens contre ses adversaires; mais il est douteux que ces courtes citations aient suffi à provoquer la réflexion de la Bruyère.

Il y a quelque témérité, ajouterons-nous , à l'appliquer particulièrement à qui que ce soit , à Perrault , Fontenelle , ou tout autre. L'auteur dont il serait le plus juste d'en rapprocher le nom, si l'on jvoulait à toute force nommer ici quelqu'un, serait l'Italien Tassoni '; mais la Bruyère l'avait-il jamais lu ?

Page 1 1 8. — Quelques habiles prononcent en faveur des anciens.... {i68g).

Ces c habiles » sont Boileau et Racine, selon toutes les clefs*.

de Bourdaloue [Oraison funèbre de Condé) , et des lettres de Voiture et de Balzac.

1 . Walckenaer pensait que les deux premiers volumes avaient paru en même temps en 1688; mais l'impression du second volimie n'a été achevée que le i5 février 1690. Le troisième volume a été imprimé en 1692 : l'Achevé d'imprimer est du 20 septembre. Le quatrième volume, achevé d'imprimer le 27 novembre 1696, est daté de 1697.

2. Le privilège de ce premier volume est du 23 septembre 1688; l'Achevé d'imprimer du 3o octobre.

3. Farieta di pensieri, 1612 et 1620, in-4°. Voyez sur ce livre H. Rigault, qui le premier en a parlé parmi ceux qui se sont occupés de la querelle des anciens et des modernes. [Histoire de la querelle des anciens et des modernes^ Impartie, chapitre vi.)

4. La clef Cochin contient cette note, qui a été à peu près répétée dans les clefs suivantes : v M. B.acine, qui a fait des comédies et qui travaille actuellement à l'histoire du Roi. — M. Boileau Bespréaux, satirique, aussi historien du Roi. — Racine a été gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi, et depuis 1696 secrétaire du Roi, qui lui donna dans ce temps la survivance de sa charge [de gentilhomme ordinaire de la chambre) pour son fils [Jean- Baptiste). Il est de la Ferté-Milon, fils d'un contrôleur au grenier à sel de cette ville, qui est sa patrie et celle de ses ancêtres. Un poète, qu'on dit être Linière, a dit de lui :

Racine sans Apollon Seroit encore à la Ferté-Milon. »

4i2 APPENDICE.

Page 119, n" 21. — Bien des gens vont.,.. (1687).

Clefs du dix-huitième siècle : u Un bel ouvrage Le présent livre

des Caractères. » — Suivant les mêmes clefs, et aussi suivant la clef de l'édition de 1^97, l«i réflexion est particulièrement à l'adresse de l'abbé de Dangeau, de l'Académie française, frère du marquis de Dangeau. La Bruyère avait-il lu son manuscrit à l'abbé de Dangeau? L'auteur de la clef de l'Arsenal connaissait-il quelque anecdote qiii ne nous est point parvenue? — Un peu plus loin, p. laS, n° aS, la Bruyère adresse à Théocrine un reproche du même genre que celui qu'il fait à Zélotes: or on a cru devoir reconnaître l'abbé de Dangeau dans le caractère de Théocrine ; l'analogie que l'on a remarquée dans les deux passages est peut-être la seule raison qui a fait placer le nom de Dangeau à côté de celui de Zélotes,

Vin

Page 121, n° 22. — Quelques-uns de ceux qui ont lu..,, (1689).

Défendant contre les épigrammes de Boileau VJlceste de QuinaHlt, Charles Perrault avait pris à partie VAlceste d'Euripide. Par malheur sa critique contenait plusieurs méprises : c'est ainsi qu'il avait mis dans la bouche d'Admète des paroles qu'Euripide a placées dans celle d'Alceste et dans celle de Caron '. Racine avait immédiatement relevé les erreurs de Perrault dans la Préface d' Ip hi génie , lui reprochant d'avoir mal lu l'ouvrage qu'il condamnait, et citant à cette occasion la phrase de Quintllien que nous avons reproduite*.

Cet incident de la querelle des anciens et des modernes, l'uu de ceux, j'imagine, que les amis de Racine se plaisaient à rappeler, peut être rapproché de la réflexion de la Bruyère; mais cette réflexion avait dû venir tout naturellement à sa pensée, et s'appliquait à presque tous les adversaires des anciens.

Page 122, n" 24. — Arsène, du plus haut de son esprit.... (1689). Clef Cochin : « M. Perrault, de l'Académie françoise , chef d'im

1. Voyez le Recueil de divers ouvrages en prose et en vers, de Perrauh, dédié à S, A. Mgr le prince de Conti, Paris, édition de 1676, p. 278 et 279.

2. Cette phrase était au surplus l'une de celles que l'on citait volontiers à cette époque : voyez par exemple la fin de V Avertissement de la Comparaison de Démosthène et de Cicéron du P. Rapin (1670).

CLEFS ET COMMENTAIRES. 4i3

])arli nomme les Théobaldes^ dont il est parlé par l'auteur de ces Caractères dans son Discours à l'Académie. » — (!lef de 1^97 : « l'abbé de Choisy. » — Clef de l'édition de 1697 : a le comte de Tréville. b — Les clefs postérieures répètent le nom de Clioisj, et y joignent souvent celui de Tréville , laissant le choix au lecteur.

Écartons sans hésiter le nom de Charles Perrault, auquel ne conviennent ni le caractère à'Jrsène^ ni le titre de chef des Théohaldes. Malgré quelques traits de ressemblance, ce caractère ne peut non plus s'appliquer à l'abbé de Clioisy, ami de la Bruyère. Jrsène est le comte de Tréville; et l'étude que M. Sainte-Beuve a consacrée à ce personnage dans ses Causeries du lundi (tome IX, p. 226-23a) suffirait à dissiper toute incertitude.

Ce n'est pas la première fois que le caractère d'Henri-Joseph de Peyre, comte de Troisviiles ou Tréville, était livré à la publicité. Alors que la dévotion nouvelle de Tréville était encore le sujet de toutes les conversations, le i3 décembre 1671, Bourdaloue avait prononcé, sur la Sévérité évangélique, un sermon où il s'était proposé de prémunir ses auditeurs contre « cette corruption de l'amourpropre, cette tentation délicate de la propre estime, qui fait qu'après s'être préservé de tout le reste, on a tant de peine à se préserver de soi-même.» Sous les traits des pharisiens, il avait dépeint avec insistance ces « esprits superbes.... qui se regardoient et se faisoient un secret plaisir d'être regardés comme les justes , comme les parfaits, comme les irrépréhensibles ;... qui de là prétendoient avoir droit de mépriser tout le genre humain, ne trouvant que chez eux la sainteté et la perfection, et n'en pouvant goûter d'autre; qui, dans

cette vue, ne rougissoient point, non-seulement de l'insolente distinction, mais de l'extravagante singularité dont ils se flattoient, jusqu'à rendre des actions de grâces à Dieu de ce qu'ils n'étoient pas comme le reste des humains *. »

On ne pouvait, paraît-il, mieux désigner Tréville : « il n'y man quoit que le nom, écrit Mme de Sévigné (25 décembre 1671, tome II, p. 448 et 449), mais il n'en étoit pas besoin. » Chacun de ces traits, en effet, semble parfaitement applicable au personnage que représente Arsène^ et l'on pourrait en citer bien d'autres encore que les contemporains, une fois en voie d'interprétation, durent lui attribuer*.

1. Voyez dans le second Avent de Bourdaloue, la 1" partie du sermon du III* dimauclie, au tome I de ses OEuvres, p. 239 et suivantes, édition de 1823.

2. Dans ce paragraphe notamment, qu'on lit un peu plus loin dans le même sermon : « On veut pratiquer le christianisme dans sa sévérité, mais on en veut avoir l'honneur. On se retire du monde, mais on est bien aisecfue le monde le sache — On ne se soucie plus de sa beauté, mais on est entêté de son esprit et de son propre jugement, m

4i4 APPENDICE.

Saint-Simon , de son côté , a fait de Tréville le portrait qui suit (tome IV, p. 282 et suivante) :

« Troisvilles, que l'usage fait prononcer Tréville,... étoit un gentilhomme de Béarn, de beaucoup d'esprit et de lecture, fort agréable et fort galant. Il débuta très-heureusement dans le monde , où il fut fort recherché et fort accueilli par des dames du plus haut parage, et de beaucoup d'esprit et même de gloire, avec qui il fut longtemps plus que très-bien. Il ne se trouva pas si bien de la guerre que de la cour : les fatigues ne convenoîent pas à sa paresse, ni le bruit des armes à la délicatesse de ses goûts. Sa valeur fut accusée. Quoi qu'il en fût, il se dégoûta promptement d'un métier qu'il ne trouvoit pas fait pour lui. Il ne put être supérieur à l'effet que produisit cette conduite; il se jeta dans la dévotion, abdiqua la cour, se sépara du monde '. Le genre de piété du fameux Port-Royal étoit celui des gens instruits, d'esprit et de bon goût. Il tourna donc de ce côté-là , se retira tout à fait , et persévéra dans la solitude et la grande dévotion plusieurs années. Il étoit facile et léger. La diversion le tenta; il s'en alla en son pays, il s'y dissipa; revenu à Paris, il s'y livra aux devoirs pour soulager sa foiblesse , il fréquenta les toilettes , le pied lui glissa, de dévot il devint philosophe; il se remit peu à peu à donner des repas recherchés, à exceller en tout par un goût difficile à atteindre; en un mot il se fit soupçonner d'être devenu grossièrement épicurien. Ses anciens amis de Port -Royal, alarmés de cette vie et des jolis vers auxquels il s' étoit remis, dont la galanterie et la délicatesse étoient charmantes , le rappelèrent enfin à lui-même et à ce qu'il avoit été ; mais il leur échappa encore , et sa vie dégénéra en un haut et bas de haute dévotion, et de mollesse et de liberté, qui se succédèrent par quartiers, et en une sorte de problème qui, sans l'esprit qui le soutenoit et le faisoit désirer, l'eût tout à fait déshonoré et rendu parfaitement ridicule. Ses dernières années furent plus suivies dans la régularité et la pénitence , et répondirent mieux aux commencements de sa dévotion. »

Nous savons maintenant quelles ont été les inconstances ôi' Arsène. « Il n'y a jamais eu un esprit si lumineux que le sien , » dit de Tréville Mme de Coulanges {Lettres de Mme de Séi>igné , tome X , p. 263 ^), et ce jugement est confirmé par tous les témoignages con-

1. Boileau attribue sa retraite à l'impatience qu'il éprouva des dispositions peu bienveillantes du Roi (voyez la Correspondance de Brossette avec Boileau^ édition de M. Laverdet, p. 544); 6t la Fare, à la douleur qu'il ressentit de la mort d'Henriette d'Angleterre (voyez ses Mémoires , p. 180, collection Petitot) .Voyez encore sur cette conversion la Correspondance de Bussy Rabutin, tome II, p. 145 et i54, et tome III, p. 276.

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