‹ Œuvres de La Bruyère (volume 3)Chapitre 345 sur 373 · Tome II, p. 890, note i · texte numérisé non relu

Tome II, p. 890, note i

peut être question. Serait-ce de quelque passage de la Logique ou de r Art de penser * ? c II y aurait eu en ce cas sous ce mol : ne pensait pas assez, une double épigramme, » fait remarquer M. Sainte-Beuve*.

Ne s'arrêtant pas toutefois à cette hypothèse, M. Sainte-Beuve a proposé de uiettre le nom de Balzac à la place de celui de Nicole. Du moins Balzac ne vivait-il plus, et l'imparfait qu'a employé la Bruyère (ne pensait pas) se trouverait-il justifié. Mais les xviii^ et xxv^ Entretiens, que Bal/ac a consacrés à Montaigne, démontrentils qu'il ne l'estimait en nulle manière? Cette objection, présentée par M. Sainte-Beuve lui-même dans la note deux fois citée de son Histoire de Port-Royal, ne lui a point semblé grave, car dans un article plus récent^ il a déclaré ce trait applicable à Balzac plutôt qu'à Nicole.

C'est dans la Recherclie de la vérité, livre II, 3*^ partie, chapitre v, que Malebranche, l'écrivain qui oc pense trop subtilement, » suivant toutes les clefs imprimées, a parlé de Montaigne.

Dès la i''*^ édition (1670), les Pensées de Pascal contiennent un jugement sévère sur Montaigne (voyez les paragraphes xxviii et xxix); mais les expressions de la Bruyère ne peuvent lui être appliquées.

Page i32, u" 45. — Un stjle grave, sérieux (1690).

Voici le ])assage de la Préface de Vaugelas ( § x ) auquel il est fait

allusion dans la note i : a C'est la destinée de toutes les langues

vivantes d'être sujettes au changement; mais ce changement n'arrive pas si à coup et n'est pas si notable, que les auteurs qui excellent aujourd'hui en la langue ne soient encore infiniment estimés d'ici à vingt-cinq ou trente ans, comme nous en avons un exemple illustre en M. Coëffeîeau , qui conserve toujours le rang glorieux qu'il s'est acquis par sa traduction de Florus, et par son Histoire romaine, quoiqu'il y ait quelques mots et quelques façons de parler qui florissoient alors et qui depuis sont tombées comme les feuilles des arbres. Et quelle gloire n'a point encore Amyot depuis tant d'années, quoiqu'il y ait im si grand changement dans le langage?... y> Suit l'éloge du style d' Amyot.

1 . Voyez le premier Discours qui est attribué à Nicole, et les chapitres xx de la 111'= partie et xiv de la IV^

2. Histoire de Port-Royal , tome II, p. 890, note i, et Portraits littéraires^ 1862, tome I, p. 4o3.

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