Moult ^à\x.\d\va.multum
2. Quelques (( délicats, » suivant l'expression d'Alemand, avaient voulu proscrire l'usage de cette conjonction, et l'on accusait (trèsinjustement, à ce qu'il paraît) l'Académie de partager Jeur sentiment; Gomberville se faisait gloire d'avoir composé son roman de Polexandre (1682 et années suivantes), sans y avoir admis un seul car, et Coeffeteau tenta également, dit-on, mais sans longue persévérance, de ne s'en point servir. La question « car, » pour parler comme Alemand, suscita de longues discussions ; Voiture prit la défense de car dans une lettre dont s'emparèrent aussitôt les partisans du mot, et qui depuis a été très-souvent citée ; car triompha enfin des attaques de ses adversaires, qui se réduisirent à en blâmer l'usage dans la poésie ou même dans les romans, et ailleurs l'emploi trop fréquent. Voyez la Liii^ lettre de Voiture, adressée à Mlle de Rambouillet ; V Histoire de l'Académie françoise ^ par Pellisson et d'Olivet (tome II, p. 52, édition de M. Livet) ; les Jduis de la Demoiselle de Gournay, 1641, p. 74^; la Requeste des dictionnaires de Ménage ; les Nouvelles Observations ou Guerre civile des François sur la langue (par Alemand, 1688), p. 299- 3o5; les Nouvelles Remarques de M, de Vaugelas^ etc., p. 44^*453) etc.
3. Cil, nominatif singulier masculin de l'ancien pronom démonstratif ci/ (ou ce/), cele^ celui, etc., a disparu au commencement du dix-septième siècle, laissant sa place à celui, qui jadis n'était employé qu'au cas oblique.
4. La plupart des mots que la Bruyère croyait sur le point de disparaître ont repris faveur. Peut-être ce passage a-t-il été utile pour la conservation de quelques-uns de ceux qui semblaient tomber en désuétude, et particulièrement de chaleureux. Riclielet (1680) ne
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chaloureux^ : celui-ci se passe, bien que ce fût une richesse pour la langue, et qu'il se dise fort juste où chaud ne s'emploie qu'improprement. Valeur devoit aussi nous conserver valeureux^ -, haine^ haineux^; peine ^ peineux'*; fruit ^ fructueux^ ; pitié ^ piteux ^; joiCy jowiaP ; foi^ féal^ ;
l'avait point mentionné, et Furetière (1690) l'avait ainsi annoté : « Il ne se dit guère qu'en cette phrase : Les vieillards ne sont guère chaleureux. » Quand l'Académie enregistra dans son Dictionnaire (1694) la double forme chaleureux ou chaloureux, sans autre commentaire que celui-ci : « Ne se dit proprement que des personnes, » ne tenait-elle pas compte de la requête de la Bruyère ?