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Mensonger^ admis par Richelet, est présenté par Fuietière

La Bruyère, ii 14

tumier^ : comme part maînlient partial; point ^ pointu el pointilleux ; ton^ tonnant; son^ sonore; frein^ offrefié ; front ^ effronté ; ris^ ridicule ; loi, loyal ; cœur, cordial; bien, bénin; mal, malicieux. Heur se plaçoit où bonheur ne sauroit entrer^; il a fait heureux, qui est si françois, et il a cessé de l'être : si quelques poètes s'en sont servis , c'est moins par choix que par la contrainte de la mesure. Issue prospère, et vient d^ issir , qui est aboli ^. Fin subsiste sans conséquence pour finer^^ qui vient de lui, pendant que cesse et cesser régnent également. J^erd ne fait plus verdoyer^, ni fête, fétoyer^, ni larme, larmoyer'' ^ ni deuil, se douloir, se

comme un « vieux mot « hors d'usage, et par l'Académie comme une expression qui est plus employée en poésie qu'en prose.

1. Coutumier n'est admis par Richelet que comme terme de palais (pays coutumier, droit coutumier, etc.). L'Académie le définit ainsi qu'il suit, en dehors de l'acception donnée par Richelet : u Coutumier ^ .... qui a accoutumé de faire, etc : // est coutumier de mentir. Il est vieux et bas. Il signifie aussi : ordinaire, accoutumé. 11 est plus en usage, en poésie, au féminin : Sa clarté ccutumièrCf sa beauté coutumière. » — Furetière, qui indique les mêmes sens, ne fait aucune réserve sur le bon usage du mot.

2. a Heur.... Ce mot signifie bon-heur , mais il est bas, est peu usité.... 3) ÇRicheUt.) — Furetière et l'Académie l'admettent sans réserve.

3. « Issir. Ce mot signifie sortir, mais il est hors d'usage à son infinitif, et n'est usité qu'à son prétérit. Je suis issu, c'est-à-dire : je tire mon origine.... » (Richelet.) — Furetière et l'Académie déclarent de même ([n'issir n'est plus en usage, et qu'il ne reste de ce verbe que le participe issu.

4» Ce mot ne se trouve dans aucun des dictionnaires cités dans les notes précédentes.

5. Omis par Richelet, verdoyer est annoté comme « vieux » par l'Académie.

6. Omis par Richelet, festoyer a trouvé place dans le Dictionnaire de Furetière et dans celui de l'Académie.

7. Larmoyer^ qui manque dans Richelet, est donné par Furetière comme ayant « peu d'usage. » — « Il vieillit, » dit l'Académie.

DE QUELQUES USAGES. m

condouloir^ ni j'oie ^ s'éjouir^, bien qu'il fasse toujours se réjouir^ se conjouir^ ainsi (\\x orgueil^ s'enorgueillir^ . On a dit gent^ le corps geiit : ce mot si facile non-seulement est tombé, Ton voit même qu'il a entraîné gentil dans sa chute*. On dit diffamé^ qui dérive àe fame^ qui ne s'entend plus^. On dit curieux ^ dérivé de cure^

1. Dou/oir, qui manque dans Riclielet, est noté comme « vieux, mot » par Furetière, et comme n'ayant «c presque plus d'usage » par l'Académie, « 5e condouloir avec quelqu'un de la mort d'une personne ou de quelque autre malheur, est fort bien dit, » écrivait Vaugelas dans ses Remarques (1647, p. 333). Condouloir cependant faillit disparaître, et déjà Vaugelas lui-même l'abandonnait dans une addition faite à sa préface, ainsi que le notent Bouhours (Remarques nouvelles , etc., p, 592) et Alemand {Nouvelles Observations^ etc., 1688, p. 401-404)^ qui l'un et l'autre considèrent ce mot comme perdu. L'usage de l'mfînilif s'est du moins conservé : voyez Furetière, le Dictionnaire de l'Académie (1694), et celui de M. Littré.

2. S''éjouir ne se trouve dans aucun des trois dictionnaires. Toutefois la Fontaine s'en est servi au vers 36 de la fable xxi du livre IV.

3. Var. (édit. 7) : ni deuil, se douloir, bien qxx'oroueil fasse toujours s'* enorgueillir.

4. et Gentil étoit autrefois un mot élégant, et nos anciens auteurs s'en servent beaucoup. Tout est gentil parmi eux : le gentil rossignol, le gentil printemps, un gentil exercice, une gentille entreprise. Mais maintenant on n'en use point dans les livres : on ne le dit que dans la conversation ; encore ne le dit-on pas trop sérieusement. Une femme dira en parlant d'elle : Je ne suis ni jeune ni gentille. On dit à demi eu riant: C^est un gentil esprit , c^est un gentil cavalier ; vous êtes gentil, pour dire vous êtes plaisant, » [Remarques nouvelles, etc., par le P. Boubours, 2^ édition, 1676, p. 21 et 22.)— « Gent, adjectif, mot vieux et burlesque pour dire /?ro^re.... — Gentil.... est burlesque, et en sa place, lorsqu'on parle sérieusement, on dit joli. » (Richelet.) — « Gent, vieux mot qui signifioit autrefois gentil, » dit Furetière. Comme l'Académie, Furetière admet gentil avec ses acceptions babituelles. Voyez de plus les Observations de VAcadéînie françoise sur les Remarques de M. de Vaugelas, p, 44^) édition in-4°, 1704*

5. « Famé..., renommée, réputation. Il n'est en usage qu'en cette phrase de pratique : Rétabli en sa bonne famé et renommée, » dit l'Académie, reproduisant Furetière.

qui est hors d'usage ^ . Il y avoit à gagner de dire si que pour de sorte que ou de manière que^^ de mol^ au lieu de pour moi ou de quant à moi* ^ de dire je sais que cest quun mal^, plutôt que Je sais ce que c'est quun mal^ soit par l'analogie latine, soit par l'avantage qu'il y a souvent à avoir un mot de moins à placer dans l'oraison. L'usage a préféré par conséquent à par consé-

1. « Cure... y vieux mot qui signifîoit soin. Il n'a plus d'usage qu'en ceUe phrase proverbiale : On a beau prêcher à qui na cure de bien faire. » [Furetière.) — « Cure....^ soin, souci. En ce sens, il est vieux et n'a guère d'usage qu'en ce proverbe : On a beau prêcher ., etc. » [Dictionnaire de r Académie,) — Cette signification du mot cure n'est pas indiquée par Richelet.

2. Si que avait été condamné par Vaugelas {Remarques ^ p. 4^5) comme « tout à fait barbare; » de façon que, de manière que, comme locutions « si peu élégantes qu'il n'y at'oit pas un bon auteur qui s'en servit. » — « Elles sont aujourd'hui dans la bouche de plusieurs personnes, écrit Bouhours en parlant de ces deux dernières tournures {Remarques nouvelles, 1676, p. 596), et quelques-uns de nos bons auteurs les employent. » Elles sont approuvées sans réserve dans les Observations de r Académie française sur les Remarques de Vaugelas, p. 428.

3. <c i?e moi est fort bon et fort élégant, mais j'éviterois de le mettre souvent en prose, et me contenterois de l'avoir employé une fois ou deux dans un juste volume. Mon usage ordinaire seroit pour moi, comme c'est celui de tout le monde, soit en parlant ou en écrivant. De moi semble être consacré à la poésie, et pour moi à la prose..,. » (Vaugelas, Remarques^ p. 193.) — « .... De moi est incomparablement meilleur en vers que pour moi.... Mais comme il faut toujours dire de moi en vers quand on le peut, il ne le faut jamais dire en prose.... » {Observations de M. Ménage, etc., i6y6, p. 427.) — Voyez le Lexique de Malherbe, au mot De.

4. Quant à moi, condamné par Vaugelas {Remarques , p. 193), Bouhours {Remarques nouvelles, 1676, p. 586) et Ménage {Observations, etc., p. 426), n'a point tardé à reprendre faveur : voyez les Observations de r Académie francoise sur les Reinarques de Vaugelas, p. 63.

5. Malherbe est sans doute l'un des derniers qui ait usé fréquemment de ce tour : voyez le Lexique de Malherbe, au mot Que, et les Observations de f Académie française sur les Remarques de Vaugelas, p. 196.

DE OURLOUES USAGES. 9t '.

quence^ et en conséquence à en conséquent ^ façons de faire à manières de faire , et manières dH agir à façons d'agir...', dans les verbes, travailler à ouvrer^ ^ être accoutumé à souloir^^ convenir à duire^, faire du bruit à bruire^, injurier à vilainer^, piquer à poindre^, faire ressouvenir à ramentevoir'' ...\ et dans les noms, /?e/2sées à penser s ** , un si beau mot , et dont le vers se trouvoit si bien! grandes actions à prouesses^ ., louanges à

1. a Ouvrer.... n'est guère en usage qu'en cette phrase : « Il est défendu par les règlements de police A'ouvrer les fêtes et les dimanches. » (Furetière.) — Richelet et rAcadémie (1694) ne donnent que la forme oiivré^ « participe passé du verbe ouvrer., qui n'est plus en usage, ï ajoute le Dictionnaire de V Académie,

2. « Souloir^... ce verbe est vieux et hors d'usage. » (Richelet.) — « Vieux mot.... On le dit encore en pratique : Il souloit y avoir là ce une perte.... Le temps a bien changé; il n'est plus comme il sou- « loit être. » {Furetière.) — « Il ne s'est guère dit qu'à l'imparfait. Il est vieux. » [Dictionnaire de l'Académie., 1694.)

3. Accueilli sans commentaire par Furetière, duire , en tant que verbe neutre et signifiant convenir., est noté comme burlesque par Richelet (1680), et comme « bas » par l'Académie (1694).

4. Furetière seul restreint à un petit nombre de phrases l'usage de ce mot, enregistré sans observation par Richelet et par l'Académie de i694' « On entendoit bruire le vent, le tonnerre dans cette tempête, » ajoute Furetière comme exemple.

5. Vilainer ne se trouve dans aucun des trois dif^tionnaires.

6. Poindre.^ verbe actif, piquer, disent à peu près dans les mêmes termes Furetière et l'Académie de 1694, n'a guère d'usage qu'en cette phrase proverbiale : « Oignez vilain , il vous poindra ; poignez vilain , il vous oindra. » — Richelet ne l'a noté qu'au sens figuré : (( ce mot, pour dire offenser, est françois, mais peu usité. »

7. Ce mot ne se trouve que dans Furetière, qui le note comme « vieux. »

8. Furetière accueille sans réserve le substantif />e/?^er; Richelet et l'Académie de 1694 ne l'admettent qu'en poésie.

9. « Prouesse. Les délicats du temps ne veulent plus qu'on use de ce mot et disent qu'il est vieux », écrit Furetière. Ces délicats sont Vaugelas, Marguerite Buffet, Richelet et d'autres, qui n'admettent prouesse que dans le discours familier et comme un mot plaisant. —

/o-3*, méchanceté à maui^aistié , porte à huis^ nauire à nef, armée à ost, monastère à monstier, prairies à prées'^...^ tous mots qui pouvoient durer ensemble d'une égale beauté, et rendre une langue plus abondante. L'usage a par l'addition, la suppression, le changement ou le dérangement de quelques lettres, fait frelater de fralater^, prouver de preuver'* , profit de proufit, froment de froument" , profil de pour fil, provision de pourveoir, promener de pourmener, et promenade àe pourmenade^ . Le même usage fait, selon l'occasion, di habile, di utile, de facile, de docile'' , de mobile et de fertile, sans y rien changer, des genres différents :

a // se vante de ses prouesses est du vieil style, écrit Marguerite Buffet (p. 74); ^^ ne se sert plus de ces mots dans le bel usage. »

1. Bien que Richelet et l'Académie de 1694 n'en admettent l'usage que dans le burlesque, los est encore employé par la Fontaine et par Saint-Simon : voyez le Dictionnaire de M. Littré.

2. Mauvaistié est dans Furetière. Prées ne se trouve plus dans les dictionnaires du temps; huis y est représenté comme un mot qui vieillit, et même qui est tombé en désuétude hors du Palais; nef, au sens de navire^ comme un mot de la langue poétique et du style burlesque, ou encore comme un vieux mot conservé dans les enseignes; monstier (que l'on prononçait en général woutier) et ost^ comme des termes déjà inusités en dehors de quelques expressions proverbiales.

3. Fralater est la forme habituelle au seizième siècle, et se retrouve n)ême au commencement du dix-septième; ce mot vient, d'après M. Diez, du flamand çerlaten, transvaser.

4. Richelet note encore preuver : « Quelques-uns disent preuver^ mais ordinairement on dit et on ècr\\ prom'er . »

5. Var. (édit. 7 et 8) : fourment. — Fourment n'est pas une faute d'impression, car cette forme a été employée, ainsi qu'on peut le voir dans le Dictionnaire de M. Littré; mais froument était plus usité.

6. La remarque de la Bruyère sur les mots pourfil^ pourveoir, etc., est juste en ce sens que dans la formation du français populaire le pro du latin est habituellement devenu pour, et que c'est par l'influence des savants que généralement dans ces composés on est revenu à la forme pro,

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