‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 157 sur 257 · Voyez tome [ de cette éditii'iii, p. fj · texte numérisé non relu

Voyez tome [ de cette éditii'iii, p. fj

2, A'oyez la Comédie de lu Brujère, tome 11, p. 45'^, llynesi 8 cl y.

CLEFS ET COM]\lENTAIRKS. :^37

soit des poésies ou même des romans de Catherine Turgot. « Personne n'a jamais mieux écrit, et peu aussi bien, » dit Chaulieu : si c'est une Sévif^né ignorée que permet d'entrevoir cette phrase, combien est regrettable la perte de sa correspondance, et pour le prix qu'elle aurait eu par elle-même, et pour le chapitre de la vie de la Bruyère qu'elle eût peut-être contenu !

Dans une note dont M. Fournier a cité quelques extraits, communiqués par M. G. Desnoiresterres , se trouve un autre témoignage du mérite littéraire de Mme de Boislandry, mais moins flatteur, car on y marque sa mesure, et l'on en fait une seconde Mme de Villedieu. Nous ignorons d'où vient cette note, qui est évidemment du dix-huitième siècle, et qu'il serait intéressant de pouvoir joindre au dossier de Mme de Boislandry. En voici du moins trois fragments, qui sont épars dans le xxxviie chapitre de ta Comédie de la Bruyère: e: On y est, en quelques mots, dit M. Fournier (p. 459), renseigné sur « les sociétés qu'elle avoit avec l'abbé de Chaulieu, (c Servien, le marquis de la Fare, et autres beaux esprits volup- < tueux, dont elle étoit l'amie et la déesse. » .... a Elle écrivoit « comme Mme de Villedieu (p. 457)- » ...• « C'est elle qui avoit tf mis M. de Lassay en réputation, et l'on s'en étoit fié à elle, comme « à une connoissance parfaite , et c'est dans le temps qu'il étoit «c son amant qu'on lui a donné le sobriquet de Lassaj, plutôt mort « ^ue lasse' (p. 4^3). J>

Page 92. — Loin de s* appliquer à vous contredire avec esprit^ et d'' imiter Elvire.,,. Laissant à Elvire les jolis discours et les belles-lettres....

M, Fournier a suppléé heureusement, je crois, au silence des clefs en reconnaissant Mlle de la Force dans Elvire. Mlle de la Force était en effet l'amie de Mme de Boislandry, et nous en donnerons comme preuve que c'est sous le nom de Mlle de la Force que Chaulieu lui écrivit, après la première rupture , une lettre qui a été rappelée ci-dessns, p. 828. Mlle de la Force est plus connue par son mariage de trois années avec le fils du président Briou que par ses ouvrages. Voyez sur elle VHistoire de la vie et des ouvrages de la Fontaine^ 3^ édition, p. 3o5.

Deux phrases que nous venons de citer, l'une de Chaulieu, l'autre

« Le second anagramme {Ricanète; le premier est Arténice) lui vint, dit M. Edouard Fournier, de Chaulieu, qui la connut beaucoup, qui la connut trop. On lui doit aussi de savoir que l'autre [Arténice) avait été donné par la Bruyère à Mlle Turgot, et de posséder ainsi la clef longtemps désirée de ce caractère. Peut-être eût-il dû faire remarquer la différence. Il ne la vit pas. »

La Bruyère, ii 2a

d'un écrivain du dix-huitième siècle que nous ne connaissons pas, semblent prouver qu'Arténice n'a pas toujours o laissé les belleslettres » à El vire.

Page 93, n° 2g. — .... Un air réformé ^ une modestie outrée,,,. Une gravité trop étudiée.... {1690 et 1691.)

Toutes les clefs placent le nom du premier président de Harlay en marge de la seconde partie de cette réflexion, la plupart en regard de la phrase : Un air réformé.^ une modestie outrée^ etc., quelques-uns en regard du second alinéa : Une gravité trop étudiée,..,

Saint-Simon (tome I, p. 14^) a fait le portrait suivant du président de Harlay : a Un habit peu ample, un rabat presque d'ecclésiastique, et des manchettes plates comme eux, une perruque fort brune et fort mêlée de blanc, touffue, mais courte avec une grande calotte par-dessus. Use tenoit et marchoit un peu courbé, avec un faux air plus humble que modeste. »

Page 94, n" 33. — Un homme qui a beaucoup de mérite et d'esprit^ et qui est connu pour tel.... {1689.)

Clef de 1696 : a Feu M. Pellisson, de l'Académie françoise. Il étoit fort laid. » — Clefs du dix-huitième siècle : « M. Pellisson, maître des requêtes, historien du Roi et de l'Académie, très-laid de visage, mais bel esprit. Il a fait plusieurs ouvrages. Il étoit bénéficier, et avoit été huguenot. On veut qu'il soit mort dans cette religion en 1693. »

La laideur de Pellisson était en effet proverbiale, et son nom devait venir naturellement sous la plume des annotateurs. « Guilleragues disoit hier que Pellisson abusoit delà permission qu'ont les hommes d'être laids, » écrivait en 1674 Mme de Sévigné (tome III, p. 353).

a Une petite vérole, dit l'abbé d'Olivet [Histoire de l'Académie,

tome II, p. 260),... lui déchiqueta les joues et lui déplaça presque les yeux.... Mais avec toute sa laideur, il n'avoit pour plaire qu'à parler. »

Si la Bruyère avait pensé à Pellisson en écrivant cette remarque, elle pourrait être une réponse à ce vers de Boileau, où il est fait allusion à sa fortune et à sa laideur :

L'ur même à la laideur donne un teint de beauté.

{Satire vin, vers 2o5.)

CLEFS ET COMMENTAIRES. BSg

Pellisson avait lu ce vers en 1667; il eut en 1689 le plaisir de lire la réflexion de la Bruyère.

Pages iOO-io3, n"> 56. — Talent^ goût y esprit, bon sens, etc. Page 10 1. — Il y a dans le monde.... Un homme paraît grossier...,

Quand la Bruyère publia ce caractère, où il était impossible de ne pas reconnaître la Fontaine, le fabuliste était depuis plusieurs années l'ami de Mme Ulrich. Elle y répondit, ou peut-être y fit répondre après la mort de la Fontaine, et peu de temps avant celle de la Bruyère, dans le Portrait ' qu'elle mit en tête des OEuvres posthumes de Monsieur de la Fontaine, éditées par elle en 1696. Voici la partie du Portrait qui est relative à la personne même de la Fontaine :

«. Je dois d'abord ôter de votre esprit la mauvaise impression que pourroit y avoir laissée la lecture d'un portrait que l'on a fait de M. de la Fontaine, et que vous avez trouvé parmi quantité d'autres, et vous dire que, quoiqu'il rende justice aux ouvrages de cet excellent auteur *, il ne la rend pas de même à sa personne.

ff On peut dire que celui qui l'a fait a plutôt songé à faire un beau contraste en opposant la différence qui se trouvoit, à ce qu'il prétendoit, entre les ouvrages et la personne d'un même homme, qu'à faire un portrait qui ressemblât. On voit qu'il n'a pas assez étudié son sujet. Il semble même qu'il s'y soit copié traits pour traits, et qu'il ait trouvé dans lui-même toute la grossièreté et toute la stupidité qu'il donne si généreusement à la personne de M. de la Fontaine. Il faut pourtant avouer que celle de cet auteur fameux ne prévenoit pas beaucoup en sa faveur. Il étoit semblable à ces vases simples et sans ornements, qui renferment au dedans des trésors infinis. Il se négllgeoit, étoit toujours habillé très-simplement, avoit dans le visage un air grossier -, mais cependant dès qu'on le regardoit un peu attentivement, on trouvoit de l'esprit dans ses yeux ; et une certaine vivacité, que l'âge même n'avoit pu éteindre, faisoit voir qu'il n'étoit rien moins que ce qu'il paroissoit.

« Il est vrai aussi qu'avec des gens qu'il ne connoissoit point, ou qui ne lui convenoient pas, il étoit triste et rêveur, et que même, à l'entrée d'une conversation avec des personnes qui lui plaisoient, il

1 . Portrait de M, de la Fontaine , par M, *** (le marquis de Sable , suivant quelques-uns) .

2. Outre le passage que nous commentons, voyez l'alinéa que la Bruyère a consacré à la Fontaine dans son Discours à P Académie.

34o APPENDICE.

étoit froid quelquefois; mais dès que la conversation commençoit à l'intéresser el qu'il prenoit parti dans la dispute, ce n'étoit plus cet liomme rêveur, c'étoit un homme qui parloit beaucoup et bien, qui citolt les anciens, et qui leur donnoit de nouveaux agréments, (''étoit un philosophe, mais un philosophe galant: en un mot c'étoit la Fontaine, et la Fontaine tel qu'il est dans ses livres.

a. Il étoit encore très-ainiahle parmi les plaisirs de la table. Il les augmentoit ordinairement par son enjouement et par ses bons mots, et il a toujours passé avec laison pour un très-charmant convive.

« Si celui qui a fait son portrait l'avoit vu dans ces occasions, il se seroit absolument dédit de tout ce qu'il avance de sa fausse stupidité. Il n'auroit point écrit que M. de la Fontaine ne pouvoitpas dire ce qu'il venoit de voir. Il auroit avoué au contraire que le commerce de cet aimable homme faisoit autant de plaisir que la lecture de ses livres.

a Aussi tous ceux qui aiment ses ouvrages (et qui est-ce qui ne les aime pas?) aimoient aussi sa personne. Il étoit admis chez tout ce qu'il y a de meilleur en France. Tout le monde le desiroit; et si je voulois citer toutes les illustres personnes et tous les esprits supérieurs qui avoient de l'empressement pour sa conversation, il faudroit que je fisse la liste de toute la cour.

« Je ne prétends pas néanmoins sauver ses distractions, j'avoue qu'il en a eu ; mais si c'est le foible d'un grand génie et d'un grand poète, à qui les doit-on plutôt paidonner qu'à celui-ci ? »

Mme Ulrich justifie les assertions de la Bruyère dans une certaine mesure: la Fontaine était souvent et froid, triste et rêveur; » mais elle a raison de dire que le désir de « faire un beau contraste » entre la personne et les ouvrages de la Fontaine a entraîné la Bruyère un peu trop loin. De l'empressement avec lequel on recherchait sa société, des amitiés célèbres qui le rendirent le familier de plusieurs femmes d'esprit , de ses ouvrages mêmes ses admirateurs peuvent tirer bien des témoignages qu'il est permis d'opposer à la Bruyère.

Voici en quels termes l'a vengé M. Sainte-Beuve :

« On a paru s'étonner de ce succès si prompt de la fontaine dans ce monde de cour, » dit-il en parlant de l'introduction de la Fontaine dans la société brillante dont s'entourait Foucquet. « Ceux qui, sur la foi de quelques anecdotes exagérées, se font de lui une sorte de rêveur toujours absent, ont raison de n'y rien comprendre ; mais c'est que l'aimable poète n'était point ce qu'ils se figurent. Il avait certes ses distractions , ses ravissements intérieurs, son doux enthousiasme qui l'enlevait souvent loin des humains; le jour où il faisait parler dame Belette et où il suivait Jeannot Lapin dans la rosée, ils lui semblaient plus intéressants tous deux à écouter qu'un cercle de beau monde ou même de brillants esprits. Mais quand la Fou-

CLEFS ET COMMENTAIRES. 'i4i

taine n'était pas dans sa veine de composition, quand il était arrêté sous le charme auprès de quelqu'une de ces femmes spirituelles et belles qu'il a célébrées et qui savaient l'agacer avec grâce, quand il voulait plaire enfin, tenez pour assuré qu'il avait tout ce qu'il faut pour y réussir, au moins en causant. Et oui donc a mieux défini que lui la conversation parfaite, et tout ce qu'elle demande de sérieux ou de léger?

Jusque-là qu'en votre entretien La bagatelle a part : le monde n'en croit rien.

Laissons le monde et sa croyance.

La bagatelle, la science.

Les chimères, le rien, tout est bon; je soutiens

Qu'il faut de tout aux entretiens :

C'est un parterre on Flore épand ses biens; Sur différentes fleurs l'abeille s'y repose,

Et fait du miel de toute chose.

« Ce qu'il disait là à Mme de la Sablière, il dut le pratiquer souvent, mais avec ceux qui lui plaisaient et à ses heures. Voltaire, dans une lettre à Vauvenargues, rapportant le talent de la Fontaine à l'instinct, à condition que ce mot instinct fût synonyme de génie ^ ajoutait : a Le caractère de ce bonhomme était si simple, que dans c la conversation il n'était guère au-dessus des animaux qu'il faisait c parler — L'abeille est admirable, mais c'est dans sa ruche : hors « de là l'abeille n'est qu'une mouche. » On vient de voir, au contraire, « que la Fontaine voulait qu'on fût abeille, même dans i'ena tretien. » [Causeries du /untli, tome \TI, p. 4i4 6t 4i5 '.)

A la suite de la citation que fait M. Sainte-Beuve, plaçons encore ce fragment d'une lettre adressée en 1689 par Vergier à Mme d'Hervart, où se trouve un précieux portrait de la Fontaine :

a Ce qu'il y a de meilleur dans sa lettre, dit-il en parlant du ùon hommcy est qu'il me marque qu'il va passer six semaines avec vous à la campagne. Voilà un bonheur que je lui envie fort, quoiqu'il ne le ressente guère, et vous m'avouerez bien, à votre honte, qu'il sera moins aise d'être avec vous, que vous ne le serez de l'avoir, surtout si Mlle de Beaulieu vient vous rendre visite, et qu'il s'avise d'effaroucher sa jeunesse simple et modeste par ses naïvetés, et par les petites façons qu'il emploie, quand il veut caresser de jeunes filles.

Je voudrois bien le voir aussi, Dans ces charmants détours que votre parc enserre, Parler de paix, parler de guerre,

I . Voyez aussi Walckenaer, Histoire de la vie et des ouvrages de J. de la Fontaine j l^" édition, tome I, p. 27-3 1.

Parler de vers, de vin, et d'amoureux soucis; Former d'un vain projet le plan imaginaire. Changer en cent façons l'ordre de l'univers. Sans douter proposer mille doutes divers ; Puis tout seul s'écarter, comme il fait d'ordinaire, Non pour rêver à vous, qui rêvez haut à lui.

Non pour rêver à quelque affaire,

Mais pour varier son ennui.

Car vous savez, Madame, qu'il s'ennuie partout, et même (ne vous en déplaise) quand il est auprès de vous, surtout quand vous vous avisez de vouloir régler ou ses mœurs ou sa dépense. » {OEuvres de Fergiety édition de Londres, 1680, tome III, p. 192 et igS.)

S'il était nécessaire toutefois de citer, à l'appui du jugement de la Bruyère, des témoignages plus nets et plus précis que les concessions de Mme Ulrich, on les trouverait dans les Mémoires de Saint- Simon (tome I, p. 256), qui peint en passant la Fontaine par ces mots : « La Fontaine, si connu par ses fables et ses contes, et toutefois si pesant en conversation »; dans les Mémoires de Louis Racine sur la Vie de Jean Racine ' ; dans les Mélanges de littérature de Vigneul Marville (Bonaventure d'Argonne), qui contiennent le récit d'un repas qu'on lui donna « pour avoir le plaisir de jouir de son agréable entretien, » et « où il mangea comme quatre et but de même, » s'endormit pendant trois quarts d'heure , puis s'en alla ^ ; et enfin dans V Histoire de l'Académie française , de l'abbé d'Olivet (tome II, p. 3oo), qui est le résumé impartial des appréciations diverses

1. « Autant il étoit aimable par la douceur du caractère, autant ill'étoit peu par les agréments delà société. Il n'y mettoit jamais rien du sien, et mes sœurs, qui dans leur jeunesse l'ont souvent vu à table chez mon père, n'ont conservé de lui d'autre idée que celle d'un homme fort malpropre et fort ennuyeux. Il ne parloit point, ou vouloit toujours parler de Platon, dont il avoit fait une étude particulière dans la traduction latine. Tl clierchoit à connoître les anciens

par la conversation et mettoit à profit celle de mon père » [OEuvres de

J. Racine^ édition de M. Mesnard, tome I, p. Saô.)

a. a On s'approcha de lui, on voulut le mettre en humeur et l'obliger à aisser voir son esprit ; mais son esprit ne parut point. Il étoit allé je ne sais où, et peut-être alors animoit-il ou une grenouille dans les marais, ou une cigale dans les prés, ou un renard dans sa tanière ; car durant tout le temps que la Fontaine demeura avec nous, il ne nous sembla être qu'une machine sans âme. On le jeta dans un carrosse, et nous lui dîmes adieu pour toujours. Jamais gens ne furent plus surpris , et nous nous disions les uns aux autres : a Comment se peut-il faire qu'un homme qui a su rendre spirituelles les plus « grosses bêtes du monde, et les faire parler le plus joli langage qu'on ait ja~ a mais ouï, ait une conversation si sèche, et ne puisse pas pour un quart « d'heure faire venir son esprit sur les lèvres, et nous avertir qu'il est là? » Mélanges d'histoire et de littérature^ tome II, p. 355, édition de 1700.)

CLEFS ET COMMEINTAIRES. 343

qu'ont pu faire les contemporains de l'esprit de conversation de la Fontaine :

«A sa physionomie on n'eût pas deviné ses talents.... Rarement il commençoit la conversation; et même pour l'ordinaire il y étoit si distrait, qu'il ne savoit ce que disoient les autres. Il revoit à tout autre chose, sans qu'il eût pu dire à quoi il revoit. Si pourtant ilsetrouvoit entre amis, et que le discours vînt à s'animer par quelque agréable dispute , surtout à table, alors il s'échauffoit véritablement, ses yeux s'allumoient , c'étoit la Fontaine en personne, et non pas un fantôme revêtu de sa figure.

« On ne tiroit rien de lui dans un tête-à-tête, à moins que le discours ne roulât sur quelque chose de sérieux et d'intéressant pour celui qui parloit. Si des personnes dans l'affliction et dans le doute s'avisoient de le consulter , non-seulement il écoutoit avec grande attention, mais, je le sais de gens qui l'ont éprouvé, il s'attendrissoit, il cherchoit des expédients, il en trouvoit; et cet idiot, qui de sa vie n'a fait à propos une démarche pour lui, donnoit les meilleurs conseils du monde.

« Une chose qu'on ne croiroit pas de lui, et qui est pourtant trèsvraie, c'est que dans ses conversations il ne laissoit rien échapper de libre ni d'équivoque. Quantité de gens l'agaçoient dans l'espérance de lui entendre faire des contes semblables à ceux qu'il a rimes ; mais il étoit sourd et muet sur ces matières : toujours plein de respect pour les femmes, donnant de grandes louanges à celles qui avoient de la raison et ne témoignant jamais de mépris à celles qui en manquoient.

c Autant qu'il étoit sincère dans ses discours, autant étoit-il facile à croire tout ce qu'on lui disoit. »

« La Bruyère, » écrivait Voltaire en 1776*, sous le nom de M. de la Visclède, s'est servi de couleurs un peu fortes pour peindre notre fabuliste ; mais il y a du vrai dans ce portrait : Un homme paroit grossier^ etc. » Telle doit être en fin de compte la conclusion de tout commentaire sur ce caractère.

Un autre est simple, timide,.,. (1691.)

Cet autre est, comme nous l'avons dit, le grand Corneille.

« Mon père avait bu avec Corneille, écrit Voltaire en 176 1 à l'abbé d'Olivet* ; il me disait que ce grand homme était le plus ennuyeux mortel qu'il eût jamais vu et l'homme qui avait la conversation la

1. OEuvres de roltuire , édition Beuchot, tome'XLV[IT, p. 274.

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