‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 159 sur 257 · Totne I, p. XXXI, note i · texte numérisé non relu

Totne I, p. XXXI, note i

■À. [bidem, p. XXXI, note i. — Carpenteriana, Paris, 1724, p. IIO.

eussiez assisté à la description d'un chapitre que tinrent ses confrères pour délibérer s'ils chanteroient ses hymnes dans leur congrégation. Je défie tous les Scaramouches de mieux copier les personnages qui composèrent cette assemblée : ce n'étoit plus Santeul, c'étoient une ■vingtaine de \isages, d'airs et de sons, tous différents les uns des autres. Une des choses qui plaisoient le plus en lui, c'étoit sa franchise à reconnoître ses défauts et à relever ceux d'autrui. Malheur à qui il échappoit devant lui quelque raisonnement ou quelque expression peu juste! Malheur surtout aux téméraires ignorants qui osoient critiquer ses vers, ou même qui les lisoient de mauvaise grâce! Il les foudroyoit sans miséricorde. Son génie et la possession où il se croyoit d'être le plus grand poète latin de l'Europe lui avoient acquis cette supériorité. J'avois trouvé cependant moyen de lui faire entendre raison contre lui-même, et il corrigeoit volontiers ses vers sur les avis que je prenois la liberté de lui donner. C'étoit un homme sans fîel, méprisant les satires qu'on faisoit contre lui quand elles étoient fades, et les redisant avec plaisir quand il y avoit du sel. » {OEuvres choisiesde Bernardde laMonnoye, in-S^, 1769-1770, tome III, p. 2i5.) C'est bien là, avec quelques atténuations, ce Théodas multiple, tantôt bouffon, tantôt poète d'un grand talent, « avide et insatiable de louanges, prêt de se jeter aux yeux de ses critiques, et dans le fond assez docile pour profiter de leur censure, » bon homme au demeurant. Sa folie était comme proverbiale ; la Monnoye en parle dans celte lettre, et c'est un sujet de plaisanterie qui lui est familier (voyez tome III, p. 216 et 217; et tome II, p. 127).

« Quel homme étoit-ce que Santeul? écrit de son côté l'abbé le Gendre dans ses Mémoires (p. 184). H ne seroit pas aisé de le dire. A le voir, on eût dit d'un fou, d'un Jean-Farine, d'un saltimbanque, et quelquefois d'un possédé. Je l'ai vu faire des cabrioles, je l'ai vu faire la couleuvre et siffler comme cet insecte; je l'ai vu en fureur contre ses serins (il en avoit une volière toute pleine) , parce qu'ils s'obstinoient à ne point chanter ; quand l'enthousiasme le prenoit, son visage, ses pieds et ses mains étoient dans une agitation qu'on ne peut bien représenter; cet air maniaque ou polisson le faisoit désirer dans les meilleures compagnies pour y servir de baladin, rôle bien indigne d'un religieux comme l'étoit ce poète latin. D'un autre côté, ses poésies étoient si belles qu'on oublioit en les lisant toutes ces indignités, ou du moins on ne faisoit qu'en rire. Il a atteint en quelques-unes de ses hymnes la perfection des anciens.... » Boileau a fait une épigramme sur les contorsions de Santeul récitant ses vers :

Quand j'aperçois sous ce portique Ce moine, au regard fanatique,

Lisant ses vers audacieux,

Faits pour les habitants des cieux,

Ouvrir une bouche effroyable,

S'agiter, se tordre les mains.

Il me semble en lui voir le diable

Que Dieu force à louer les saints.

Page io3, n° 58. — Tel, connu dans le monde.... (1687.)

Tel, connu..,. «M. le Pelletier de Sousy, intendant des finances;» tel autre.... «M. le Pelletier, son frère, le ministre d'État, ci-devant contrôleur des finances. »

Le Pelletier de Sousy, dit Saint-Simon, « avoit bien plus de lumières et de monde » que son frère. Les mémoires du temps s'accordent à nous montrer en M. le Pelletier le ministre un contrôleur général irrésolu, peu habile, peu fertile en expédients. (Voyez Saint-Simon, tome II, p. 44 ^l suivantes; Gourville, p. 627 ; Choisy, p. 3o5; le Gendre, p. i32-i34; et le tome I de cette édition, p. 447 et 448.)

Pages io3 et 104, n° Sq. — Tout le monde s'élève,.,. (1687.)

Allusion, suivant les clefs, à «l'Académie françoise, » et suivant Walckenaer (p. 727), à la réception de l'abbé de Choisy, qui eut lieu au mois d'août 1687.

Comprendre ainsi la remarque, c'est en restreindre à tort l'application. S'il s'agissait d'ailleurs des choix de l'Académie, serait-ce à l'occasion de l'abbé de Choisy, qui n'avait pas encore vingt-sept ans quand il devint académicien? Choisy, il est vrai, fut reçu à l'Académie peu de temps après avoir présenté à Louis XIV sa Vie de David et sa traduction des Psaumes *, et peut-être la bonne grâce avec laquelle Louis XIV accueillit son hommage lui valut-elle les suffrages de l'Académie. Mais par quelles « récompenses b le Roi s'était-il « déclaré? » Adjoint en i685 à l'ambassade qui partit pour Siam, l'abbé de Choisy était tombé à son retour dans une disgrâce de six mois, dont la fin n'avait eu d'autre bon effet pour lui que de lui permettre de présenter ses œuvres à Louis XIV.

I. Mémoires de Choisy, collection Petitot, tome LXIIÏ, p. 335.

Piiges io5 et 106, u° 64. — Hérilte^ soit qu'il parle.... (1690.)

Clef de 1696 et clefs manuscrites : « L'abbé de Rubec. » Sur l'abbé deDrubec, voyez tome I, p. 469, note x, et ci-dessus, tome II, p. 3i6 , note v.

Pages 107 et 108, n"* 66 et 67. — On a dit de Sociale (1689.)

Celui qui est riche (•689 et 1690.)

Clefs diverses : « Socrate (n^ 66), un philosophe, Ântisthius (n^ 67), l'auteur. »

Page 111, n" 77. — Quel bonheur surprenant.... (1687.)

Clefs diverses : a M. le Tellier, chancelier de France; M. de Louvois. ))

Pages 1 1 1 et 112, n° 78. — L'on gagne à mourir d^être loué..,. {1689.)

Nous avons considéré, dans la note 2 (p. m et lia), Caton et Pison comme deux noms historiques, et nous sommes lente de le regretter, du moins pour le second.

Dans les éditions 4> 5, 6 et 7, le nom de Caton est en capitales, comme le sont dans les éditions originales des Caractères la plupart des noms de personnages réels ; et celui de Pison est en italique', ainsi que le sont la plupart des noms de personnages imaginaires : si l'on s'en tient à ces indications typographiques, il faut donc reconnaître en Caton, Caton le Censeur ou Caton d'Utique, personnifiant la vertu, et ne voir en Pisoji qu'un nom en l'air. Cette façon d'envisager différemment ces deux noms, l'un comme celui d'un personnage de l'histoire, et l'autre comme celui d'un personnage fictif, ne semble pas devoir être l'interprétation véritable de la pensée de l'auteur, quand on lit uniquement le premier alinéa de

1 . Du moins !a première fiois que le nom est imprimé : sur les habitudes typographiques de la Bruyère pour les noms, voyez tome 1, p. io3.

la remarque 78 (p. m), où la Bruyère paraît avoir choisi l'iiomme le moins vertueux de l'histoire romaine pour l'opposer à Caton ; mais tournez le feuillet, et lisez le second alinéa (p. 112) : Pisoti y devient le premier venu, qui vous voudrez parmi vos contemporains. De là sans nul doute l'impression de Pison en italique dans les premières éditions qui contiennent la remarque. Plus tard la Bruyère, si ce n'est son imprimeur, mit fin à l'apparente anomalie qui plaçait à côté l'un de l'autre, dans le premier alinéa, deux noms romains en caractères différents ; c'est ainsi que dans les éditions 8 et 9 les deux mots sont écrits en italique, Caton devenant en quelque sorte un personnage fictif, un Monsieur Caton, contemporain du Monsieur Pison , vivant l'un et l'autre à telle époque qu'il vous conviendra.

Page iii., n" 80. — Tel soulage les misérables, qui néglige sa famille...,

Clef manuscrite : « M. le duc de Mazarin. »

Page 114, n° 88. — Le plus grand malheur.... Tels arrêts.... (1689.)

Toutes les clefs donnent ici le nom de : or M. Penautier, » ainsi annoté dans celles du dix-huitième siècle : « Penautier*, receveur général du clergé de France, accusé d'avoir empoisonné M. *** (Matharel)^, trésorier des états de Bourgogne, son beau -père , de laquelle accusation il a été déchargé par un arrêt qui fut très-fort sollicité par M. le Boutz, conseiller de la grand'chambre, son beaufrère, aussi conseiller au Parlement, qui étoit très-habile et en grand crédit. L'on veut qu on ait encore distribué beaucoup d'argent à cet effet. »

« Penautier, dit Saint-Simon {Mémoires., tome IX, p. 4^8), mourut fort vieux en Languedoc (171 1). De petit caissier, il étoit devenu trésorier du clergé, et trésorier des états du Languedoc, et prodigieusement riche. C'étoit un grand homme, très-bien fait, fort galant et fort magnifique, respectueux et très-obligeant; il avoit beaucoup

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