‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 165 sur 257 · Ibidem, p. ia3. — 4. Ibidem, p · texte numérisé non relu

Ibidem, p. ia3. — 4. Ibidem, p

CLEFS F/r COMMENTAIRES. 365

ce qui lui était dû sans obtenir de réponse, et la promesse douteuse qu'il en reçut lorsqu'il prit congé ne pouvait lui donner beaucoup d'espérance*. Mme de Sévigné Tavait bien prédit : le voyage avait été inutile et peu agréable. « Je suis venu chez moi remplacer {)ar être mon maître le bien que je n'ai pu attraper en faisant le valet* : » tel est le dernier mot de Bussy sur ce voyage.

Avant la publication de la réflexion où se trouve cette allusion à un disciple de Catulle «poli, enjoué, spirituel» (c'est bien là un portrait), Bussy fît un autre voyage à la cour où il n'eut pas lieu d'être plus content, je ne dis pas du Roi, mais des courtisans : « .... Au milieu de tous ces agréments, écrit-il le 28 avril 1690 à Mme de Toulongeon (tome VI, p. 332), je trouve, ma chère sœur, que c'est un étrange pays que celui-ci : les gens qui y sont les mieux établis y avalent bien des couleuvres, mais c'est un enfer pour les malheureux. Tout ce que je sais et tout ce que je vois sur cela me fait trouver heureux dans ma province. » Malgré les promesses qu'il a reçues du Roi, et sur lesquelles il compte, il a encore le cœur un peu gros à son égard : « Sur cela je vous dirai , écrit-il a Mme de Sévigné (ibidem^ p. 348 et 349, ^^ Lettres de Mme de Sévigné^ tome IX, p. 554), que si je voulois être fâché, j'en pourrois venir à bout sans en aller chercher bien loin des sujets, mais que je veux être content. »

Bussy a-t-il fait à la Bruyère la confidence de ses tristesses? ou la Bruyère l'a-t-il vu quelque jour dans un coin de la galerie de Versailles, «longtemps debout sans sortir d'une place,» abandonné des courtisans qui s'empressaient autour d'un Dangeau ou d'un Langlée? Qu'on y cherche le souvenir de scènes dont la Bruyère a été l'un des témoins, ou celui d'une conversation soit avec Bussy, soit avec un ami commun de la Bruyère et de Bussy (l'abbé de Choisy ou le marquis de Termes, par exemple), cette réflexion nous semble bien mettre en présence le joueur à la mode et le provincial Bussy, a poli, enjoué, spirituel, » et cependant oublié des courtisans qu'il a connus jadis, négligé de ceux qu'il n'a point connus. A son premier retour, il avait inspiré un peu de curiosité; mais qui se souciait, hors quelques amis, d'un homme disgracié et inutile à tous, eùt-il traduit Catulle tout entier, en eùt-il eu l'esprit et la grâce?

Si cette remarque est un second hommage' que la Bruyère ait rendu à Bussy disgracié , il en a d'abord gardé le secret, car ce n'est qu'en décembre 1691, plusieurs mois après la publication de la

1. Voyez ses deux lettres au P. Bouliours, Correspondance de Bussjy tome VI, p. 124-126, et p. 129 et i3o.

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