Tome II, p. 355 et 356, note
2. « Ce barnabite, dit M. Fournier dans sa seconde note sur le même passage de la Bruyère (tome II, p. 542, note), n'était autre qu'un moine savoyard du couvent de Montargis, dont Mme Guyon avait fait son confesseur et son conËdeut {Annales de la Cour et de Paris ) tome I, p. 246).» -*- Fran-
Le P. la Combe était venu à Paris en compagnie de Mme Guyon, au mois de septembre 1686, et les « deux premiers auteurs du Quiélisme en France, » suivant l'expression de Phelipeaux, avaient aussitôt commencé une active piopagande. « Mme Guyon, dit-il dans sa Relation de V origine..., et de la condamnation du Quiétisme{p. 26), prit soin de procurer des connoissances à son ami, dont elle fit valoir le mérite et la spiritualité. Sa réputation fut bientôt établie , et en peu de temps il devint un fameux directeur chez les barnabites. L'un et l'autre faisoient de fréquentes conférences aux dévotes, qui y étoient puissamment attirées par l'espérance d'arriver en peu de temps à la plus haute et plus sublime contemplation. »
Ne semble-t-il pas cette fois que nous soyons en présence du bar» nabite des Caractères ?
Si ce sont les conférences de la Combe et leur succès qui ont été l'occasion de la remarque de la Bruyère, hâtons-nous de dire que cet appel aux sévérités de l'Archevêché fut, sinon imprimé, du moins publié trop tard pour que l'on puisse accuser la Bruyère d'avoir provoqué l'arrestalion du P. la Combe et de son amie : arrêtés dans les derniers mois de 1687, l'un et l'autre étaient déjà emprisonnés quand la première édition des Caractères fut mise en vente'.
Mais le supérieur lui-même des barnabites, le P. Dominique de la Motlie, frère de Mme Guyon ^, n'étaiî-il pas gagné à sa doctrine, et ne pourrait-il être, tout aussi bien que le P. la Combe, le moine confesseur que nous cherchons? Trop prudent pour s'exposer aux rigueurs ecclésiastiques, i'était-ii assez pour ne pas exciter les impatiences des curés par ses prédications et ses directions? Le passage suivant des Mémoires de le Gendre, qui fut, comme on sait, chanoine de Notre-Dame et secrétaire de l'archevêque de Paris, pourrait à la
cois la Combe (car il s'agit bien de lui) n'appartenait pas au couvent de Montargis; mais c'est en traversant cette ville, dans Tun de ses voyages, qu'il fit la connaissance de Mme Guvon, par l'entremise du confesseur de cette dame, et qu'il devint son directeur.
1. « En 1687, pendant qu'on examina à Rome la doctrine de Michel Molinos, qui fut censurée le 20 novembre de la même année, François de Harlay de ClianvaUm, archevêque de Paris, informé du commerce scandaleux qui étoit entre Mme de Guyon et le P. la Combe, aassi bien que des pernicieux dogmes, semblables à ceux de Molinos, qu'ils osoieut répandre, crut devoir y remédier; et pour en arrêter les progrès, il les fit arrêter par ordre du Roi. La Combe fut enfermé chez les pères de la doctrine de Saint-Charles.... Apres un séjour de cinq à six semaines à Saint-Charles, il fut transféré à la Bastille. » {Relation de l'origine, du progrès et de la condamnation du Quiétisnie, p. 29.) II passa ensuite en diverses prisons du Midi, et fut enfermé à Vincennes en 1698. Il se rétracta et mourut fou.