a déjà été question de ce président au tome I, p
2. Cette remarque eût été plus justement appliquée peut-être à la mère du président de la Barroire : à l'âge de soixante et un ans elle avait épousé en troisièmes noces Pierre Perrin, alors fort jeune, médiocre poëte, que l'on nomme habituellement l'abbé Perrin, et qui obtint le privilège de l'Opéra en 1669 : voyez les Historiettes de Talleraant des Réaux, tome VI, p. 489-491, et le Dictionmiire critique de M. Jal. Cette Mme de la Barroire ne porta jamais le nom de son troisième mari, et resia Mme de la Barroire, quoiqu'elle fût très-régulièrement Mme Perrin.
Pages 181 et 182 , n" 37. — H y n depuis longtemps dans le monde.... (1687,)
« Ceux qui déclament contre les billets', » dit Brillon dans une remarque où il reprend et développe la pensée de la Bruyère, « sont ceux qui n'ont point d'argent à placer. Le financier, le mar^Land ne jugent pas ces cas usuraires; la Sorbonne le décide autremci-t : à qui est-il permis d'appeler de cette décision? » {Tliéopliraste mcd.rne,
Si l'on veut se rendre compte du genre de discussions que les questions relatives au prêt à intérêt soulevaient au moment même où écrivait la Bruyère, on peut ouvrir le trailé publié en 1688 par l'abbé Gaitte, auteur d'un premier livre sur le même sujet, qui avait paru quelques années plus tôt. Son second ouvrage, qui a pour titre : Traclatus de iisu et fœnore (Paris, in-4*'), a été analysé dans \e Journal des Savants, année 1689, p. aS-aS. Quelques pages plus loin (p. 333-335), ce journal rend compte d'un traité sur YUsitre, publié en 1689 par le P. Tboreatier, de l'Oratoire.
Page i8'2, n" 38. — On a toujours va dans la republique.,., (1689.)
Clef de 169^) : « La surinîendance des finances, » — Clefs du dixhuitième siècle : a Le receveur des confiscations, ou la charge de surintendant des finances. » — Des clefs manuscrites ajoutent : « Le prévôt des marchands ou les intendants des finances. »
La Bruyère a donné lui-même, dans une note imprimée dans la g'î édition (voyez p. 182, note 2), la véritable interprétation de sa réflexion; les meilleures clefs manuscrites la répètent.
Pages 182 et i83, n° 39. — Le fonds perdu, autrefois si silr.... (1691.)
Clefs du dix-huitième siècle : ce Allusion à la banqueroute faite par les hôpitaux de Paris et les Incurables en 1689 *, qui a fait perdre
i . « Qui produisent intérêt sans aliénation. »
2. Une clef manuscrite ajoute à la banqueroute des hôpitaux, de Paris celle de la banque de Lyon.
aux particuliers qui uvoient des deniers à fonds perdu sur les hôpitaux, la plus grande partie de leurs biens : ce qui arriva par la friponnerie de quelques-uns des administrateurs, que l'on chassa, dont un nommé André le Vieux , fameux usurier, père de le Vieux, conseiller à la cour des aides', étoit le principal. Cet administrateur devoit être fort riche ; mais sa femme l'a ruiné. [Elle devint amoureuse d'un nommé Ponsange^, qui tloit mousquetaire, auquel elle acheta une charge de lieutenant aux gardes, et lui donna ensuite un gros équipage, et moyen de tenir table ouverte à la plaine d'Ouïlles'', où ledit le Vieux, qui ne savoit rien de cette intrigue, alloit souvent faire bonne chère, qu'on ne lui refusoit pas, puisqu'il la payoit bien. La femme voulut lui faire épouser sa fille;... mais le Vieux s'y opposa, et fit décréter contre Ponsange, et enfin l'obligea, moyennant dix mille livres qu'il lui donna, de quitter sa fille, laquelle s'amouracha ensuite d'un nommé Férillart*, maître des comptes à Dijon, qui l'enleva et l'épousa.] Le fils du susdit {le Vieux) ^ de concert avec la mère, voloit le père, qui le surprit. Il y eut plainte, qui fut retirée. L'on dit que ce le Vieux étant à l'extrémité, et le curé de Saint- Germain l'Auxerrois l'exhortant à la mort, il lui présenta un petit crucifix de vermeil qu'il l'engagea à adorer, à quoi l'autre ne répondit rien ; mais le curé le lui ayant approché de la bouche pour le lui faire baiser, le Vieux le prit à sa main, et l'ayant soupesé, il dit qu'il n'étoit pas de grand prix, qu'il ne pouvoit pas avancer beaucoup d'argent dessus. »
Pavillon, qui avait perdu deux mille livres de rente viagère par suite de l'insolvabilité des hôpitaux, a composé a sur les hôpitaux insolvables » des stances qui ont été publiées dans ses OFMvres (p. lag-iSi, édition de Paris, 1720), et recueillies dans le Chansonnier Maurepas (tome VII, p. Sji-SyS), où elles sont accompagnées de notes, a L'an 1689, lit-on dans une de ces notes, l'hôpital des Incurables fit banqueroute, et l'Hôpital général et celui de l'Hôtel-Dieu de la même ville furent sur le point d'en faire autant la même année ^. » Les administrateurs des hôpitaux, qui étaient les premiers présidents du Parlement, de la chambre des comptes et de la cour des aides, le prévôt des marchands « et plusieurs notables bourgeois et mar-
1. André-Georges le Vieux, conseiller au nouveau Châtelet, puis, en i683, conseiller à la cour des aides.