‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 185 sur 257 · Brillon écrivait ce passage en · texte numérisé non relu

Brillon écrivait ce passage en

3. Jean Soanen, né à Riom en 1647, mourut en 1740, à la Chaise-Dieu, où l'avait fait exiler son attachement au jansénisme. Il avait prêché le carême de 1682 à Saint-Benoît, celui de 1684 à Saint- André des Arts, celui de i685 à Notre-Dame, ceux de 1686 et de 1688 devant le Roi, celui de 1687 à Saint- Merry.

4- « Des prêtres de l'Oratoire, qui faisoient bonne figure parmi les prédicateurs, le P. de la Tour passoit pour le plus touchant, le P. de la Roche pour le plus brillant, ... Soaneu pour le plus éloquent. » [Mémoiresy p. 17.)

CLEFS ET COMMENTAIRES. /,2ï

neur ; aussi la congrégation de l'Oratoire, dans laquelle il étoit, estelle attachée au parti des jansénistes. »

Jean de la Roche, « le plus brillant » des prédicateurs de l'Oratoire, selon l'abbé le Gendre, était fort goûté par Racine '.

Fléchier, qui dès ses premiers serinons avait obtenu de grands succès oratoires, et qui depuis longtemps déjà avait prononcé ses plus belles oraisons funèbres, était évcque depuis deux ans, quand parurent les Caractères.

Le P. Senaut, supérieur général de l'Oratoire, dont on rappelle ici le souvenir, était mort depuis 1672. Il est l'auteur du traité de Vl/sage des passions. Ses panégyriques des saints et ses oraisons funèbres ont été imprimés j mais ses sermons n'ont pas été publiés.

Page 225, n° 9. — Vorateur (ait de si belles images (1687.)

Clef de 1696 : a Le P. de la Boissière, le P. de la Roche, de l'Oratoire, et le P. Gonnelieu. » — Clefs du dix-huitième siècle : (T L'abbé Bouin, grand faiseur de portraits en chaire, habile prédicateur, et grand joueur: ce qui l'a empêché de parvenir aux dignités ecclésiastiques, où il auroit eu bonne part sans cela. »

Joseph de la Fontaine de la Boissière, oratorien^, prêcha en i685 l'a vent à l'Oratoire: c'était sans doute son début ; il y prêcha encore le carême en 1686.

Nous avons parlé du P. de la Roche dans la note précédente.

Le P. Gonnelieu, jésuite^, était, dit l'abbé le Gendre (Mémoires, p. 18), l'un de « ces prédicateurs populaires qui en croyant mieux inculquer quelques vérités effrayantes, tonnent et tempêtent à tout moment. Le pieux tintamarre, ajoute-t-il, de ces hommes de feu qui déchirent leur surplis en chaire n'est tonnerre que pour le peuple : il n'y a que lui qui s'en effraye; et bien loin de faire impression sur

1. II avait prêché l'avent de 1682 à l'Oratoire, en 1684 le carême à Saint- Bartliélemy et l'avent aux Carmélites, le carême de 1686 à Saint-Jean en Grève, le carême de 1687 à Saint-Gervais, les carêmes de 1691 et de 1692 à la chapelle du Roi, etc. Il mourut en 1711, âgé de cinquante-sept ans.

2. Il y avait un homonyme qui était cordelier et prêchait depuis 1682.

3. Jérôme Gonnelieu, né en 1640, est mort en 1715. H avait déjà prêché le carême de i683 à Saint- André des Arts, l'avent de la même année et le carême de 16S4 au couvent des jésuites, l'avent de i685 à Saint-Germain l'Auxerrois, le carême de 1686 àSaint-Merry, le carême de 1687 à Saint-RocJi, l'avciit de 1687 à la paroisse de Versailles, etc.

l'esprit des personnes graves, elles [sic) les font rire souvent.... Quand on se possède si peu, on ne mérite point le nom de prédicateur. »

« Un religieux de Saint-Victor, et le seul de cette maison qui ait fait du bruit par ses sermons, dit l'abbé le Gendre en parlant de Bauïn (p. i6), étoit frère de M, Bauïn , le trésorier de la chambre aux deniers. Il disoit de fort bonnes choses. S'il avoit eu des manières plus réservées et plus de gravité dans ses mœurs, il auroit été loin. Quelque réputation et quelque mérite qu'il eût, il se faisoit si peu valoir que quand des gens de métier le prioient de prêcher leur saint, il le faisoit volontiers, à la condition, bien entendu, qu'ils lui donnassent ce qui lui convenoit de leurs marchandises. Il taxa les chapeliers à deux castors, les marchands de vin à vingt-cinq bouteilles de vin, et les pâtissiers à dix tourtes*. »

Page 225, n° lo. — Un beau sermon est un discours oratoire..., (1689.)

Clefs du dix-huitième siècle : « Le P. Gonnelieu. » S'il faut juger le P. Gonnelieu sur le témoignage de l'abbé le Gendre (voyez ci-dessus, note vi), il est difficile d'admettre qu'il ait été l'un des prédicateurs auxquels il est fait allusion. C'est le nom de Bourdaloue que W^alckenaer a proposé d'inscrire à côté de cette phrase.

I. ot L'abbé Bauin, vulgairement appelé l'abbé Bouin, avoit été religieux de l'abbaye de Saint-Victor de Paris, et par conséquent clianoine régulier de Saint- Augustin. C'étoit un débaucbé et un libertin, qui ne pouvant s'accommoder de la régularité avec laquelle on vit dans cette abbaye, songea à changer d'ordre pour en sortir. Il entra dans l'ordre de Cluny par permission du r>ape, et depuis demeura à Paris, d'où il étoit, vivant comme un bandit, passant sa vie à jouer et à piper, à boire.... Avec tout cela il étoit bon prédicateur, solide, touchant, savant, éloquent; mais en sortant de la chaire, il sejetoit dans la débauclie. » [Chansonnier Maurepas ^ tome V, p. SSg.) — Il a prêché, en i665, l'avent à Saint-Jean en Grève et aux Nouveaux Convertis de la Foi, et le carême à l'abbaye de Saint- Victor ; l'avent de 1666 au couvent de Saint-Victor; le carême de 1667 aux Carmélites de la rue du Bouloi ; le carême de 1668 à Saint-Jacques la Bouche-rie ; le carême de 1670 à Saint- Nicolas des Champs; en 1671,1e carême à Saint-Séverin et l'avent à Saint- Jacques la Boucherie ; le carême de 1672 à Saint-Barthélémy; en 1673, le carême à Saint-Paul et l'avent à Saint-Germain l'Auxerrois ; le carême à Saint- Merry et l'avent aux religieuses carmélites de la rue Chapcm en 1674; l'avent de )677 aux Prémcmtrés de la rue Hautefeuille; l'avent de 1679 à Saint-Benoît et à l'iiApital de la Charité; le carême de 16S0 à Saint-Roch. Il était docteur de Sorbonne, et avait les titres de conseiller, aumônier et prédicateur du Roi.

Page 226, n° 12. — La morale douce et relâchée.... (1687.)

Clef de 1696 : « L'abbé Boileau. t — Clefs du dix-huitième siècle: « L'abbé Boileau et l'abbé Fléchier. »

Pages 226 et 227, n° i3. — Von peut faire ce reproche.... (1689.) Clefs diverses : « Contre les oraisons funèbres. »

Il s'en est trouvé quelques-uns....

Annotation de toutes les clefs, sauf quelques différences de rédaction : «L'abbé de Roquette, neveu de l'cvéque d'Autun, devant prêcher le sermon de la Cène en présence du Roi, avoit composé un discours tout à la loua^nge de ce prince; mais Sa Majesté ne pouvant s'y trouver, l'abbé n'osa prononcer un discours où il étoit parlé beaucoup du Roi et peu de Dieu. »

Cette mésaventure de l'abbé de Roquette est parfaitement authentique. Le jeudi saint, i5 avril 1688, Louis XIV, retenu par la goutte, ne put assister à la cérémonie de la Cène : l'abbé de Roquette, c qui s'étoit préparé à prêcher devant le Roi, dit Dangeau, s'excusa, » et la cérémonie s'accomplit sans qu'il y eut de sermon {Journal, tome II, p. i3o; sur cet abbé, voyez de plus, au même tome, p. 869).

Le manuscrit Cochin confond à tort cet abbé et son oncle Gabriel de Roquette, évêque d'Autun*, auprès duquel il vivait, dans l'espoir d'obtenir sa coadjutorerie. « L'abbé Roquette , dit Saint-Simon (tome V, p. 347 et 848), avec ses sermons, son intrigue, ses cheveux blancs et tant d'espérance, n'a pu parvenir à l'épiscopat. Il a fini chez Mme la princesse de Conti, fille de Monsieur le Prince, dont il se fit aumônier, et son frère son écuyer. ?»

À. Voyez tome I, p. SIq et r')4o, note iv.

4'2/t APPENDICE.

Page 227, n° 14. — Théodule a moins réussi.... (1687.)

Clefs du dix-huitième siècle : « L'abbé Flécliier. » — Clefs manuscrites : « L'abbé Anselme '. »

Sur l'abbé Anselme, qui avait prêché en 1686 à Versailles, et dont le nom, aussi bien que celui de Fléchier, vient ici mal à propos, voyez ci-dessus, p. 41^? note m.

Page 227, n° 16. — Si vous êtes d'une certaine qualité.... (1687.)

Clefs de l'exemplaire de M. Danyau : « L'abbé d'Etampes et autres. 9

Théodat a été payé

Même clef et autres clefs manuscrites : « M. de la Broue, évêque de Mirepoix. »

Pierre de la Broue, « ami et créature de Monsieur de Meaux, «c'està-dire de Bossuet, stiivant l'abbé Pheli peaux, a été nommé en 1679 à l'évêché de Mirepoix. « Ce prélat, ajoute Phelipeaux [Relation sur l'orig-ine... du Quiétisme^ p. 34), avoit prêché avec réputation; il étoit bon théologien, et avoit du goût pour les belles- lettres ; il étoit d'un naturel doux et modeste.... » Il eût désiré être nommé précepteur du duc de Bourgogne; mais Fénelon l'emporta sur lui. Il mourut dans son diocèse en 1720, âgé de soixante-dix-sept ans,

Page 228, n" 18. — Le nom de ce panégyriste semble gémir.... (1687.)

Clef manuscrite : «L'abbé de Jarry. »

Laurent Juilhard du Jarry, prédicateur et poète, prêtre prieur de Notre-Dame du Jarry, né en i658, mort en 1780, a laissé plusieurs volumes de sermons, de panégyriques et d'oraisons funèbres, et un ouvrage sur le Ministère évangélique (1726). Il n'avait encore composé , si je ne me trompe , qu'une seule oraison funèbre qui eût été imprimée, celle du grand Condé, prononcée en l'abbaye de Maubuison le 3 mai 1687. 11 fit en 1690 celles de la Dauphine,

I. Les sermons d'Antoine Anselme (i65';i-i737) ont été imprimés en 1721.

CLEFS ET COIMMENTAIRES. 4'^^

Marie-Anne-Christine île Bavière, et du duc de Montausier; en 17 12 celles du grand Dauphin et de sa femme.

Cette réflexion lui a été, ce nous semble, très-injustement appliquée; car sur le titre de VOraison funèbre du prince de Condé, il s'est simplement nommé : a M. l'abbé du Jarry, » sans autres qualités.

.... De vastes affiches qui....

Briilon, après la Bruyère, s'est plaint des moyens auxquels recouraient les prédicateurs , et aussi les marguilliers de chaque paroisse , pour attirer la foule aux sermons de l'avent ou du carême :

« Ne dites point, écrit-il dans son Théopliraste moderne (p. 34o et 341), qu'il y a de l'injustice à s'élever contre l'ambition du ministère évangélique : tout nous y porte. Une liste publiquement criée prévient en faveur du ministre ; une affiche, répandue et multipliée sur les portiques du temple, contient son éloge; le ministre lui-même, à la fin d'un discours fleuri, invite agréablement ses auditeurs à le venir entendre. Usages vains et orgueilleux!... »

Cette « liste publiquement criée',» c'est celle où l'on a réuni, aux approches de chaque carême et de chaque avent, le tableau de tous les prédicateurs engagés par chaque fabrique : lorsqu'une église n'est pas en mesure de donner d'avance les noms de tous les orateurs qu'elle fera entendre, elle a soin de promettre « d'illustres prédicateurs, j) La Bibliothèque Impériale possède une collection de ces listes, réunies en deux volumes : voyez ci-dessus, p. 889, note xii, rindication du premier.

Les églises, de plus, avaient soin de faire Imprimer des affiches où le dénombrement des titres et des dignités des prédicateurs annoncés se faisait plus longuement que sur le tableau général : ce sont les « vastes afficiies » dont parle la Bruyère, et qu'il nous montre distribuées ou collées de tous côtés, tandis que Briilon se contente de les multiplier « sur les portiques*. »

Les panégyriques étaient souvent d'excellentes occasions de se faire apprécier : « Certains panégyriques oh accourent les connoisseurs y des vêtures, des professions, me mirent en vogue de bonne heure, » dit le Gendre dans ses Mémoires (p. 7 et 8).

I . Il en est aussi question dans un autre passage du Théophraste moderne (p 340) : « De riches offres, » dit Briilon à la suite d'un morceau cité plus haut (p. 420, note iv), « le consolent du chagiin de n'avoir qu'un trèssimple auditoire : il espère que la liste le rendra célèbre, el qu'à force d'être annoncé aux grands, il n'y aura point de place dans l'église pour les paroissiens, ni même dans l'œuvre pour les marguilliers. i>

•1. Billion parle enc«)re de ces affiches dans le même ouvrage, p. 355 et 356.

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Pages 229 et 280, n" 23. — Tel tout d'un coup^ et sans y avoir pensé la veille.... (1692.)

Clef de 1696 et clefs suivantes : « Le sieur Gédéon Pontier, auteur du Cabinet des Princes. »

Dans la Comédie de la Bruyère, M. Fournier a démontré par un heureux rapprochement que les auteurs des clefs ont ici rencontré le nom véritable de Dioscore, ou du moins de l'un des Dioscore qui ont posé devant la Bruyère. Nous citons M. Fournier (tome II, p. 392 et 293) :

« Ils ont joint les lettres avec les armes, et ont une belle biblio- « thèque, où il y a des manuscrits rares, grecs et latins. Le père et « le fils sont des bibliothèques vivantes. » C'est Gédéon Pontier qui parle ainsi du grand Condé et de son fils, dans son bizarre ouvrage, le Cabinet des Grands *. Il n'eut pas le profit de son éloge. Ayant dit ailleurs ^, à propos de Paris : a L'agréable fleuve de la Seine passe « par le milieu, et ne fait que serpenter à sa sortie comme s'il avoit « de la peine à le quitter, » la Bruyère saisit la phrase au bond pour en faire un des ridicules de son Dioscore, dont il dit : « Il écriroit « volontiers que la Seine coule à Paris *. »

Ptige 235, n° 29- — Il me semble qu^ un prédicateur devrait.... abandonner toutes ces divisions.... (1689 )

Clefs du dix-huitième siècle : « Le P. de la Rue, jésuite. » « Le P. de la Rue'' étoit un bon humaniste, dit l'abbé le Gendre (p. 20); il avoit régenté la rhétorique avec éclat. Cette haute répu-

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