Ibidem, p. 11 r et
3. a Tout le monde, dans ce trait, reconnut Gédéon Pontier. » (Camusat, Histoire critique des journaux., tome II, p. 36 et 37. Voyez aussi les Pièces fugitives d'histoire et de littérature, 1704, in-12, 3* partie, p. 5l7.) — {^Note de M. Fournier.)
4. Charles de la Rue (1643-1725) avait déjà prêché Pavent de 1678 et Pavent de 1684 au couvent des jésuites; le carême de 1686 à Saint-Eustache-, Pavent de la même année à Saint-Sulpice; Pavent de 1687 devant le Roi, etc. On a de lui quatre volumes de sermons, et quatre volumes de panégyriques ou d'oraisons funèbres.
tation qu'il s'étolt acquise au collège déclina insensiblement quand il se fut mis à prêcher. Les connoisseurs ne le trouvèrent pas à beaucoup près aussi éloquent en François qu'il l'avoit paru en latin. Il ne laissa pas de faire du bruit et de se soutenir, tant par la prévention que l'on avoit en sa faveur que par les intrigues de sa compagnie, celles de ses amis et les grandes louanges qu'ils lui donnèrent. Sa physionomie d'honnête homme, sa voix forte, quoique un peu rude, et sa science, attiroient grand monde à l'entendre. Lorsqu'il se fut avisé d'imprimer ses sermons, croyant se mettre par là sur la ligne du P. Bourdaloue, on les trouva si ordinaires qu'on eut honte de les avoir applaudis. »
Pages 238 et aSg, n° 4. — Quelques-uns achèvent de se corrompre....
La Bruyère ne pensait-il pas à François Bernier, le célèbre voyageur, qui après avoir publié ses Voyages (1670 et 1671J, fit paraître en 1678 un Abrégé de la philosophie de Gassendi, bientôt suivi (1682) de ses Doutes sur quelques chapitres de l'Abrégé de la philosophie de Gassendi?
Bernier était mort en i688. Il avait visité eu i654 l'Assyrie, l'Egypte et l'Inde, et il était resté douze ans auprès du Grand Mogol.
Page 240, n^S. — Toute plaisanterie dans un homme mourant... (1687.)
Clefs des éditions Coste : « M. le comte d'Olonne dit au lit de la mort, quand on vint l'avertir que M, de Cornouaille , vicaire de Saint-Eustache , entroit pour le confesser : « Serai-je encornaillé (( jusqu'à la mort ? »
Le comte d'Olonne reçut les derniers sacrements le 18 janvier 1686 et mourut le 3 février. L'auteur des feux d^ esprit et de mémoire (1694, p. 27}, J. Brodeau , prétend avoir entendu conter cette anecdote à
Chantilly devant Condé , alors que d'Olonne vivait encore. La Bruyère n'assistait pas à la conversation ; mais il dut entendre répéter, soit à Versailles, soit à Chantilly, la méchante plaisanterie que l'on prêtait à d'Olonne. Dans les Jeux cfesprit, le président de Champlâtreux fait à Condé le récit qui suit :
« Je crois que Votre Altesse , dit le président , sait que le
comte de est à l'extrémité et abandonné des médecins; vous
savez avec toute la cour qu'il est du nombre de ceux à qui leur femme ne leur a pas gardé longtemps la fidélité. Comme ce malade a connu le péril de son mal , il envoya prier Monsieur le curé de Saint-Eustache, son pasteur, de vouloir bien avoir la bonté de lui venir administrer les sacrements de l'Église. Ce curé , se trouvant incommodé, envoya à sa place M. de Cornouaille, son vicaire, qui fit au malade le compliment dont il étoit chargé; ce malade demanda au vicaire comment il s'appeloit : il lui dit que son nom étoit Cornounllle, à son service; le comte répondit : a Ah ! mon Dieu ! des « cornes peuvent-elles servir de quelque chose à un honnête homme? « c'est la grandeur des miennes qui m'accablent, et me font mourir a de chagrin de les porter. »
«Il existe, dit Walckenaer {Remarques, etc., p. ySi), un petit ouvrage de Deslandes, sur les Grands hommes qui sont morts en plaisantant^^ auquel la Bruyère fait probablement allusion dans ce caractère. )) Cette conjecture est inadmissible, André-François Boureau Deslandes étant né en 1690, et ayant fait paraître ce volume en 171 2.
Page 243, n° 18. — Un grand croit s^ évanouir.,.. (1692,)
Clef de 1696 : a Un grand .^ M. de Louvois. — Un autre grand ^ M. de Seignelay. » — Clefs des éditions Coste : a Feu M. de la Feuillade, M. de Louvois ou M. de Seignelay. »
Page 247, n" 26. — Deux sortes de gens fleurissent.... Une troupe de masques entre dans un bal,... (1694.)
« Ceux qui ont la conduite du bal, dit Compan dans son Dictionnaire de la Danse (p. 24 et 25), doivent être attentifs que chacun
I. Reflexions sur les grands hommes, «/<■, Amsterdam, 17 12. Ce livre a été plusiem's fois réimprimé.
danse à son tour, afin d'éviter la confusion et le mécontentement. Lorsqu'il arrive des masques, il faut les faire danser les premiers, pour qu'ils puissent prendre de suite ceux de leur compagnie. »
Il était d'usage que les masques fussent reçus dims un bal, dès qu'ils s'y présentaient. Grâce à la règle de politesse qui faisait inviter immédiatement l'un des masques ainsi introduits, il leur était facile de prendre la danse pour eux seuls, dans le menuet particulièrement, qui se dansait à deux, et où danseurs et danseuses se succédaient, choisis par la personne qui avait la main : c'est-à-dire la danseuse du second menuet par le danseur du premier menuet, qui dansait encore le second; le danseur du troisième par la danseuse du second, qui dansait encore le troisième; et ainsi de suite. On trouvera dans le Dictionnaire de Compan (p. 22-24) "^s règles d'étiquette ou de bon goût que l'on devait suivre pour les invitations, et dans les Mémoires de Saint-Simon (tome II, p. 65 et p. 878 et 879) deux passages qui peuvent servir de commentaire aux explications de Compan et à la scène décrite par la Bruyère.
Une troupe de danseurs inconnus, même non masqués, qui serait accourue, ainsi que les usages le permettaient, à l'assemblée où quelque bourgeois galant donnait les violons, eût pu de même empêcher quelque temps les gens du bal de danser; mais le masque donnait des immunités particulières et rendait plus facile la prolongation de ce mauvais tour.
Il arrivait parfois à des sociétés rivales, à des cabales, d'essayer de s'exclure de la danse les unes les autres. En voici pour preuve un passage des Mémoires de Mademoiselle de Montpensier (tome I, p. 44» édition de M. Chéruel) :
a Je fus encore aux assemblées et aux comédies que Mme la comtesse de Soissons faisoit donner : ce n'étoit plus à l'hôtel de Brissac, c'éloit à l'hôtel de Créqui. Madame la Princesse, à son imitation, en faisoit à l hôtel de Ventadour. Il y avoil dans Paris des brigues perpétuelles pour ces deux assemblées, à qui s'attireroit plus de gens, c'est-à-dire plus d'hommes ; quant aux femmes, le nombre en étoit toujours réglé. Nous n'avions point de plus grand divertissement que lorsqu'il venoit quelqu'un de ceux de l'hôtel de Ventadour, comme MM. de Beaufort, Coligny, Saint-Mesgrin, que je nomme comme les tenants de l'assemblée et les plus galants qui donnoient les comédies et les violons. Quand ils venoient à l'hôtel de Créqui, nous nous donnions le mot l'une à l'autre pour ne les point faire danser.... S'il y avoit quelques grandes assemblées où toutes nos deux bandes fussent mêlées, c'étoient des intrigues inconcevables pour s'empêcher de danser les unes les autres : c'étoient là nos affaires d'Etat et nos occupations. »
A3o APPENDICE.
Page 248, n° 29. — Si Pou nous assurait que le motif secret de l'ambassade des Siamois. .. (1687,)
L'ambassade des Siamois dont il s'agit est certainement celle qui était arrivée en France à la fin de 1686, et à laquelle la Bruyère a déjà fait allusion (voyez ci-dessus, p. 88, n^ 22). Suivant les clefs imprimées cependant (s'il n'y a ])as de faute d'impression dans le dernier chiffre de Tannée qu'elles indiquent), il serait question de l'ambassade envoyée en « 1680; » mais celle qui partit de Siam vers cette époque périt en mer : on apprit sa perte à Versailles, en 1684, par le récit de Siamois qui vinrent à la cour et furent reçus par les ministres. Cette première ambassade siamoise eut toutefois pour résultat l'envoi dans le royaume de Siam d'une ambassade française, qui avait pour mission d'obtenir la conversion du Roi au catholicisme. Le chevalier de Chaumont en était le chef, et l'abbé de Choisy était (( son coadjuieur, » comme le disait Louis XIV '. — Voyez sur la réponse que l'on prêtait au roi de Siam, recevant l'ambassade de Louis XIV, la Correspondance de Madame, duchesse d^ Orléans y tome I, P- 94.
I. Mémoires de Choisy, collection Petitot, tome LXIII, p. 32 1.