‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 187 sur 257 · PRONONCÉ DANS · texte numérisé non relu

PRONONCÉ DANS

LACADÉMIE FRANÇOISE PAR LA RRUYÈRE

LE i5 JUIN 1693 JOUR DE SA RÉCEPTION

La Bruyère avait jugé sévèrement dans ses Caractères le Mercure galant'^, et s'était ainsi fait un ennemi du rédacteur de cette gazette, Donneau de Visé. Son Discours à l'Académie, où il semblait sacrifier la gloire de Corneille à celle de Racine, avait blessé Thomas Corneille, associé de Visé depuis quelques années, et Fontenelle, neveu des deux Corneille et ami du Mercure. De là les injurieuses critiques qui furent faites de son livre et de son Discours dans l'article où le Mercure rendit compte de sa réception à l'Académie^.

Tandis que l'on y comblait d'éloges l'abbé Bignon, reçu le même jour à l'Académie, on y accusait la Bruyère d'avoir « voulu faire réussir son livre à force de dire du mal de son prochain, » d'avoir mis à profit « le désir empressé qu'on a de voir le mal que l'on dit d'une infinité de personnes distinguées, » d'avoir « calomnié toute la terre, » et obtenu son admission à l'Académie « par les plus fortes brigues qui aient jamais été faites. » Son livre, disait-on, était un « amas d'invectives. » Quant à son Discours^ on déclarait que « toute l'assemblée » avait « jugé qu'il étoit directement au-dessous de rien. » C'était retourner contre lui les termes dont il s'était servi à l'égard du Mercure.

L'article du Mercure ne fut point la seule vengeance des ennemis de la Bruyère : on le chansonna. et avec lui Racine et Régnier Desmarais, qui avaient soutenu sa candidature. Article et chansons, nous donnerons ces documents dans les Pièces justificatives.

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