Le P. du Rosel et le P. Alleautne
2. Ce passage montre que ce sont les Métamorphoses d'Ovide que la Bruyère désigne ailleurs par cette expression : « la fable. »
3. Monsieur le Duc était Henri -Jules de Bourbon, père du jeune duc de Bourbon; sa femme, dont il sera question ci-après {let-
nécessité de rendre compte l'intéressera beaucoup à bien étudier et me sera de quelque soulagement. Je suis avec tout le respect que je dois , Monseigneur,
de Votre Altesse Sérénissime
le très-humble et très-obéissant serviteur,
Delabruyère.
Au dos : ^ Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Prince^ à Paris,
LA BRUYÈRE A CONDÉ
Ce jeudi [8 novembre (?) i685], à Fontainebleau.
Monseigneur,
Je dispose Monsieur le duc de Bourbon à pouvoir vous rendre compte, à votre retour à Versailles, de toute la vie de Louis XII, dont je lui fais une répétition qui sera terminée à peu près dans le temps que Ton partira de Fontainebleau. Je me trouve toujours obligé à repasser par tous les endroits de la carte qu'il a déjà vus et qui sont les plus indispensables à savoir, à faire la même chose de ce que l'on a appelé gouvernements, et ainsi des gé-
tres XII, XIII et xiv), était de même simplement appelée Madame la Duchesse : après la mort de Condé, on les nomma Monsieur le Prince et Madame la Princesse. Les appellations : « M. le duc de Bourbon et Mme la duchesse de Bourbon » désignaient, à l'époque où nous placent les lettres, leur lils et leur belle-fiUe, élèves l'un et l'autre de la Bruyère.
Là Bruyère, ii 3a
néalogies : je ne vois point d'autre moyen de lui rendre tout cela propre et familier. La fable avance assez, et il la retient avec la facilité ordinaire. Je lui ferai revoir à Versailles quelque chose du blason , les principes et la pratique : j'ai peur qu'il ne l'ait un peu oublié. Il apprend par cœur ce qu'il a intérêt de mieux savoir dans toutes ses différentes études. Elles sont interrompues par la chasse du loup, les autres chasses, et par les plaisirs de la cour*; je dois seulement assurer Votre Altesse que le temps que nous avons libre est utilement employé, et que je réveille l'attention de Monsieur le duc de Bourbon par tout ce que je puis, et que j'en suis assez content. Je suis avec un profond respect , Monseigneur,
de Votre Altesse Sérénissime
le très-humble et très-obéissant serviteur,
Delabruyère.
Au dos : A Son Altesse Sérénissime Monseigneur le Prince f à Chantilly; et d'une autre main : M. de la Bruyère .
I. Il y avait chasse presque tous les jours à Fontainebleau. Quand le Roi n'allait pas « tirer, » il courait le cerf ou encore prenait des sangliers. Monseigneur chassait d'ordinaire le loup. Le duc de Bourbon, qui devait assister le plus souvent aux chasses du Roi, accompagna Monseigneur, c'est-à-dire le Dauphin, dans la chasse qu'il fît à Valéry, chez Monsieur le Duc, le lundi 5 novembre, et d'où l'on ne revint que le lendemain ; il y eut au retour de cette chasse un grand dîner donné par Monseigneur. La date de cette chasse au loup, à laquelle la liruyère fait sans doute allusion en mentionnant a la chasse du loup » parmi les plaisirs qui interrompent ses leçons, permet peut-être d'assigner avec quelque certitude à cette lettre celle du jeudi 8 novembre, le dernier jeudi que la cour ait passé à Fontainebleau. Il y avait eu la veille comédie française.
LA BRUYÈRE A CONDÉ
Monseigneur,
Hier dimanche, à six heures du soir, Madame la Duchesse envoya quérir Monsieur le duc de Bourbon ; il entra dans son cabinet au château \ je l'accompagnai ; je lui fis rendre compte de la généalogie de François premier, et comment il avoit succédé à Louis XII, quelles prétentions il avoit sur le duché de Milan contre la famille des Sforces usurpateurs, son entreprise sur le Milanez, le passage des Alpes, l'opposition des Suisses, la surprise de Villefrance ^, où étoit Prosper Colonne avec les troupes du Pape, tout le détail^ de la bataille de Marignan , les fruits de cette victoire , l'abouchement du Roi avec Léon X, la mort de l'empereur Maximilien, les brigues de François I et de Charles roi d'Espagne, pour être élevés à l'Empire, les fautes du premier dans le cours de la négociation, les motifs et les raisons des électeurs et des princes allemands pour l'exclure et lui préférer Charles-Quint. Voilà, Monseigneur, les choses sur lesquelles j'interrogeai Monsieur le duc de Bourbon, qui répondit fort bien à tout, en bons termes, parla bien trois petits quarts d'heure de suite avec beaucoup de netteté et de jugement. Madame la Duchesse lui fit de son côté quelques questions, auxquelles il satisfit sans hésiter. Je crois que Son Altesse vous a mandé qu'elle
I. Au château de Versailles, où Monsieur le Duc et Madame la Duchesse avaient un appartement, a. Villa franca, en Piémont.