PHÉLYPEAUX, COMTE DE PONTCHARTRAIN% A LA BRUYÈRES
Du 5« juillet 1694.
Il me semble, Monsieur, si je ne me trompe, d'avoir
eut a méprise, oubli ou malentendu, » nous confessons ne la poiut connaître. Mais ce «f pâté » n'a rien qui nous surprenne dans les relations de Monsieur le Prince avec Santeul, l'un des convives les plus habituels de Chantilly, et l'un des familiers dont la présence y était le plus nécessaire. Il se peut fort bien qu'un pâté, promis à Santeul, ait été vainement attendu par lui à l'abbaye de Saint-Victor, et que cette vaine attente ait mis le poëte en colère: il s'est parfois fâché pour de moindres griefs.
1. Dans le SantoUana : a que je vous donne; » et plus loin : a avec une estime possible. »
2. Cette lettre a toutes les apparences de l'authenticité, et elle est bien conforme aux relations qui existaient entre Santeul et la Bruyère, ainsi qu'on peut le voir dans la Notice biographique.
3. Jérôme Phélypeaux ne porta ce titre qu'après la mort de son père (1727). Reçu conseiller au Parlement le 28 mars 1692, il n'avait pas encore vingt ans lorsqu'il devint, le 27 décembre 1693, survivancier de la charge de secrétaire d'Etat de la marine, alors occupée par Pontchartrain. — « Son père, dit Saint-Simon (iVofe sur le Journal de Dangeau, tome V, p. 248), Tavoit envoyé faire une tournée par les ports du royaume pour apprendre, où il fut reçu partout en fils de France. * C'est pendant cette tournée, où l'accompagnait M. de la Loubère (voyez ci-dessus, p. ^"Jï^ note 2), qu'il écrivit à la Bruyère. Il mourut le 8 février i747' Voyez son portrait dans les Mémoires de Saint-Simon, tome IV, p. 377 et 378.
4. Cette lettre et la suivante, tirées de l'un des registres qui con-
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lu dans votre excellent livre des Mœurs de ce siècle que Tamour-propre nous expose souvent à de grands inconvénients^. Il faut assurément que vous ne vous souveniez pas de ce passage, ou que vous ne le preniez pas pour vous, et que vous soyez aussi amoureux de vous-même que le Narcisse de Chantilly^, pour croire que lorsque nous sommes seuls, M. de la Loubère et moi, nous ne passons pas un seul moment sans songer à vous : il faudroit que nous n'eussions guère de clioses à faire. Je vous dirai, moi, pour rabattre un peu de votre vanité, que sans votre lettre nous n'aurions peut-être pas fait réflexion que vous fussiez au monde, et que notre voyage se seroit passé sans qu'il eût été fait mention de vous. Sérieusement parlant, vous êtes un grand paresseux depuis près de deux mois que je suis parti ^. Vous ne m'avez donné aucun signe de vie, et vous méritez bien* les reproches que je vous fais. Cependant je me sens trop de penchant à vous pardonner, pour ne pas excuser volontiers vos fautes passées, à la charge que vous \ous corrigerez à l'avenir. J'ai lu avec un extrême plaisir toutes les nouvelles que vous m'écrivez de Chantilly. Il y en a telles qui m'ont
tiennent les copies des lettres de Phélypeaux fils, aux archives du ministère de la marine, ont été publiées pour la première fois par M. Depping, dans le Bulletin du comité historique des monuments écrits de l'histoire de France^ tome II, p, 55 et 56, et réimprimées, en 1867, par M. A. Jal, dans son Dictionnaire critique de biographie et d^histoirey article la Bruyère, p. 715 et 716. La première lettre a été écrite de Brest. Elle est aux folios 25 et 26 du registre.
1. Phélypeaux ne confond-il pas ici les Maximes de la Rochefoucauld et les Caractères de la Bruyère ?