Tous les premiers mouvements de cette âme sont de Dieu
et c'est sa conduite infaillible C'est donc la conduite de cette
âme, de suivre aveuglément et sans conduite les mouvements qui sont de Dieu, sans réflexion. » (Livre des To/ren^j, partie II, chapitre IV, nos I et 2, p. 267.)
4. « Ici toute réflexion est bannie, et l'âme auroit peine même quand elle voudroit en faire. Mais comme, en s'efforçant, peut-être
* Cette citation accompagne , dans l'ancienne édition , la phrase précédente du Directeur (p. 65o); mais sa véritable place doit être ici.
voiidrolt, elle auroit peine à en faire. Mais comme, en s'effoî'çant, peut-être en pourroit-elle venir à bout, il faut l'éviter plus que toute autre chose , parce que la seule réflexion a le pouvoir de faire entrer l'homme en lui et le tirer de Dieu. Or je dis que si l'homme ne sort point de Dieu, il ne péchera jamais, et s'il pèche, qu'il en est sorti, ce qui ne se peut faire que par la propriété, et l'âme ne peut la reprendre que par la réflexion.
Le docteur. Mais si la réflexion , mon Père , contribue à conduire cette âme au bien et à la détourner du mal, en quoi, je vous prie, lui pourroit-elle nuire ?
Le directeur. En quoi, demandez - vous ? Ce seroit pour elle un enfer semblable à ce qui arriva au premier ange au moment de sa rébellion. Concevez donc que la sagesse de Dieu, accompagnée de sa divine justice , comme un feu impitoyable et dévorant, ote à l'âme tout ce qu'elle a de propriété, de terrestre, de charnel et de propre activité, et ayant ôté à l'âme tout cela, il se l'unité Y êtes-vous?
Le docteur. Pas encore, je vous l'avoue.
Le directeur. Vous n'entrez pas dans ces mystères, parce que la clef de l'abandon vous manque : je le vois par la nécessité de l'attention et de la réflexion que vous supposez dans les voies de Dieu.
Le docteur. Je connois, mon Père, une parfaite résignation
eu pourroit-elle venir à bout, il faut les éviter plus que toute autre chose; parce que la seule réflexion a le pouvoir de faire entrer l'homme en lui, et le tirer de Dieu; et je dis que si l'homme ne sort point de Dieu, il ne péchera jamais, et que s'il pèche, il en est sorti : ce qui ne se peut faire que par la propriété; et l'âme ne peut la reprendre que par la réflexion, qui seroit pour elle un enfer semblable à ce qui arriva au premier ange. » (^Livre des Torrents, partie II, chapitre iv, n° 2, p. 267 et 268.)