‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 250 sur 257 · Ibidem fYi^ i5, p. 226 et · texte numérisé non relu

Ibidem fYi^ i5, p. 226 et

teurs, pour ne point sentir la puanteur de leur corruption. Non, non, laissez-vous, etc. »

* Voyez ci-dessus, p. 654, notes 1 et ***.

DIALOGUE VII. C)6i

auxquels elle seroit fâchée de donner la plus petite attention. Suis-je dans le fait"?

Le directeur. « Les autres ne la voient plus qu'avec horreur ; mais cela ne lui fait point de peine : elle est même ravie que Dieu ne la regarde plus; qu'il la laisse dans la pourriture, et qu'il donne aux autres toutes ses grâces ; que les autres soient l'objet de ses affections, et qu'elle ne cause que de l'horreur*. Vouloir être rien aux yeux de Dieu, demeurer dans un entier abandon, dans le désespoir même; se donner à lui lorsque l'on en est le plus rebuté, s'y laisser et ne se pas regarder soi-même lorsque l'on est sur le bord de l'abîme : c'est ce qui est très-rare, et qui fait l'abandon parfait^. De dire les épreuves étranges qu'il fait de ces âmes du parfait abandon qui ne lui résistent en rien*, c'est ce qui ne se peut, et ne seroit pas compris. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'il ne leur laisse pas une chose qui puisse se nommer, ni en Dieu, ni hors de Dieu^. »

Le docteur. Je remarque, mon Père, qu'après avoir plongé cette pauvre âme dans le désespoir, dans la corruption, et dans la pourriture, comme si ce ne devoit être que le commencement de ses souffrances, vous nous parlez d'épreuves si étranges et si inouïes qui doivent encore l'exercer, qu'il semble que vous les taisiez par la défiance où vous êtes qu'elles ne soient pas comprises. Je doute aussi, de ma part, que Madame et moi devions vous les demander avec [)lus d'instance; car enfin nous pourrions apprendre des choses abominables.

Le directeur. Mais, Monsieur, faut-il s'expliquer plus clairement sur cette matière? N'est-ce rien vous dire, quand on vous dit que Dieu ne laisse pas à ces âmes V ombre (ï une chose qui se puisse nommer^ ni en Dieu^ ni hors de Dieu? Com-

a. Cet alinéa est, comme le précédent et le suivant, marqué de guillemets, et a un ibidem à la marge, par erreur sans doute.

1. Livre des Torrents, partie I, chapitre viii,nos jq et ii, p. 228.

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