‹ Œuvres de La Bruyère (volume 4)Chapitre 253 sur 257 · Livre des Torrents, partie II, chapitre 11, nP 4i P · texte numérisé non relu

Livre des Torrents, partie II, chapitre 11, nP 4i P

a. Après les mots ; « se dérèglent », notre édition ne met qu'une virgule, sans guillemets ; mais la citation reprend ici, et c'est à tort que l'éditeur des Dialogues n'a placé de guillemets que trois lignes plus bas .

ù. Dans les Torrents: « Tout coopère en bien à ceux qui aiment. » Ces mots sont tirés de VEpître de saint Paul aux Romains, chapitre VIII, verset 28.

2. Livre des Torrents, partie I, chapitre vu, § 4i n°^ 44 ^t 4^, p. 217 et 218.

c. Cette phrase n'est point la continuation de la citation précédente, bien qu'elle semble j être rattachée par le mot : continuons^ et que l'éditeur n'ait pas mis ici d'alinéa. Elle est extraite du chapitre m de la partie II des Torrents, n" 3, p. 261.

d. Ici encore, bien qu'il n'y ait pas même un alinéa pour l'indi-

« Les âmes du second ordre, je veux dire les saints et les saintes, paroissent plus grandes que les âmes du troisième ordre, qui sont nos parfaites abandonnées, à ceux qui n'ont pas ce discernement divin ; car celles-là arrivent à une perfection éminente. Elles ont des unions admirables. Mais cependant ces personnes ne sont jamais véritablement anéanties, et Dieu ne les tire pas de leur être propre, pour l'ordinaire, pour les perdre en lui. Ces âmes font pourtant l'admiration et l'étonnement des hommes : elles sont les prodiges et les miracles de leur siècle. Dieu se sert d'elles pour en faire ses saints"*; il semble qu'il prenne plaisir d'accomplir tous leurs désirs. Ces âmes sont dans une grande mortification. On les croira dans les mêmes voies des dernières et plus avancées^ : elles se servent des mêmes termes de mort^ àe perte ^ ^anéantissement^ et il est bien vrai qu'elles meurent en leur manière, qu'elles s'anéantissent et se perdent ; elles portent leur perfection où elle peut aller ; elles sont détachées, elles aiment la pauvreté : cependant elles sont et seront toujours propriétaires de la vertu, mais d'une manière si délicate, que les seuls yeux divins le peuvent découvrir. La plupart des saints, dont la vie est si admirable, ont été conduits par cette voie. Ces âmes sont si chargées de marchandises, que leur marche est fort lente. Que faut-il donc faire ? Ces âmes ne sortiront-elles jamais de cette voie ? Non, sans un miracle et sans une conduite d'une direction toute divine, qui les porte à outre-passer toutes ces grâces. »

Le docteur. Vous devez être content, mon Père, de l'effort que vous venez de faire en faveur de vos âmes du parfait abandon et de l'union essentielle ; car les voilà au-dessus des

quer dans les éditions des Dialogues^ on passe à un autre chapitre des Torrents. La citation suivante, évidemment empruntée à V Ordonnance de l'évêque de Chartres (n» xlv), est composée de divers fragments du chapitre m de la partie I, n^s 4, 6, 9 et 10 (p. 146- 149), qui ont été rapprochés les uns des autres. Elle devient textuelle trois lignes plus bas, aux mots : « A ceux qui n'ont pas le {et non ce comme ici) discernement divin. »

a. Les mots ses saints ne se trouvent pas dans le texte des Torrents ni dans l'extrait xlv de V Ordonnance., et nous semblent une addition maladroite de l'éditeur des Dialogues.

h. C'est-à-dire, plus avancées que les âmes du troisième ordre.

DIALOGUE Vil. 669

martyrs et des confesseurs, des vierges, et de tous les saints que nous invoquons, qui sont nos intercesseurs auprès de Dieu, auxquels l'Eglise consacre des jours et des prières.

Le directeur. Je n'ai rien dit sur cela qui ne soit extrait fidèlement de notre livre des Torrents , et nous sommes tous d'un même sentiment. Aussi est-il admirable de lire dans nos mêmes Torrents les mystérieuses, sublimes et magnifiques paroles qu'ils emploient pour exprimer l'état de l'ame unie à Dieu dans cette vie, et pour donner l'idée de l'union essentielle, qui est la béatitude : « L'âme, après bien des morts redoublées, expire enfin dans les bras de l'amour; mais elle n'aperçoit point ces mêmes bras. Elle n'est pas })lus tôt expirée, qu'elle perd tout acte de vie, pour simple et délicat qu'il fût* : Ici toutes distinctions d'actions sont ôtées , n'ayant plus de vertu propre*, mais tout étant Dieu à cette âme^.

c( L'âme, continue ce sublime livre, l'âme ne se sent plus, ne se voit plus, ne se connoît plus; elle ne voit rien de Dieu, n'en comprend rien, n'en distingue rien; il n'y a plus d'amour, de lumière, ni de connoissance^. »

Le docteur. Voilà en vérité, mon Père, une âme fort illuminée.

Le DIRECTEUR. « L'âmc, dit tout de suite le même auteur*, a perdu toute volonté : ici l'âme n'en a plus de propre ; et si vous lui demandiez ce qu'elle veut, elle ne le pourroit dire : elle ne peut plus choisir ; tous ses désirs sont ôtés : parce qu'étant dans le centre et dans le tout, le cœur perd toute pensée^,

I. lÀvre des Torrents^ partie I, chapitre viii, n» 2, p. 219. a. Il y a dans notre édition des Torrents : « les actions n'ayant plus, etc. »

a. Livre des Torrents^ partie I, chapitre ix, n» 7, p. ^32 *.

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